L'histoire littéraire des femmes

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Quelle romancière découverte cette année 

 

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Ma résolution de l'année :  lire toutes celles que je ne connais pas en 2012

 

Elisez l'auteure de l'année 2011

Ce sondage a lieu jusqu'au 31 janvier 2012

 

 

 

Kristin Marja Balldursdottir -  Nina Berberova - Isabelle Condou - Anne Delaflotte Mehdevi - Laura Esquivel - Susan Fletcher -  Susan Fromberg Schaeffer - Sylvie Germain - Almunéda Grandes - Carla Guelfenbein  - Anne Holt - Claire Keegan(2) - Blandine Le Callet - Murielle Magellan(2) - Carole Martinez(2) - Daphné du Maurier - Alice Munro (2) -  Joyce Carol Oates -Yoko Ogawa - Kate O'Riordan  -  Anne Percin (3) - Claude Pujade Renaud - Merce Rodoreda  - Delphine de Vigan(3) - Herbjörg Wassmo(2) - Alissa York -   - 

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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 07:31
Par Anis - Publié dans : En chansons...
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 1 traits de plume
Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 14:46

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Ananda Devi  - Le sari vert – Folio Gallimard. Editions Gallimard, 2009.

Folio n° 5191

 

Ananda Devi est ethnologue et traductrice. Née à L’île Maurice, auteure prolifique, elle a publié des recueils de poèmes, des nouvelles et des romans, notamment « L Eve de ses décombres (2006) récompensée par de nombreux prix littéraires, dont celui des cinq continents et le prix RFO. Elle est considérée comme l’une des figures majeures de la littérature mauricienne.

 

Son site ici...

 

Il y a des monstres qui sous l’apparence la plus banale, causent souffrance et désordre autour d’eux. Ils ont remisé leurs trois têtes, six bras, leurs plaies et leurs bosses dans le placard des contes et de la mythologie, afin de ne pas vous effrayer et de s’approcher sans bruit.

Ils sont parfois souriants aux repas de famille, affables avec leurs amis, plein de délicatesse envers leur compagne. On trouve parmi eux quelques boute-en-train – les monstres…

«  Celui qu’on dit monstre est l’expression la plus achevée de l’espèce. Celui que l’on dit monstre est terrifiant de beauté parce qu’il décèle avec une finesse inhumaine les failles des autres et les élargit et les aggrave, et devient ainsi cet idéal de sombre masculinité dont les mythologies investissent également les dieux et les démons. Quelle merveilleuse sensation que de plier une créature à sa volonté !».

L’établissement des montres en leur demeure se fait parfois dans un consensus social presque total. On ne dit rien, au mieux un soupir, le plus souvent le silence, forment une couverture ouatée à travers laquelle on ne plus entendre les victimes.

Leurs victimes sont presque exclusivement des femmes, leurs épouses, leurs filles. Ils aiment livrer bataille à la mollesse, contempteur de la douceur qu’ils considèrent comme une faiblesse : ils insultent, violent, donnent des coups. Mais toujours, n’est-ce pas, ils le font par amour, pour redresser ce qui n’est pas droit, pour châtier la coupable ou même pour faire plaisir. Car les monstres disent souvent qu’elles aiment ça, qu’elles protestent oui, mais à peine, en fait ne serait-ce pas qu’elles en redemandent ?

 

Ici, je vous avertis, vous entendrez la voix d’un monstre, car c’est lui qui parle, qui raconte ce qui ne peut se dire. Ananda Devi a eu ce courage, ou cette folie, de vous la faire entendre…

Avec brio, elle vous en donne la tessiture, les accents, les intonations d’une voix à nulle autre pareille. Une voix qu’on ne peut entendre qu’une fois… qu’Annie a entendu avant moi et qu'elle m’a donné envie d'écouter.

 

 

 Résumé de l'éditeur : Dans une maison de Curepipe, sur l’île Maurice, un vieux médecin à l’agonie est veillé par sa fille et par sa petite-fille. Entre elles et lui se tisse un dialogue d’une violence extrême, où affleurent progressivement des éléments du passé, des souvenirs, des reproches, et surtout la figure mystérieuse de la mère de Kitty, l’épouse du « Dokter-Dieu », qui a disparu dans des circonstances terribles. Elles ne le laisseront pas partir en paix.

 

 

Femmes du mondel ogo 

 

coup de coeur

 

 

Par Anis - Publié dans : Condition féminine - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 11 traits de plume
Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 20:49

           

 

 

               Il y a peu de femmes auteures référencées (à part Yasmina Reza) dans le théâtre contemporain, c'est le constat fait par trois amies passionnées de littérature, Véronique Olmi (romancière et dramaturge), Michèle Fitoussi (journaliste, éditorialiste à ELLE et romancière), et Anne Rotenberg (directrice littéraire et artistique du Festival de la correspondance de Grignan). Elles ont donc donné naissance à un nouveau festival , le Festival Le Paris des Femmes dont Véronique Olmi est la directrice artistique.

            Le projet du festival  a été de constituer un laboratoire d'écriture au sein duquel neuf auteures devraient écrire une pièce de trente minutes sur le thème imposé "Guerres et paix". Trois metteurs en scène se sont greffés sur ce projet,  dont un homme et une scénographe (Mâkhi Xenakis), des acteurs bien sûr hommes et femmes.

Véronique Olmi précise : "Ce n'est pas un festival de revendication, ni un festival féministe.... Il est né pour restituer une place occultée aux femmes qui écrivent."

 

* Les neuf auteures du Paris des Femmes :

Le binôme Geneviève Brisac et Alice Butaud
Irina Dalle
Michèle Fitoussi
Carine Lacroix
Camille Laurens
Murielle Magellan
Amanda Sthers
Carole Thibaut

 

 

 

Le public pourra découvrir les pièces les 6, 7 et 8 janvier 2012 au Théâtre des Mathurins à Paris.

 

 J'ai donc eu envie de créer une nouvelle catégorie à ce blog : "Les femmes auteures de théâtre". Et je commencerai prochainement avec la pièce "Les pas perdus" de Denise Bonal .



Par Anis - Publié dans : Les femmes auteures de théâtre - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 3 traits de plume
Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 13:14

 

                                                                 

 

Le jeudi 26 janvier 2012,

 

 

rediffusion le Dim 29 à 08h50

  

 

 

 

l'animateur de la Grande Librairie

 

 

 sur France 5

 

 

rencontrera Joyce Carol Oates, Laura Kasischke

 

 

Les carnets de route de François Busnel 

 

François Busnel part sur les routes des Etats-Unis, marchant dans les pas des grands auteurs américains. Il part de l'Est du pays, dans le New Jersey, où il rencontre Joyce Carol Oates, célèbre romancière aux 120 ouvrages. A Détroit, il rencontre Elmore Leonard, le maître du polar. En parcourant le Michigan, il est accueilli par Laura Kasischke, puis Michael Collins, un écrivain d'origine irlandaise, ainsi que de Dan Chaon, auteur de nombreuses nouvelles. Le Middle West est le théâtre d'une rencontre improbable avec Richard Powers, un romancier spécialiste des bio-technologies, ce qui n'est pas si courant (comme quoi l'aventure est toujours au détour du chemin). Enfin, il pose ses valises dans le Minnesota, où écrit Louise Erdrich,  romancière amérindienne.

 

femmes de lettres

Par Anis - Publié dans : Actualités-expositions-littérature - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 8 traits de plume
Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 07:49

Une-maison-de-poupee.jpg

 

"Pourquoi Nora, jeune femme heureuse et amoureuse de son mari au début de la pièce, décide-t-elle à la fn de tout quitter abandonnant mari et enfants  ? La première scène est pourtant joyeuse : la veille de Noël, Nora, insouciante et gaie, prépare la fête. Auprès d’elle, son mari – elle vit avec lui, pour lui, par lui. Et peu importe qu’elle ait à lui cacher ce qu’elle fit jadis, pour lui sauver la vie. Et pourtant… il y a des lettres, un secret qui menace d’être révélé. Une illusion qui s’écroule. Nora comprend que pour son mari, elle n’a aucune autonomie, aucune reconnaissance. Sa renaissance ne peut passer que par le départ, que par l’abandon de sa situation." Présentation du Théâtre des Amandiers

 

 

Texte Henrik Ibsen

Texte français Jean-Louis Martinelli, Grégoire Œstermann et Amélie Wendling   

Mise en scène Jean-Louis Martinelli, Scénographie Gilles Taschet, Lumère Jean-Marc Skatchko

Son Jean-Damien Ratel, Costumes Karine Vintache, Coiffures, maquillage Françoise Chaumayrac

Assistante à la mise en scène Amélie Wendling

 

Avec

Bénédicte Cerutti, Marina Foïs, lain Fromager, Laurent Grévill, Grégoire Œstermann, Martine Vandeville

et 3 enfants

Je vais voir cette pièce dimanche prochain, j'ai hâte !

 

La maison de poupée d'Ibsen, l'homme qui aimait les femmes...

 

 

Dimanche 19h00 après la représentation:

 

Tous les comédiens sont excellents dans cette pièce. J'ai passé un très beau moment de théâtre. Marina Foïs est extraordinaire de grâce et de féminité, j'entends par fémininité, non pas les clichés habituels qui consistent à penser qu'une femme est féminine parce qu'elle a une robe moulante, des talons hauts et du rouge à lèvres, mais féminine en tant qu'elle se pose en tant que femme, en tant qu'elle se crée et qu'elle se vit de manière singulière. Marina Foïs rayonnait dans un rôle à sa démesure, presque sans pause dans une pièce qui dure à peu près deux heures. J'ai trouvé qu'elle incarnait à la perfection l'évolution de ce personnage, de l'étourneau, de la femme futile, qui marche en tourbillonnant, toujours au bord de la chute, personnage fragile et presque sans squelette - elle s'écroule plus qu'elle ne se jette dans les bras de son mari - à la feme tenace et dure qui veut prendre en main son destin. Il faut saluer la direction d'acteurs, la mise en scène dépouillée, la scénographie très originale, tant les personnages occupent de manière différente à chaque fois l'espace de la scène. Cette pièce voyage il me semble, donc si elle passe près de chez vous, n'hésitez pas !

 

 

Tournée

CDDB - Théâtre de Lorient le 27 et 28 javier 2012

Théâtre national de Nice du 1er au 4 février 2012

Zurich le 8 et 9 février 2012

Théâtre du gymnase à Marseille du 15 au 18 février 2012

 

 

 

 

 

Par Anis - Publié dans : Condition féminine - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 5 traits de plume
Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 20:36

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Voilà encore un très bon livre de Laura Kasischke, certains disent son meilleur. Aussi bon en tout cas que « A moi pour toujours, également très intéressant pour l’étude socio-psychologique de quelques personnages et milieux sociaux. L’intrigue est tout simplement passionnante et fort bien menée, les personnages tous très attachants, le propos intelligent. Je n’ai qu’un reproche à faire, il  concerne l’épilogue un peu long et qui n’apporte rien au reste du récit. » 

Par Dominique de  the never ending blog

 

Pour en arriver à ce qu’annonce le titre, cela prend un certain nombre de pages, mais cela en vaut la peine, croyez-moi... Après, on navigue avec délectation entre fantastique et explications rationnelles, et les pages défilent à toute vitesse. Un coup de cœur pour moi, amplifié par une belle écriture, une psychologie très fine et pas dénuée d’humour des différents protagonistes, c’est vraiment tout ce que j’aime !

 

 

C’est à la fois calme et macabre, envoûtant et horrifiant. La prose, poétique et sombre, s’attarde sur le quotidien…

 

Laura Kasischke. Les revenants.    par Pichenette du blog Panoramas

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« Pfiou... j'ai commencé "doucettement" ce roman jeudi soir et vendredi soir je l'ai repris et me suis vue tourner et tourner les pages, le livre a été dévoré en quelques heures à peine. Autant dire que voilà une superbe entrée dans l'univers de Laura Kasischke, que je ne connaissais pas encore... »

Par Anne du blog Des mots et des notes

 

 

Elle s’attaque ici à une incursion « pré apocalyptique », une variation du monde actuel qui pourrait se produire, et c’est vraiment très bien écrit, très réussi, un coup de cœur !

 la-couronne-verte.jpg

 

 

 

 La Couronne verte - Laura Kasischke     

 

J’ai vraiment adoré ce roman qui m’a captivée du début à la fin  et je vous le recommande chaudement.

 Les participations des bloggueurs à cette communauté sont une grande richesse !

 

 

Par Anis - Publié dans : Journal des blogs "Littérature au féminin" - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 6 traits de plume
Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 17:28

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Née en  1882, Sigrid Undset s’est consacrée très tôt à la littérature. Parallèlement à son travail de secrétaire, elle écrit. Auteure entre autres de Maternités, Jenny (qui fera scandale), de Vigdis la Farouche et de Kristin Lavransdatter, elle a reçu le prix Nobel de littérature en 1928. Elle est morte à Lillehammer en 1949.

 

Rose Wegner, l’héroïne de ce roman, attend l’amour pour être révélée à elle-même, un amour qui serait la fusion de deux êtres autant que deux destins et qui ferait d’elle la possession, la chose, de l’homme qu’elle aimerait. Que faire alors si cet amour ne vient pas ? Se résigner, et rester seule, sans famille et sans soutien dans l’existence ? Ou se contenter d’une amitié amoureuse et de la construction d’un foyer ?

Dans ce roman, Sigrid Undset plante le cadre d’une modernité héritée de la révolution des transports et plus largement de la révolution industrielle-dans de grandes villes mornes et tristes- et d’une certaine révolution des mœurs, car le divorce est autorisé en Norvège, pays protestant. Une nouvelle figure féminine émerge, qui travaille pour assurer sa subsistance et celle de sa famille même si, une fois mariée, elle réintègre le plus souvent le foyer.

 

Printemps est un roman ou curieusement la narration est plutôt du côté masculin même si le narrateur est extérieur à l’histoire et qu’il pénètre de manière égale les pensées des personnages. Les pensées et les actions de Rose ne prennent du relief qu’en fonction des pensées de Torkild, personnage masculin. Car ici , la femme ne prend toute sa mesure que dans son rapport au foyer et à la maternité. Elle n’existe pas réellement en dehors de sa « vocation naturelle » qui est d’enfanter et d’assurer la stabilité du foyer. Toute femme qui s’écarte de ce chemin sombre dans la déchéance (le personnage de la mère et de la sœur), tout comme celle qui n’obéit pas à ses devoirs d’épouse et de mère même si l’homme, infidèle, abandonne lui, le foyer (le père de Torkild).

 

J’ai apprécié ce roman bien construit, où les sujets de réflexion ne manquent pas, car Sigrid Undset, catholique et conservatrice, est aussi une fine analyste des sentiments humains. On y apprend aussi comment hommes et femmes vivaient à l’époque. J’ai trouvé en outre un écho au mouvement naturaliste en littérature, l’hérédité y est évoquée, les tares familiales ainsi que la vigueur, la santé du corps qui s’étiole dans ces emplois de bureau, loin de la vie au grand air.

 

 

Sigrid Undset, on l’a bien compris, n’est pas féministe, elle pense que la femme ne s’épanouit pleinement que dans la maternité et elle ne fut pas très appréciée des féministes de son temps qui prônaient l’affranchissement de la tutelle de l’homme et du foyer, entraves à l’épanouissement de la femme en tant qu’individu. Sur le tard cependant, elle reconnut les bénéfices de ces mouvements sur la condition des femmes.

 

Il faut savoir qu’en 1840, les femmes célibataires sont mineures toute leur vie et peuvent si elles le souhaitent se placer sous l’autorité d’un tuteur ; les femmes mariées quant à elles passent de l’autorité de leur père à celle de leur mari. Puis, plus tard, la majorité sera abaissée à la vingt-cinquième année. Les femmes peuvent cependant travailler dans certains secteurs.

Au fil des ans, de nouvelles lois favorables aux femmes feront leur apparition. Les femmes divorcées ou veuves seront majeures sans condition d’âge. Les conditions socio-économiques du pays joueront fortement sur les problématiques féminines : l’exil, la pauvreté du pays, la baisse de la natalité.

 Dans le roman , l’héroïne est secrétaire, une autre est journaliste. La littérature féminine avant Sigrid Undset, reflète les préoccupations et les valeurs de l’époque, comme ce fut le cas pendant l’époque victorienne en Angleterre, les intrigues se nouent essentiellement autour de la chasse au mari. (Les femmes écrivains de l’époque sont :Hanna Winsnes, Marie Wexelsen, et Anne Magdalene Thoresen).

Avec le mouvement féministe, de nouvelles préoccupations se font jour dans des romans et sous la plume d’auteures qui contestent la norme : Camilla Collet dont le roman « Les filles du Préfet » (1854) fera l’effet d’un coup de tonnerre. Il raconte l’initiation sentimentale de deux jeunes gens, ce qui a l’époque est regardé alors comme une faiblesse uniquement féminine.

D’autres écrivains suivront, emportées par la seconde vague du féminisme, Eldrid Lunden, Liv Køltzow, Cecilie Løveid et Tove Nielsen . Mais je n’ai trouvé aucun renseignement sur ces femmes sur internet et aucun de leurs ouvrages traduits en français. C’est bien dommage..

 

 

 

Article passionnant sur l'histoire des femmes de lettres norvégiennes

 

      challenge des quatre saisons               voisins voisines 2012

Par Anis - Publié dans : Les femmes prix Nobel de littérature - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 7 traits de plume
Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 22:19

 Arlington-park.jpg

  Rachel Cusk s’est imposée sur la scène littéraire internationale avec

ce premier roman traduit en Français, « Arlington Park » comme la digne

héritière de Virginia Woolf, ce qu’ elle assume pleinement, reconnaissant qu’elle

 est une de ses auteurs fétiches .

Les personnages de son livre sont des personnages essentiellement féminins et

blancs de la classe moyenne anglaise. Certaines de ces femmes travaillent mais c’

est à elles que revient l’essentiel des tâches domestiques. Les maris

sont beaucoup plus impliqués dans la vie professionnelle, rentrent plus tard le soir.

Même si ces femmes ont fait des études -parfois brillantes- le mariage, et la

maternité entraînent pour elles une sorte de subtil déclassement. Leur métier

leur laisse du temps pour l’éducation des enfants mais en contrepartie il

ne peut les valoriser socialement. On assiste à une dépossession de soi  chez

ces femmes qui ne sont pas tout à fait des femmes au foyer, mais qui étouffent

dans  un quotidien étriqué et morne parce qu’il n’est transcendé par aucune

passion, aucun but et aucun dépassement de soi. Et c’est d’autant plus douloureux

pour elles qu’elles ont eu  l’habitude ou le temps, la possibilité de rêver et d’aspirer

 à une autre vie  pendant leurs études. La maternité est un amour mais aussi un

terrible enfermement, les femmes enceintes semblent « pleine d’air », alors que les

 hommes paraissent « se durcir en une masculinité mince et verticale. »

 

Dans leur univers intérieur, des mouvements, des sensations les traversent qui

sont de l’ordre de la conscience. Les actions des personnages se déroulent sur

une seule journée, ce qui conduit l’auteure à une sorte d’hyperréalisme, un souci

extrême  du détail et aussi des mouvements intérieurs des personnages. C’est aussi

pour cette raison qu’on la compare à Virginia Woolf.

Elle avoue avoir emprunté la construction du récit à Mrs Dalloway, dans une inter-

view  accordée à un journaliste d’Evène :

“Je voulais être capable d’utiliser cette structure, qui requiert une bonne dose de connaissance

émotionnelle des femmes, tout en laissant aux personnages leur subjectivité. C’est dans cette

relation aux personnages que je voulais me placer.”

Toutefois, nulle empathie pour ces femmes, sinon parfois de l’agacement car on se

 dit  qu’elles l’ont bien cherché ou qu’ici, dans ce monde occidental,  elles auraient

 pu faire  autrement.

Grossière erreur, répondrait certainement Rachel Cusk, qui s’étonne de la quasi in-

différence à l’égard du féminisme, qui selon elle est le seul combat qui vaille, les

destinées individuelles  étant vaines si elles ne sont pas relayées par un combat

collectif.

« En fait […], chacun avait ses peurs, non ? C’était ça qui rendait les gens si intéres-

sants. Tout le monde avait des choses particulières qui les touchaient, qui les

faisaient voir rouge. »

 

J’ai trouvé ce livre véritablement passionnant, l’écriture parfois très belle, le style

 personnel  et fluide. Et l’auteure analyse bien le post-féminisme, la période de régres-

sion sociale pour  beaucoup de jeunes femmes lorsqu’elles se mettent en couple et de-

viennent mères.

 

“ Elle se demanda si les livres qu’elle aimait la consolaient précisément parce qu’ils

étaient les manifestations de son propre isolement. Ils étaient pareils à de petites

lumières sur une étendue déserte, une lande : de loin ils semblaient serrés les uns

contre les autres, innombrables, mais de près on voyait que des kilomètres et des

 kilomètres d’obscurité les séparaient. »

 

  voisins-voisines-2012.jpg

Par Anis - Publié dans : Condition féminine - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 17 traits de plume
Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 08:58

 

Hirondelle qui vient de la nue orageuse
Hirondelle fidèle, où vas-tu ? dis-le-moi.
Quelle brise t’emporte, errante voyageuse ?
Écoute, je voudrais m’en aller avec toi,

Bien loin, bien loin d’ici, vers d’immenses rivages,
Vers de grands rochers nus, des grèves, des déserts,
Dans l’inconnu muet, ou bien vers d’autres âges,
Vers les astres errants qui roulent dans les airs.

Ah ! laisse-moi pleurer, pleurer, quand de tes ailes
Tu rases l’herbe verte et qu’aux profonds concerts
Des forêts et des vents tu réponds des tourelles,
Avec ta rauque voix, mon doux oiseau des mers.

Hirondelle aux yeux noirs, hirondelle, je t’aime !
Je ne sais quel écho par toi m’est apporté
Des rivages lointains ; pour vivre, loi suprême,
Il me faut, comme à toi, l’air et la liberté.

Louise Michel

 

Louise Michel, née le 29 maii1830 à Vroncourt-la-Côte (Haute-marne) et morte le 9 janvier 1905 à Marseille alias « Enjolras », est une militante anarchiste et l’une des figures majeures de la Commune de Paris Première à arborer le drapeau noir, elle popularise celui-ci au sein du mouvement anarchiste.

Préoccupée très tôt par l'éducation, elle enseigne quelques années avant de se rendre à Paris en 1856. Là, à 26 ans, elle développe une activité littéraire, pédagogique, politique et activiste importante et se lie avec plusieurs personnalités révolutionnaires blanquistes du Paris des années 1860. En 1871, elle participe activement aux événements de la Commune de Paris, autant en première ligne qu'en soutien. Capturée en mai, elle est déportée en Nouvelle-Calédonie où elle s'éveille à la pensée anarchiste. Elle revient en France en 1880, et, très populaire, elle multiplie les manifestations et réunions en faveur des prolétaires. Elle reste surveillée par la police et est emprisonnée à plusieurs reprises, mais poursuit inlassablement un activisme politique important dans toute la France jusqu'à sa mort à l'âge de 74 ans. (source Wikipédia)

Par Anis - Publié dans : Les femmes et la poésie - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 5 traits de plume
Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 13:15

femme4

 

 

Quelle romancière découverte cette année 

 

  aimeriez-vous  faire découvrir à votre tour ?

 

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Ma résolution de l'année :  lire toutes celles que je ne connais pas en 2012

 

Elisez l'auteure de l'année 2011

Ce sondage a lieu jusqu'au 31 janvier 2012

 

 

 

Jane Austen - Kristin Marja Balldursdottir -  Nina Berberova - Isabelle Condou - Anne Delaflotte Mehdevi - Ananda Devi - Laura Esquivel - Susan Fletcher -  Susan Fromberg Schaeffer - Sylvie Germain - Almunéda Grandes - Carla Guelfenbein  - Anne Holt - Claire Keegan(3) - Blandine Le Callet - Marceline Loridans-Ivens -  Murielle Magellan(2) - Carole Martinez(2) - Daphné du Maurier - Alice Munro (2) -  Joyce Carol Oates -Yoko Ogawa - Kate O'Riordan  -  Anne Percin (3) - Claude Pujade Renaud - Merce Rodoreda  - Delphine de Vigan(3) - Herbjörg Wassmo(2) - Alissa York -   -

Par Anis - Publié dans : Auto blog - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 26 traits de plume
Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 00:00
Bonne-annee-2012-Litterama-copie.jpg 
 

 

Par Anis - Publié dans : Auto blog - Communauté : LECTURES PARTAGEES
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 21 traits de plume
Samedi 31 décembre 2011 6 31 /12 /Déc /2011 10:35
Par Anis - Publié dans : Auto blog
Le livre d'or : les 0 traits de plume
Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 22:00

premier-ete.jpg

Anne Percin – Le premier été, La brune Au Rouergue, 2011

 

Leurs grands –parents décédés, deux sœurs décident de vendre la maison où elles ont passé les étés de leur enfance et leur adolescence. Elles y reviennent une dernière fois  pour la vider.

Pour la benjamine, un secret douloureux est attaché à ce lieu et à la période de son adolescence. Elle s’adresse à sa sœur aînée dans un long monologue où elle évoque ce premier été et les événements qu’elle a dû taire et qui l’ont marquée à tout jamais.

 

La force du roman D’Anne Percin est de dévoiler les informations peu à peu, de planter longuement le décor, dans un rythme crescendo. Les descriptions sont minutieuses et soignées et la langueur de ces journées d’été vous saisit peu à peu jusqu’à vous engourdir. Elle sait ménager l’attente du lecteur, et distiller une certaine angoisse, la menace plane sur cette campagne vosgienne. On sait qu’un drame va survenir mais on ne sait pas lequel ; on s’attend au pire… Et le pire, bien sûr, est à venir. On se perd en conjectures….

            Alors tout simplement on ne s’y attend pas…

 

            C’est un mélange de beauté et de fureur que raconte ce livre sous ses airs innocents de bluette sentimentale… Et comme toute œuvre, elle vous emporte au sommet ou au dedans de vous-même, c’est selon l’altitude où vous vous trouvez.

 

            A lire absolument…

 

           

 

Un grand merci à Anne (Des mots et des notes) qui m'a fait connaître ce livre...

 

challengeQuatreSaisons.jpg

Par Anis - Publié dans : Les relations amoureuses - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 5 traits de plume
Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 12:32

Rosa Montero     Le territoire des barbares   traduit de l’espagnol par André Gabastou Editions Métailié 2002 Version originale 2OO1

 

           L’enfance est le lieu où tu passes le restant de tes jours.  Tu as beau faire, les souvenirs t’enchaînent, et tes blessures s’ouvrent inlassablement dans une infernale répétition.  De victime tu deviens bourreau : «  Les enfants des ivrognes deviennent alcooliques, les enfants de déments deviennent fous, les enfants battus battent à leur tour leurs enfants ».  Ne te fais surtout pas d’illusion, la liberté, c’est pour les riches et les bien-portants… Tout est écrit d’avance dans un déterminisme absolu et fou. Ou peut-être que c’est exactement le contraire, tu n’as pas de rôle à jouer, ta liberté est posée devant toi et tu as toujours le choix entre une gifle et une caresse. Deviens ce que tu es, disait Nietzsche. Les enfants maltraités subissent souvent une double peine : celle qu'ils ont subie et celle du soupçon, d'une violence inouïe, qui les condamne à répéter l'injustice dont ils ont été la victime. "Tout se joue avant six ans" clame les tenants d'une certaine psychologie construite à coup de statistiques. Borys Cyrulnik, après Werner et Smith, deux psychologues scolaires américaines, qui ont observé le phénomène, et John Bowlby, a défini la résilience comme "un phénomène psychologique qui consiste, pour un individu affecté par un traumatisme, à prendre acte de l'événement traumatique pour ne plus vivre dans la dépression. La résilience serait rendue possible grâce à la structuration précoce de la personnalité, par des expériences constructives de l'enfance (avant la confrontation avec des faits potentiellement traumatisants) et parfois par la réflexion, ou la parole, plus rarement par l'encadrement médical d'une thérapie, d'une analyse". Source Wikipédia

           Elle permet de s'échapper du territoire des barbares. Ce territoire clos sur lui-même où se déploie la violence la plus absolue, ù règnent la drogue, la prostitution et le meurtre.

Zarza vit une vie bien rangée, semble-t-il, entre les livres qu’elle publie pour une maison d’édition et son frère handicapé à qui elle rend visite régulièrement. Mais surgi d’un passé trouble et  douloureux, son frère jumeau, tout juste sorti de prison, menace de la retrouver et de se venger. Mais de quoi ? Et pourquoi ?

Ce livre est une sorte de thriller psychologique que j’ai lu d’une traite mais que j’oublierai, je pense, aussi vite. Il y a cependant une mise en abyme intéressante avec l’histoire du Chevalier à la rose de Chrétien de Troyes et un parallèle intéressant avec l’histoire des jumeaux.

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Par Anis - Publié dans : Femmes du monde - parcours - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 4 traits de plume
Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 10:52

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Nathalie Sarraute – Les fruits d’or  Editions Gallimard, 1963. Collection Folio n°390

On assiste à l’encensement par la critique d’un livre « Les fruits d’or », puis à son oubli progressif, voire au mépris qu’il suscite.

Dans ce livre la narration traditionnelle n’a plus cours, le nouveau roman rompt avec la psychologie des personnages, avec le fil du narrateur qui introduisait une certaine continuité dans le récit. Le narrateur omniscient qui connaissait toutes les pensées des personnages, ainsi que tout ce qui pouvait advenir a disparu du nouveau roman. C’est au lecteur de construire le sens à partir des éléments qui lui sont donnés. Il s’agit de capter la sous-conversation qui court sous le récit, les événements ténus qui pour être indicibles n’en ont pas moins une force que le roman classique négligeait totalement. « C’est de cette parole silencieuse – le prédialogue- captée à l’état naissant, toujours précaire et menacée, arrachée de force au silence, à la nuit, au non mesurable temps de nos grands fonds intérieurs, que l’auteur fera la matière première de leur œuvre. »1

Ce qu’il advient par la critique d’un roman, est le résultat d’un jeu subtil de forces.  La littérature apparaît ainsi comme « un lieu sacré, fermé, où seul un humble apprentissage, l’étude patiente des maîtres peut donner le droit à quelques rares élus de pénétrer ».  Ce sont des rapports invisibles de pouvoir et de domination qui se jouent ici. La culture est la chasse gardée d’une certaine élite qui seule décide qui pourra rejoindre son club très sélect et très fermé. Plus la lecture en est difficile, plus l’œuvre  gagne en authenticité. Les arguments d’autorité sont les seuls qui vaillent.  On ne vous demande pas ce que vous sentez ou ce que réellement vous en pensez : il faut aimer car c’est aimable. Ainsi en ont décidé ceux qui savent et qui détiennent la vérité. Cette critique n’émet pas une opinion qui pourrait par son statut même être contredite par une autre opinion. La vérité s’impose à tous et ne peut être contestée que par quelques fous qui aiment se vautrer dans le stupre et l’erreur. La vérité n’est pas démocratique car elle n’est pas donnée d’emblée à tous.

C’est tellement rassurant… Il suffit de suivre le chemin tracé, se couler dans le moule, se laisser guider. Pour accéder à ces œuvres, « il fallait se plier à une étiquette sévère, s’incliner très bas, jusqu’à terre, mais qu’à cela ne tienne, ils se sont prosternés… ».

C’est rare dit Nathalie Sarraute, de trouver quelqu’un qui ose avoir son propre goût, qui renonce au confort que donne l’appartenance à un groupe dominant pour rejoindre la contestation, la rébellion et encourir l’opprobre. 

« Voyez-vous, cela n’arrive presque  jamais de trouver quelqu’un qui ose avoir son propre goût et le dire comme vous…quelqu’un qui aborde une œuvre en toute pureté, sans idée préconçue…je crois que personne ici…Vous les avez entendus…ne s’intéresse à l’œuvre elle-même…A quoi bon, avec eux, discuter…Pas un mot n’est sincère… ».

Cela prouve peut-être qu’il n’y a pas de valeur absolue dans l’art.  Le goût esthétique possède les critères de son temps, de la société dans laquelle il s’applique. Il ne peut déterminer un Beau absolu, si tant est qu’une œuvre veuille être belle.

  « Les goûts changent. Il y a à certains moments certains besoins. Et après on veut autre chose. Comment voulez-vous empêcher les gens de suivre la mode, ici comme en tout ? Qui se trompe ? Qu’en restera-t-il ? »

Que penser de ce livre ? L’œuvre de Nathalie Sarraute dépasse largement les cadres du Nouveau Roman même si elle en a éprouvé les techniques et fixé les règles dans « Tropismes », son œuvre majeure.

Prend-on plaisir à lire ce livre ? Oui, sans conteste, on se laisse happer par cette histoire sans histoire. On éprouve surtout un plaisir intellectuel car c’est l’argumentation qui séduit, sa virtuosité. Les enchaînements chronologiques sont en fait des enchaînements logiques. Il ne faut pas chercher l’émotion car la rupture est telle que le lecteur ne peut se laisser guider par ses émotions. Le nouveau roman a fait feu de tout bois et n’a pas trouvé la postérité. Pourtant l’œuvre de Nathalie Sarraute mérite largement d’être redécouverte.

De ce mouvement, on dira peut-être comme ce personnage :

« Vous avez l’air de ne pas l’aimer… Moi, je l’ai toujours soutenu. J’ai peut-être eu tort. Bien sûr, ce n’est pas parfait,  on peut y trouver des faiblesses, mais je crois, pour ma part, que c’est un livre de valeur. Eh bien, vous-même, peut-être, dans quelques années, vous reviendrez là-dessus, vous vous direz que vous vous étiez montré trop intransigeant. »

1 – Jacques Lassalle –Nathalie Sarraute ou l’obscur commencement

Hanna Arendt critique de Nathalie Sarraute

Par Anis - Publié dans : femmes de lettres françaises du XXe siècle - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 5 traits de plume

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