L'histoire littéraire des femmes


Juin 2012 

Le printemps arabe de la littérature

Hommage à Andrée Chedid/   Nawal El Saadawi 

Lectures autour de romancières tunisiennes, égyptiennes et syriennes

 

Histoires-minuscules-des-revolutions-arabes.jpg

Juillet 2012 

 

Autour d'Hypathie d'Alexandrie (Film Agora)

Les femmes philosophes - l'Antiquité

Hypathie d'Alexandrie  par Maria Dzielska Editions Des Femmes

Histoire des femmes philosophes de Gilles Ménage, éditions Arléa

+

Vacances en Angleterre - Romancières britanniques


 

Août 2012 

 

Amour et désamour

Le premier amour - Veronique Olmi

Des corps en silence - Valentine Goby LC pour le 04 août avec  Philisine Cave  et Malika, Fransoaz, Miss Leo

L'invitation à la vie conjugale - Angela Huth

Amour dans une vallée enchantée - Wang Anyi

+

Une auteure à redécouvrir - Hélène Bessette

Vous pouvez vous inscrire, si vous le souhaitez, sur des lectures communes...   

 

escritoras.com   literatura escrita por mujeres - un site en espagnol sur la littérature écrite par des femmes essentiellement hispanophones.


Le Réseau européen « New approaches to European Women's Writing (NEWW)  est organisé autour d'une base de données consacrée à la réception internationale des écrivaines avant 1900. Il réunit des chercheurs et chercheuses préparant un renouvellement de l'historiographie littéraire à partir d'une perspective transnationale et de genre, qui met l'accent sur la circulation des écrits féminins dans l'espace européen (Womenwriters). Des universitaires de tous les pays contribuent à ces recherches.


Ces recherches visent à montrer qu'au cours des trois derniers siècles,  des femmes ont participé à la circulation des idées par un travail d'écriture. "Leurs activités littéraires ont pu produire des perspectives inédites déplaçant les rôles masculins et féminins, ou au contraire confirmer des normes de genre existantes. "

 

Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 00:00

Israël

Palestine

Un manuel a été publié à la fois pour les écoliers palestiniens et israeliens

« Histoire de l’autre »

de Sami Adwan et Dan Bar-On, paru chez Liana Levi.

 

Mot de l’éditeur :

« Deux peuples, deux récits.

En temps de guerre, les nations racontent l’histoire d’un seul point de vue – le leur- le seul considéré comme « juste ». les héros des uns sont les monstres des autres. L’histoire, les droits et la culture de l’ennemi sont niés. Le conflit israélo-palestinien ne déroge pas à la règle.

Ainsi la guerre de 1948 est appelée « la guerre d’indépendance » par les israéliens et « la catastrophe » par les palestiniens.

Six professeurs d’histoire palestiniens et six professeurs d’histoire israéliens ont décidé d’écrire un livre qui réunisse l’histoire côté Palestiniens et côté Israéliens autour de trois dates clés – la déclaration de Balfour de 1917, la guerre de 1948, et la première Intifada de 1987.

Utilisé depuis 2002 dans de nombreux lycées d’Israël et de Palestine, puis de France. »

Le magazine littéraire dans un numéro spécial en mars 2008, consacre un dossier « Israël-Palestine, Métaphysique d’un conflit donne quelques dates clefs ;

1947-1949Création de l’Etat d’Israël

Instauration d’un havre après 200 ans de persécutions et de génocide.

1947-1949La Nakba, la Catastrophe. Déracinement et exil. Expropriation de la terre. Les réfugiés sont parqués au Liban, en Jordanie et en Syrie.

Guerre entre Israël et cinq pays arabes (Liban, Syrie, Jordanie, Egypte, Irak)

Quatre mères de Shifra Horn

Ce roman nous conte la vie et les amours de quatre générations de femmes de la Palestine Ottomane à l’Israël d’aujourd’hui. Cette grande fresque révèle, avec en toile de fond les événements historiques qui ont jalonné cette période, l’autre visage, méconnu de Jerusalem.



Quatre mères

 

 

Les matins de Jénine

La Promise d’Assouande Rula Jebreal

Editeur : AltalParution : 5 Septembre 2007

Dans les années 1920, Salua, une jeune chrétienne copte, vit l'exil d'Egypte à Jérusalem puis à Haïfa, où elle épouse un musulman. Le bonheur semble trouvé jusqu'en 1948, quand éclatent les conflits entre communautés juives et arabes et que sa famille est dispersée. En 1970, Salua, en procès pour récupérer sa maison de Haïfa, retrouve son fils en la personne d'un jeune avocat juif adopté par des Français.

L’auteure, Rula Jebreal, est une journaliste et écrivaine, née en Palestine.
En 1993, elle s’expatrie en Italie, où on lui confie la rédaction de sujets sur la condition féminine.
 

Susan Abulhawa – Les matins de Jenine

Comme son père, et comme le père de son père, Hassan vit de la culture des olives dans le petit village palestinien d'Ein Hod. Mais en 1948, lors du conflit qui suit la création de l'Etat d'Israël, Ein Hod est détruit et ses habitants conduits vers un camp de réfugiés. Pour Hassan, cet exil s'accompagne de la douleur de voir l'ancestral cycle familial brisé à jamais. Son jeune fils Ismaïl a été enlevé par des Israéliens qui lui cacheront ses origines. L'aîné, Youssef, grandira dans la haine des juifs, prêt à toutes les extrémités. Quant à Amal, sa fille, elle tentera sa chance aux Etats-Unis, inconsolable cependant d'avoir fui les siens. La guerre les a séparés. Elle seule pourra les réunir...

.

5-10 juin 1967

Guerre des six jours

Egypte, Syrie et Jordanie attaquent Israël qui réplique et envahit le Sinaï, la Cisjordanie, Gaza, le plateau du Golan en l’espace de six jours

 

La conquête de territoires assure un accès aux lieux saints comme le Mur des Lamentations à Jérusalem

Contre l’occupation, l’OLP (Organisation de libération de la Palestine » prône la lutte armée.

2 365 soldats israéliens meurent. La colonisation se poursuit et l’idée dun Grand Israël apparaît comme un moyen de protéger les frontières.

6-24 octobre 1973

Guerre du Kippour

Attaques des armées syriennes et égyptiennes.

Après le traité de paix avec l’Egypte, Israël restitue le Sinaï en 1982

L’occupation devient insupportable et le terrorisme est légitimé comme moyen de résister.

Nécessité d’un dialogue qui aboutit aux accords d’Oslo. Le 13 septembre 1993 est signée à Washington, la Déclaration de principe, qui prévoit l’autonomie de l’autorité palestinienne.

9 décembre 1987

Première Intifada

Invasion du Sud-Liban en 1982 . transfert de l’OLP à Tunis en 1987 et le massacre des réfugiés palestiniens à Sabra et Chatila par des milices alliées à Israël. La population des territoires se soulève contre l’Occupation. La guerre des pierres conduit aux négociations d’Oslo.

Révolte d’un peuple contre l’occupation militaire, la grande Intifada (secousse) est la conséquence du désespoir du peuple palestinien.

Cela conduit les Nations Unies à reconnaître l’OLP.


1996 – élection du premier ministre

Alona Kimhi – Suzanne la pleureuse

« Suzanne Rabin pleurniche, larmoie, sanglote le plus clair de son temps, sans raison apparente. « Emotionnellement instable depuis la mort de son père, survenue lorsqu’elle était adolescente, elle a trente-trois ans, mais n’arrive toujours pas à quitter sa mère et leur petite vie dans la banlieue de Tel Aviv .

Le Troisième jour par Chochana Boukhobza

« Rachel, d'origine tunisienne, Elisheva la Polonaise, mais aussi Carlos, le juif marrane, Eytan, né en Israël, Katia, rescapée russe, ou encore Ahmed le Palestinien... c'est toute la richesse et la complexité du peuple israélien, sur fond d'Intifada, que Chochana Boukhobza, française née à Sfax (Tunisie) en 1959, nous dépeint abordant ou effleurant l'emprise du religieux, la folie des mères de militaires morts au combat, là les dissensions entre les générations, la peur des attentats, mais aussi l'appétit de vivre de tout un peuple. « »d’après l’Express

Suzanne la pleureuse

 

 

 

 

 

 

Le troisième jour

Pour les Israéliens, cette visite n’est qu’un prétexte, l’insurrection était préparée à l’avance.

28 décembre 2000

Seconde Intifada

A la suite de la visite d’ariel Sharon, le chef du Likoud (la droite israélienne) sur l’esplanade des Mosquées.

Cette visite est considérée comme une provocation sur un lien sacré pour les musulmans. C’est aussi une réponse à l’obstination d’Israël à ne pas remettre en cause la colonisation.

Ode à la joie de Shifra Horn (Fayard)

Par une morose journée de janvier 2002, la jeune et belle anthropologue yaël maguid, au volant de sa voiture, se dirige vers l'université de jérusalem. elle s'arrête à un feu rouge, la radio diffuse l'ode à la joie, et par la vitre arrière du bus arrêté devant elle, une fillette de trois ans environ s'amuse à lui faire des signes de la main. yaël a le temps de jouer avec l'enfant quelques instants lorsque l'autobus explose. Obsédée par cette petite fille dont elle ne retrouve pas la trace parmi les victimes, elle part à sa recherche tout en essayant de se reconstruire. quête qui l'oblige à remettre en question son passé, ses rapports avec ses parents, son mari, son jeune fils, ses amies et ses professeurs. Coupe en profondeur de l'Israël de la seconde intifada. l'influence du conflit qui perdure, de la sensation de menace permanente sur la société et sur l'individu

 

Ode à la joie

 

 

Un printemps très chaud

Un printemps très chaud de Sahar Khalifa

Le camp palestinien de `Ayn el-Morjân et la colonie israélienne de Kiryat Sheiba sont séparés par une clôture métallique. De part et d'autre, deux enfants s'apprivoisent. Mais la clôture devient un mur entre deux communautés qui se haïssent ou, au mieux, s'ignorent. Ou pactisent. Tout est vu à travers le regard d'Ahmad, le jeune Palestinien, en proie aux problèmes de son âge, à sa timidité, à un amour naissant, aux conflits de générations, à la rivalité qui l'oppose tendrement à son grand frère Majid. Son univers bascule quand il s'introduit derrière la clôture : emprisonné, il passe de l'enfance à l'adolescence. Des illusions à une réalité d'autant plus dure et amère que, entre-temps, la seconde Intifada a éclaté, et que Majid, accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commis, doit entrer dans la clandestinité, début d'un calvaire qui l'entraînera notamment jusque dans le quartier général assiégé de Yasser Arafat.

La prise de pouvoir par le Hamas inquiète. Tirs de roquettee sur le Sud, la bande de Gaza devient « entité » hostile ». En riposte aux attentats, la barrière de sécurité doit protéger la population civile israélienne des attentats et délimiter des frontières.

Septembre-novembre  2008

Le Hamas prend le pouvoir à Gaza

Scission politique entre les territoires. Poursuite de la colonisation en Cisjordanie. Fin de la construction du mur de sécurité par Israël

Le blocus israélien crée la misère. Les Palestiniens subissent une nouvelle humiliation : « Le mur de la honte ».

Opération Plomb durci : bombarde les installations du Hamas.

Envoi de troupes dans la bande de Gaza que l’armée quitte le 21 janvier 2009

2008-2009

Fin de la trêve partielle qui a duré cinq mois

 

Les tirs de roquettes vers Israël reprennent en représailles.

Par Anis - Publié dans : Femmes du Moyen-Orient - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 3 traits de plume
Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 10:09

 

 

Adeline Virginia Stephen est née le 25 janvier au Hyde Park Gate à Londres, troisième enfant de Julia et de Leslie Stephen après Vanessa née en 1879, Thoby né en 1880, et avant Adrian né en 1883. Sa mère avait deux fils d’un premier mariage, Gerald et George Duckworth, et son père une fille, Laura.

 

L’intérêt de la biographie d’Alexandra Masson est de relier de manière étroite la vie de Virginia Woolf à ses œuvres. En effet, son œuvre est largement autobiographique même si l’auteur prend garde à brouiller les pistes dans ses romans. Alexandra Masson montre comment le thème de l’enfance revient comme un paradis perdu. Des lieux deviennent mythiques comme St Ives, petit village où la famille Stephen se rendait chaque été jusqu’à la mort de la mère.

« La promenade au phare », « Les vagues », ou « La chambre de Jacob » reprennent des images ou des souvenirs de cet endroit.

Mais les membres de sa famille tiennent également une place importante. Son frère aîné, Thoby, est un personnage central dans son œuvre et inspire celui de « La chambre de Jacob », comme celui de « La promenade au phare ».

Des thèmes reviendront très souvent également, comme celui de l’eau, par qui tout commence et tout finit. Dans « Les vagues », on entend le bruit de la mer, « La promenade au phare » indique assez bien sa présence.

Sa mère, très tôt disparue à l’âge de 49 ans, lui manquera cruellement – d’ailleurs les troubles nerveux de Virginia Woolf commenceront peu après. Elle représentait le modèle de la femme victorienne, dévouée à son mari et à ses enfants, victime de la société patriarcale incarnée par son mari. En réaction peut-être à ce modèle, Virginia et sa sœur, chercheront à réaliser leurs aspirations personnelles, l’une par la peinture, l’autre par l’écriture. Sa sœur Vanessa, avec laquelle elle entretiendra toute sa vie des liens fusionnels empreints de rivalité, et à laquelle elle se comparera toujours, apparaît également dans son œuvre.

Se réaliser passe d’abord par avoir « une pièce à soi » et donc jouir d’une certaine indépendance financière. Ses premiers revenus lui viendront du journalisme. Non seulement l’écriture est une thérapie mais elle lui permet de gagner de l’argent.

Virginia Woolf a commencé comme critique littéraire dans « The Guardian » puis écrit un premier roman, « La traversée des apparences » auquel elle consacrera huit années de sa vie. Elle écrira ce livre dans la souffrance , « écrire est un enfer » dira-t-elle dans son journal. D’ailleurs  presque chaque livre sera suivi de périodes de dépression. Elle passe par des états qui alternent la plus grande exaltation avec le plus profond désespoir. Elle considèrera  chaque livre comme une thérapie.

Virginia Woolf est en fait méconnue ou mal connue. Il est assez significatif d’ailleurs qu’un film ait associé son nom à la folie et à la peur : « Qui a peur de Virginia Woolf ? ».

On a peu souligné le courage de cette femme qui se battit contre la maladie mentale sans l’aide de la médecine, à l’époque assez démunie dans le traitement des maladies mentales. Les œuvres de Freud ne sont pas encore assez connues et même si la Hogarth Press, maison d’édition fondée par Virginia Woolf et son mari, Léonard Woolf, publiera les œuvres du maître de la psychanalyse, Virginia refusera toujours d’entamer une thérapie, consciente que c’est aussi dans ce déséquilibre émotionnel qu’elle trouve une partie de sa créativité.

Vanessa et Virginia Woolf, même si elles ne vont pas à l’école, seuls les garçons ont ce droit, c’est le choix du père, bénéficient d’une instruction donnée par des précepteurs. Elles sont filles d’intellectuels cultivés et  acquièrent une culture que peu de femmes ont à leur époque. Jusqu’à l’âge de douze ans son père dirige le choix de ses lectures : Euripide, Sophocle, Platon, Jane Austen, Dickens, George Eliot entre autres. Toute sa vie, la lecture sera une de ses occupations privilégiées car elle l’apaise. Même quand elle écrira ses propres livres, elle suivra toujours un programme important de lectures. Proust est pour elle le modèle absolu, mais elle lit aussi Ibsen, Shakespeare, Tchekhov.

L’écriture selon elle, naît d’un choc affectif qui est à l’origine de sa vocation .L’écriture de son journal, qu’elle tiendra pendant près de trente ans lui permettra de noter tous ses sentiments au fur et à mesure de l’écriture de ses romans.

On a souvent l’image d’une femme dépressive et suicidaire alors qu’on trouve dans ses romans une sensualité, une jouissance devant la beauté de la nature ou l’intensité du moment qui la contredit totalement. Elle devait tout ressentir avec beaucoup d’intensité, la douleur comme le bonheur, en tout cas c’est ce qui ressort de la biographie d’Alexandra Masson. D’ailleurs, Mrs Dalloway , récit de la journée d’une femmes à Londres,  représente bien cette dualité, « le monde vu par la raison et par la folie » comme elle le note dans son journal.

Les traumatismes subis, la mort de sa mère lorsqu’elle avait 13 ans , puis de sa demi-sœur Stella deux ans après, suivi par celle de son frère Thoby  en 1906 aggravent son sentiment d’insécurité. Les viols dont elle fut victime de la part de ses demi-frères renforcèrent le traumatisme originel. Elle se réfugie dans l'écriture qui lui permet de survivre.

Pour mener son métier d’écrivain à bien malgré sa santé fragile, elle trouvera en Leonard Woolf un allié précieux, au moins jusqu’à un certain point. Ils se marieront et Leonard se consacrera totalement aux soins de son épouse jusqu’à régler son emploi du temps de manière draconienne. Un dévouement si total qu’il devient aussi une forme de tyrannie ! Mais chacun certainement y trouve son compte. Virginia apprécie certainement au début d’être ainsi totalement prise en charge car cela lui permet de se consacrer à l’écriture. Mais en contrepartie, son mari l’enfermera dans son rôle de malade.

En quelques années, à partir de 1919, elle publie plusieurs romans : « Nuit et jour », « La chambre de Jacob » et Mrs Dalloway en 1925. En parallèle, Virginia Woolf assume son amour pour les femmes avec la liaison passionnée qu’elle entretiendra avec Vita Sackville-West. Cette dernière lui inspirera le personnage d’Orlando qui paraît en 1928, précédé par « La promenade au phare » en 1927. Orlando pose la question du masculin et du féminin et de leur catégorisation. Virginia Woolf ne se considère pas comme une lesbienne, terme qu’elle abhorre, mais sent qu’elle est « mélangée ». Les amitiés féminines auront une grande importance dans sa vie, Katherine Mansfield, avec laquelle elle aura une relation plutôt mouvementée, ou Violet Dickinson qui la prit sous son aile après la mort de sa mère et lui permit « d’exprimer ses premières émotions littéraires ».

Virginia Woolf s’est construite en s’opposant au modèle de la femme victorienne, pour autant elle n'est pas une pionnière héroïque du mouvement féministe. Ethel Smith, autre grande amie, beaucoup plus âgée qu’elle, est très engagée dans ces mouvements. Virginia Woolf publie en1929, « Une chambre à soi », plaidoyer pour la liberté des femmes, suite à un séminaire auquel elle a participé à Cambridge sur les femmes et le roman. Elle y dénonce avec force l’injustice faire aux femmes sur le plan économique, social et politique. Très jeune, elle a apporté son aide aux suffragettes, elle a aussi donné des cours de littérature à des ouvrières

En 1931, elle publie «  Les Vagues », son roman le plus expérimental. Il  qui consiste en six monologues portés par Bernard, Susan, Rhoda, Neville, Jinny, et Louis. Percival, le septième personnage, ne parle jamais lui-même.

En 1937, « Les Années », suivi de « Trois Guinées » en 1938, prennent un tour plus politique et polémique, en traitant dans un style très différent de la place de l’écrivain dans la société. Virginia pousse toujours dans des directions différentes ses recherches formelles. Auparavant, Flush, en 1933, ne déroge pas à la règle,  car le style en est très différent, l’auteur s’amuse et esquisse une biographie fictive de la poétesse Elizabeth Barrett Browning vue par son cocker.

En 1939, elle entreprend une biographie « Une esquisse du passé » qui réveille des souvenirs douloureux et la fait sombrer à nouveau dans la dépression.

En 1940, elle publie une biographie de Roger Fry, biographie de son ami peintre, ancien amant de sa sœur. Mais la guerre gronde et fait ses premiers ravages et Virginia Woolf ne se sent plus le cœur à écrire. Comment l’art pourrait-il gagner face à la guerre, quelle pourrait être la force de l’écriture face à la barbarie ? L’auteur perd pied et de laisse envahir par le désespoir, en 1941, le 20 janvier,  elle envoie « Entre les actes » à son éditeur et le 28, elle se suicide en se jetant dans la rivière de l’Ouse, les poches de son manteau lestées de pierres. L’eau est par ce quoi tout commence et tout finit. Une grande romancière disparaît, laissant une œuvre considérable et d’une grande diversité.

 

La biographie d’Alexandra Masson est passionnante à tous les points, et tente de faire comprendre avec beaucoup de finesse et d’intelligence qui fut Virginia Woolf. A lire absolument pour comprendre la grande romancière.

Par Anis - Publié dans : Virginia Woolf - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 8 traits de plume
Dimanche 22 avril 2012 7 22 /04 /Avr /2012 10:52

 Mrs dalloway 3

 

Virginia Woolf est née en 1882 à Londres au sein d’une famille bourgeoise et cultivée ; son père était  critique littéraire et ami de Henry James, Tennyson et GeorgeEliot ; et fonda le "Dictionary of National biography".

Elle devint un écrivain célèbre et publia de nombreux livres, romans et essais. Peu après le décès de sa mère, débuta une longue suite de dépressions qui la conduisit au suicide en 1941.

Elle révolutionna la théorie du roman dans « Mrs Dalloway ».

 

 

Ce livre pourrait n’être au premier abord que le récit de la journée d’une femme, Clarissa  Dalloway, qui prépare une réception. Un matin, elle décide d’aller acheter des fleurs…

Clarissa est la femme de Richard Dalloway, membre du parlement. Elle a 52 ans, est encore assez belle et se souvient des jours passés au fil de sa promenade.

Elle appartient à la bourgeoisie anglaise et doit tenir son rang : elle reçoit les personnalités utiles à la carrière de son mari comme toute bonne épouse « victorienne ». Mais elle est à la charnière de deux mondes à travers sa fille Elizabeth qui, éduquée, pourra choisir une de ces nombreuses professions qui sont désormais accessibles aux femmes. Sous une apparence futile, cette femme possède une faille, une insatisfaction profonde qui la mine malgré son amour de la beauté et de la vie.

Big Ben sonne les heures, rappelle le temps qui passe et la fragilité de toute chose.

Clarissa descend Bond Street et nous lisons le contenu de ses pensées et celles de chacun des inconnus qu’elle croise. Chaque personnage est relié aux autres dans d’invisibles correspondances.

Virginia Woolf bouscule ici les conventions du roman réaliste, et fait disparaître l’intrigue classique car il n’y a pas d’histoire proprement dite.  Elle s’attache à l’essentiel qui est invisible et ne garde que les éléments strictement indispensables.  Les personnages font écho les uns aux autres et servent de fil conducteur au récit, offrent un ordre intelligible : on apprend que Clarissa a aimé un homme « Peter Walsh « , et l’auteur nous livre un peu plus loin les pensées de ce même Peter qui font écho à celles de Clarissa. Le dénouement de Mrs Dalloway est si vague qu’il laisse place à toutes les interprétations possibles. Pourtant on perçoit bien à travers le personnage de Septimus, jeune homme traumatisé par la guerre et qui songe au suicide, la fragilité de Clarissa.  L’intrigue devient alors « un mouvement organique en quelque sorte, qui progresse presque inconsciemment, qui n’est pas sorti d’une idée préconçue, qui a gardé toute la complexité et l’imprévisibilité des faits humains. » 

Virginia Woolf était une fervente admiratrice de Proust et on retrouve dans son roman la palette impressionniste : « Mais même après la disparition des choses, la nuit en reste pleine ; vidées de leurs fenêtres, elles existent avec plus de poids, exprimant ce que la franche lumière du jour, ne parvient pas à transmettre – la confusion et l’incertitude des choses regroupées là dans l’obscurité. »

L ‘obscurité des profondeurs, il s’agit bien de cela, de cet aspect de nous-mêmes que nous ne connaissons pas, notre inconscient, qui ne laisse filtrer que des images autorisées et éparses.

Clarissa n’est pas sereine malgré des apparences assez lisses, elle subit l’assaut « d’un monstre tapi dans les profondeurs ». Lorsqu’on connaît la vie de l’auteur, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec ses longs moments de dépression, les hallucinations dont elles souffrit. Elle les dépeint longuement dans le personnage de Septimus. Elle raille l’incapacité des médecins qui ne prescrivent que de faux remèdes, impuissants qu’ils sont à soulager la souffrance de leurs malades qu’ils abandonnent à eux-mêmes.

Mais elle livre aussi son émerveillement devant la beauté des choses, leur profusion et leur scintillement.

 

Un très beau roman, à l’écriture poétique et parfois douloureuse, mélancolique et prophétique à la fois. Une écriture d’une densité, d’une maîtrise exceptionnelle dans une construction d’une grande rigueur. A lire absolument.

Le roman psychologique de Virginia Woolf de Floris Delattre, p 220 Librairie philosophique J. Vrin

Par Anis - Publié dans : Virginia Woolf - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 9 traits de plume
Dimanche 22 avril 2012 7 22 /04 /Avr /2012 08:29

                                                       virginia-2.gif

 

 

"La vie est-elle ainsi, faut-il que les romans soient ainsi ? Regardez en dedans et la vie, semble-t-il est loin d'être comme cela. Examinez pour un instant un esprit ordinaire en un jour ordinaire, l'esprit reçoit une myriade d'impressions banales, fantasques, evanescentes ou gravées avec la netteté de l'acier. Elles arrivent de tous côtés, incessante pluie d'innombrables atomes. Et à mesure qu'elles tombent, à mesure qu'elles se réunissent pour former la vie de lundi, la vie de mardi, l'accent se place différemment; le moment important n'est plus ici, mais là. De sorte que si l'écrivain était un homme libre et non un esclave, s'il pouvait écrire ce qui lui plaît, non ce qu'il doit, il n'y aurait pas d'intrigue, pas de comédie, pas de tragédie, pas d'histoire d'amour, pas de catastrophe conventionnelle, et peut-être pas un seul bouton cousu comme dans les romans réalistes. La vie n'est pas une série de lampes arrangées systématiquement; la vie est un halo lumineux, une enveloppe à demi transparente qui nous enveloppe depuis la naissance de notre conscience. Est-ce que la tâche du romancier n'est pas de saisir cet esprit changeant, inconnu, mal délimité, les aberrations ou les complexités qu'il peut présenter, avec aussi peu de mélange de faits extérieurs qu'il sera possible. Nous ne plaidons pas seulement pour le courage et la sincérité, nous essayons de faire comprendre que la vraie matière du roman est un peu différente de celle que la convention nous a habitués à considérer."

Par Anis - Publié dans : Virginia Woolf - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 4 traits de plume
Lundi 16 avril 2012 1 16 /04 /Avr /2012 22:47

 

                                                             Olive-Kitteridge.jpg

 

Elizabeth Strout est née en 1956 à Portland, dans le Maine. Après des études de droit, elle s’installe à New-York et publie des nouvelles dans différentes revues littéraires. Elle met sept ans à rédiger son premier roman, Amy et Isabelle (Plon, 2000 ; réed Ecriture, 2012). En 2009, elle reçoit le prix Pulitzer pour Olive Kitteridge, publié dans 26 pays.

 

 

Olive Kitteridge est l’héroïne de cette histoire à la narration éclatée qui se déroule sur une période de trente ans. Parfois au second ou à l’arrière-plan, elle est dans la vie de ses concitoyens, habitants de Crosby, une petite ville côtière du Maine cette femme très autoritaire, professeur de mathématiques, ou cette autre généreuse et chaleureuse qui n’hésite pas à  donner son temps et son attention. Elle est indispensable à son mari mais le rend-elle heureux ? Mère possessive, elle manque pourtant de douceur et de tendresse. Christopher, son fils, se tait le plus souvent. Elle apparaît au fil du récit comme une personnalité très complexe, aux multiples facettes. Femme de caractère, qui ne revient jamais sur ce qu’elle a fait, ne demande jamais pardon, lui reproche son mari et ne doute jamais d’elle-même, Olive affronte une solitude intérieure qui la tourmente. On voit le personnage évoluer tout au long du récit constitué de treize nouvelles qui chacune se focalise sur un ou plusieurs personnages de l’environnement immédiat d’Olive.

Elle a l’air d’une femme banale, Olive, pourtant son fils la fuit. Le dialogue ne se noue pas et les relations vont être difficiles toute leur vie durant. On en apprendra la raison seulement à la fin du roman. Au cœur de cette personnalité apparemment solide, au caractère bien trempé, bougonne au grand cœur, se cache une faille, une blessure que l’on devine sans jamais être capable de la nommer. Elle juge vite, condamne sans appel, est capable de sautes d’humeur imprévisibles. Au fond qui est Olive Kitteridge ? Peut-on d’ailleurs connaître quelqu’un, ou ne nous trouvons-nous pas toujours au fond face à un mystère ? Il nous est déjà arrivé de croire connaître quelqu’un et puis d’être surpris, voire déçu par ses actes ou ses paroles. Que savons-nous des motivations profondes, de l’intériorité d’Olive à part ce qu’elle en dit ? Et ce qu’elle en dit est parfois contredit par les autres. On le sait, on a tendance a s’auto justifier et il nous est difficile de reconnaître nos erreurs.

C’est la force de cette construction narrative, le personnage a perdu de son unité, Eizabeth Strout nous fait douter : femme de tête, femme de caractère ou tout simplement femme égocentrique et brutale ? Le roman est une quête constante qui nous tient en haleine même si apparemment il ne se passe rien, dans le sens où ce n’est pas un roman où se succèdent les actions…


C’est un roman vraiment très intéressant mais qui ne m’a pas captivée, ne m’a pas émue. Peut-être cette sorte de « diffraction » qui, à force de nous faire perdre Olive dans les yeux de tous ses autres, finit par atténuer l’intérêt qu’on avait pour le personnage. Et puis elle se remet rarement en question, est un peu monolithique, ce qui alourdit le récit. Des impressions en demi-teintes donc. 

 

                                                           terrafemina jury    Femmes du mondel ogo


Par Anis - Publié dans : Femmes du monde - parcours - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 10 traits de plume
Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 10:35

                    

Née à Vaasa en 1906 (Finlande), Sally Salminem était la huitième enfant d'une famille nombreuse.  Fille d'un fermier suédois, orpheline très tôt,  elle fut obligée de travailler pour gagner sa vie. Elle travailla dans une épicerie, puis comme domestique à Stockholm, où elle émigra. Elle prit des cours par correspondance et lut beaucoup dans ses moments de loisir. Elle fut en grande partie autodidacte.

En 1930, elle émigra avec sa soeur aux Etats-unis, à New-york. C'est là qu'elle écrivit son premier roman, en 1937,  qui fut publié la même année. Ce livre eut un succès international et fit le tour du monde. Il fut traduit dans plus de vingt langues. Elle publia onze romans mais ne renoua pas avec le succès de "Katrina". Dans ses romans, elle dépeint la vie des communautés pauuvres de Finlande et la vie des émigrants.

Entre autres :

- Printemps (1938)

- Sables mouvants (1941)

- Prince Efflam (1953)

Elle a reçu deux grands prix littéraires en Finlande et au Danemark.

Avec son mari, le peintre Johannes Dünrop, elle retourna vivre au Danemark où elle mourut en 1976.

                                  Sally-Salminem.jpg   Salminem-Sally-1.jpg

 

"Parce que Johan le marin avait les yeux bleus, du charme et la parole facile, Katrina l'a suivi jusqu'à son lointain village de Finlande. Chez elle, elle était fille de riches fermiers, heureuse et préservée : elle découvre qu'il lui faudra vivre dans une misérable chaumière, travailler dur dans des conditions moyenâgeuses, ne compter que sur elle-même puisque Johan a repris la mer et que, de toute façon, c'est un grand enfant… Viennent trois fils difficiles, une petite fille qui meurt en bas âge, des épreuves de tout genre, le veuvage. Fière et forte, Katrina fait front. Et lorsqu'enfin elle ferme les yeux pour rejoindre à jamais Johan, elle ne regrette rien. Elle a été pleinement femme et mère, elle a réussi sa vie. "

 

      * Histoire de la littérature féminine : dans la colonne de droite sur le blog, les femmes de lettres disparues, pour mémoire.

Sources :

La description ci-dessus provient en partie de l’article de Wikipedia Sally Salminen, sous la licence CC-BY-SAdont la liste complète des contributeurs se trouve ici.

Dictionnaire des femmes célèbres - Lucienne Mazenod, Ghislaine Schoeller, Bouquins Robert Laffont

http://nordicwomensliterature.net/writer/salminen-sally

Par Anis - Publié dans : Femmes du monde - parcours - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 5 traits de plume
Samedi 14 avril 2012 6 14 /04 /Avr /2012 19:29

 

 

            Elle se nommait "Artemisia Gentileschi" et vécut de 1593 à 1654. Elle fut initiée à la peinture par son père, Orazio Gentileschi, peintre baroque.

            Etre peintre à cette époque, pour une femme , n'était pas chose facile car elles étaient sous la tutelle de leur père, de leur mari, de leur frère ou de leur fils. Il fallut un talent hors du commun à cette femme peintre pour défier les tabous de son temps. D'autant plus qu'elle subit l'une des plus ignobles violences faites aux femmes : elle fut victime d'un viol perpétré par un ami de son père. Orazio Gentileschi décide de dénoncer Tassi et de rendre publique la violence subie par sa fille. Ce dernier est condamné à cinq années d’exil mais la sentence ne sera jamais exécutée.

          Si Artemisia put devenir peintre, elle le dut à cette tradition qui faisait que les artistes utilisaient leur descendance et faisaient de leurs enfants -filles, s'il n'y avait pas de garçons- leurs apprentis : ils broyaient les couleurs et faisaient chauffer leur huile. Les filles étaient ensuite placées au couvent ou mariées à un des apprentis du maître. Mais Artémisia se révèla infiniment plus douée que ses frères, et son père décida de la garder auprès de lui.

          De plus à une époque où un homme ne peut pas peindre à partir de modèle nu, les peintres doivent faire appel, contre espèces sonnantes et trébuchantes à des courtisanes. Artemisia représente donc un vrai capital, à la fois parce qu'elle est douée mais aussi parce qu'elle peut servir de modèle gratuitement.

Une femme ne pouvait devenir peintre sans la tutelle d'un homme car elle ne pouvait pas signer un contrat, sans la garantie masculine d'un tuteur. Selon Alexandra Lapierre, "Elle ne peut acheter ses couleurs. Elle ne peut pas toucher un paiement. Elle ne peut pas détenir un passeport."

Or il existait un moyen, un seul, pour une femme peintre de s'affranchir de toutes ces contraintes : appartenir àl "Accademia de Disegno" dont les élus jouissaient d'un statut social qui les émancipaient des guildes d'artisans. Artemisia, A l'âge de 23 ans, va  pouvoir jouir de tels privilèges car elle sera la première femme à appartenir à cette académie. Dès lors, elle pourra mener une vie de femme libre.

           Elle a travaillé pour les plus grands, princes et cardinaux, et a gagné sa liberté grâce à la virtuosité de son pinceau et la maîtrise de son art. Elle dirigea même un atelier. Elle était extrêmement demandée et recevait des commandes de tableaux représentant des héroïnes de l'histoire biblique et antique. De jeunes femmes de la haute noblesse romaine lui demandèrent de peindre leur portrait

 

Elle fut très influencé par l'art du Caravage.

Dans l'exposition que nous avons vue aujourd'hui, nous avons pu admirer son travail sur la lumière, sa maîtrise des techniques du clair-obscur, la beauté des drapés, et la richesse des couleurs nous a subjugués.

« Si j’avais été un homme, je doute fort que les choses aient tourné de cette façon. (…) Mais je montrerai à Votre Seigneurie ce qu’une femme sait faire », écrira-t-elle de Naples à son dernier mécène.  « (...) Regardez mes œuvres : elles parlent d’elles-mêmes ! »

Sur la condition des femmes peintres, Alexandra Lapierre, auteur d’Artemisia ( Editions Robert Laffont) 

 

Musée Maillol du 14 mars au 15 juillet 2012 - Musée Maillol - 61, rue de Grenelle 75007 Paris. Métro rue du Bac -Tel 01 42 22 59 58 museemaillol.com

Un film a été tiré de sa vie mais des faits biographiques sont très contestables notamment le fait qu' Artemisia ait épousé son violeur.

 

Par Anis - Publié dans : Les femmes et l'art - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 3 traits de plume
Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 00:00

 

Suis-je snob ?- La valeur du rire-La nièce d’un comte – Brummel le Beau – La robe neuve – Un soir dans le Sussex. Réflexions dans une automobile- La mort du paillon – Qu’offrir à un snob ? de Walter Benjamin.

 

« Suis-je snob ? » se demande Virginia Woolf dans un des essais rassemblés par les éditions Payot et Rivages, sortes de conversations entre elle et un interlocuteur invisible. Suis-je snob, c’est au fond se poser la question d’une esthétique de l’existence, se demander quel gouffre habite cette distance entre soi et les autres, entre soi et soi, entre son monde intérieur et celui qu’on représente ?

Le snobisme tel que l’entendait Virginia Woolf, désignait alors la fascination pour la noblesse de sang, les titres, les châteaux… S’il fascine Virginia Woolf, explique Maxime Rovere, dans son introduction, c’est qu’il « offre l’image d’une position assurée dans le monde. ». En effet, il est particulièrement difficile pour chacun d’entre nous de nous assurer de notre propre valeur ou d’échapper à l’inquiétude d’être soi. Nous ne savons jamais vraiment qui nous sommes et nous quémandons souvent la reconnaissance dans le regard de l’autre. Soumis à d’infinies variations, menacés par la ruine du corps et de l’esprit, le moi ne possède pas d’identité stable. Or l’aristocrate « tient sa valeur et sa légitimité sociale d’une naissance acquise une fois pour toutes. ».

            A travers ce qui n’aurait pu être qu’un texte léger, l’auteur aborde ce désir au cœur de tout Homme d’être reconnu, accepté et aimé par les autres. La question du statut social , de la reconnaissance qu’apportent les diplômes, la naissance, le milieu et l’argent, ne serait pas si cruciale si elle ne faisait écho à une inquiétude fondamentale qui répond à la difficulté d’être soi.

            En lisant Virginia Woolf, j’ai souvent été frappée par le fait qu’elle s’excuse souvent, même si c’est sous forme de boutade, de n’avoir pas fait d’études, d’être ignorante.

            Ce que j’aime particulièrement dans ces essais, c’est cette façon qu’elle a de penser et de raconter en même temps, une pensée narrative qui intègre l’esthétique du récit et la rigueur de la pensée. Une pensés qui se forme en racontant, et que Léa Gauthier a su parfaitement expliquer dans son introduction à la lecture de « Trois guinées ».

Mais comment joue l’irradiation du snob ? Comment sa seule fréquentation peut-elle nous communiquer une part de son assurance ? Si le moi peu peser – « Dieu du ciel ! Encore moi ! », s’écrie Virginia Woolf- il peut également nous fasciner et être le sujet de nos observations.

L’aristocrate est « plus libre, plus naturelle, plus excentrique » que nous. C’est ce manque d’assurance personnelle qui conduit à la chercher chez les autres. Et Virginia de conclure :

«  N’importe quel groupe de gens, s’ils sont bien habillés, s’ils brillent en société et si je ne les connais pas, feront l’affaire. »

Tout cela dit avec humour, d’abord rire de soi, même si « l’humour nous a-t-on enseigné, est inaccessible aux femmes. »

L’humour suppose une lucidité, un regard acéré sur les autres et sur soi-même.

L’admiration naît de la verticalité des relations humaines dans une société où « nous sommes cloisonnés, séparés, coupés les uns des autres. » Comment l’écrivain peut-il connaître les autres ? Est-il condamné à « ne pouvoir décrire intelligemment que les personnes de son niveau social ? » . Virginia Woolf fait remarquer que ces grands que nous suivons depuis le début, nous ne les connaissons pas, car « les grands de ce monde n’ont presque pas écrit et jamais sur eux-mêmes ». Le dandy est celui qui sacrifie le mieux au monde des apparences, au détriment souvent de son intelligence, car ce mode de vie est le seul « qui pouvait le placer dans une lumière éclatante, et lui permettre de se distinguer du troupeau ordinaire des hommes. »

Mais cette fascination ne vient-elle pas d’une faille intérieure qui nous rend faibles et incertains ? Une nouvelle robe peut nous conduire à douter de nous-mêmes, puis-je être sûre «  de la pitié et de l’amour et ne pas être renversée en une seconde lorsque j’entre dans une salle pleine de monde ? ». La pauvreté qui nous met à l’écart du bon goût est un sérieux handicap. L’habit ne fait pas le moine, dit-on. Difficile d’acquérir cette aisance que possède celui qui maîtrise les codes.

Mais pour finir, nous ferons tous comme ce papillon, condamné à disparaître dans l’indifférence du Monde.

Par Anis - Publié dans : Virginia Woolf - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 8 traits de plume
Mercredi 11 avril 2012 3 11 /04 /Avr /2012 12:57

Cité par Michel Duquenne dans "Grandes dames des lettres". La civilisation sumérienne était pratriarcale, mais explique-t-il, les femmes y avaient encore leurs propres cultes, et le poème qui suit fut écrit par une prêtresse de la déesse de l'amour Inanna. Ce poème est écrit pour les épousailles rituelles qui étaient renouvelées chaque année pour assurer la fertilité des terres et la fécondité des femelles. Celui-ci a été écrit par une anonyme pour le roi Shu-Sin. Cité pour la première fois par Samuel Noah Kramer dans son ouvrage "Lhistoire commence à Sumer"

                                        

Statue de femme sumérienne

 

Poème d'amour au roi Shu-Sin

Époux, cher à mon coeur,
grande est ta beauté, douce comme le miel,
Lion, cher à mon coeur,
grande est ta beauté, douce comme le miel.

Tu m'as captivée, laisse-moi demeurer tremblante devant toi;
Époux, je voudrais être conduite par toi dans la chambre.
Tu m'as captivée, laisse-moi demeurer tremblante devant toi:
Lion, je voudrais être conduite par toi dans la chambre.

Époux, laisse-moi te caresser:
ma caresse amoureuse est plus suave que le miel.

Dans la chambre, remplie de miel,
laisse-nous jouir de ton éclatante beauté
Lion, laisse-moi te caresser:
ma caresse est plus suave que le miel.

Époux, tu as pris avec moi ton plaisir:
dis-le à ma mère, et elle t'offrira des friandises;
à mon père, et il te comblera de cadeaux.

Ton âme, je sais comment égayer ton âme:
Époux, dors dans notre maison jusqu'à l'aube.
Ton coeur, je sais comment réjouir ton coeur:
Lion, dormons dans notre maison jusqu'à l'aube.
Toi, puisque tu m'aimes,
donne-moi, je t'en prie, tes caresses.
Mon seigneur dieu, mon seigneur protecteur,
Mon Shu-Sin qui réjouit le coeur d'Enlil,
Donne-moi, je t'en prie, tes caresses.

Ta place douce comme le miel,
je t'en prie pose ta main sur elle,
pose ta main sur elle,
referme en coupe ta main sur elle comme un manteau Gishban,
...

 

     Cette déesse fut appelée Inanna chez les Sumériens,ou « la bien-aimée d’Anou », déesse de l'amour physique et de la guerre.  Elle eut de nombreux autres noms chez des civilisations de la même époque. Il semblerait qu'elle a eu comme descendance Aphrodite en Grèce et Vénus à Rome.

Par Anis - Publié dans : Les femmes et la poésie - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 6 traits de plume
Lundi 9 avril 2012 1 09 /04 /Avr /2012 19:30

Marcelle Sauvageot – Laissez-moi, Libretto, Editions Phébus, 2004. Première édition 1933

 

 

marcellesauvageot.jpg

« Premier livre écrit par une femme qui ne soit pas de soumission … Livre de Tristesse noble ; livre de dignité ! Admirable ! » s’est écrié Clara Malraux à sa lecture.


                                

Marcelle Sauvageot signe ici une œuvre bouleversante où se font écho le chagrin d’amour et la maladie dans une écriture de l’intime à la fois simple et déchirante.

De son amour disparu et qui la laisse plus seule encore face à la maladie, l’auteure sonde les splendeurs comme les faux-semblants dans une analyse à la fois profonde et cruelle.

A travers la radiographie à laquelle elle soumet le sentiment amoureux, les illusions dont il se nourrit apparaissent au fil de la narration, ainsi qu’une critique subtile des relations entre les hommes et les femmes de l’époque.

            « Si on te parle d’une femme, tu coupes la parole pour dire : »Elle est jolie ? », se moque-t-elle, pour remarquer plus loin que la dissymétrie des relations hommes/femmes prend toute sa mesure dans le fait qu’un homme attend de l’amour d’une femme qu’il soit « sans droits et sans exigences ». De ces femmes dont l’unique préoccupation est leur mari, elle se démarque totalement car elle a d’autres aspirations.

Elle n’est pas dupe : « J’essayais de garder un petit appui en dehors de vous, afin de pouvoir m’y accrocher le jour où vous ne m’aimeriez plus. »

            Elle note plus loin : « L’homme est : tout semble avoir été mis à sa disposition ». On attend de la femme un amour fait de soumission et c’est ce qui rend ce sentiment plus douloureux encore, parce qu’impossible pour une femme éduquée, intelligente et éprise de liberté.

Alors dans un ultime adieu fait à la fois de sauvagerie et de détresse, Marcelle Sauvageot pourra-t-elle s’écrier :

« Mais laissez-moi : vous ne pouvez plus être avec moi. Laissez-moi souffrir, laissez-moi guérir, laissez-moi seule. […]. Ne me demandez pas de vous regarder par-dessus l’épaule et ne m’accompagnez pas de loin. Laissez-moi ».

Il s’agit ici d’un très beau livre, qui à travers l’écriture de soi, esquisse le portrait d’une femme infiniment touchante, rendu plus émouvant encore à cause du destin terrible qui a été le sien. L’écriture est belle et le mouvement du récit  vous emporte sur le fil d’une émotion contenue par la maîtrise de la narration qui ne sombre jamais dans le mélodrame.

 

 Elsa Zylberstein a joué ce texte aux Bouffes du Nord,  premier "one woman show",Commentaire,  Dans un noir complet, ai-je lu, un bruit de train s'est fait entendre, et la comédienne, tout de noir vétu, les cheveux tirés en arrière, a offert ce texte aux spectateurs. Elle a écrit la très belle préface pour cette nouvelle édition.

 

coup de coeur


Par Anis - Publié dans : Livres publiés de 1929 à 1939 - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 6 traits de plume
Dimanche 8 avril 2012 7 08 /04 /Avr /2012 11:41

Les mots, les mots anglais, sont pleins d’échos, de souvenirs, d’associations. Ils émergent et racontent sur les lèvres des gens ce qu'ils vivent. Ils sont dans les maisons,  les rues,  les champs, depuis des siècles. Et une des difficultés majeures pour l'écrivain c'est de les confronter à la mémoire et aux autres vies, car elles ne sont pas seulement les siennes ; elles ont contracté tant d'autres alliances par le passé. 

Par Anis - Publié dans : Virginia Woolf - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 5 traits de plume
Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 23:22

 

              

 

Trois sœurs vivent dans un palais dont la splendeur n’est plus qu’un souvenir. Les appartements ont été vendus les uns après les autres, traduisant la décadence de cette famille dont la fortune a filé entre les doigts. Rien ne dure, tout s’en va, se perd, se délite. Noémi, l’aînée des sœurs se bat contre le temps qui passe ; elle cherche a restaurer le palais dans un vrai travail de Sisyphe, une fois une partie restaurée, c’est une autre qui s’effrite. La vie semble être pour elles un véritable tonneau des Danaïdes. Les possessions matérielles sont illusoires car rien ne dure.

Chacune des sœurs porte en elle une vulnérabilité certaine : Maddalena , féminine et sensuelle, ne parvient pas à avoir un enfant, Noemi s’épuise à la poursuite de son rêve, retrouver la splendeur passée du palais familial, la comtesse de Ricotta ne parvient pas à avoir un véritable métier et son fils, qu’elle élève seule, est victime des moqueries de ses camarades.

Toutes portent en elles, aussi profond que la blessure qui les rend à la fois si fortes et si fragiles, un rêve d’amour. Ces femmes décalées, hors des modèles traditionnels acquièrent pourtant une certaine liberté car elles échappent à la norme. Leur identité n’est pas stable et on peine à les définir. Cette indétermination rend les choses possibles. Elles peuvent être autres, différentes et donc éminemment mystérieuses. Emouvantes aussi… Leur fragilité, leur détresse font d’elles des femmes à la sensibilité exacerbée, capables des plus grandes folies et des plus grandes passions. Elle leur offre une aptitude merveilleuse à l’empathie, une générosité certaine : elles recueillent la vieille nounou malade, sont capables de voir la belle âme derrière l’habit grossier, le gentleman dans l’ouvrier. Cette inaptitude à la norme pourrait se révéler être une chance, leur donner une ouverture sur l’art et la beauté : tels ces services de table précieux que Noémi collectionne. Si le désir d’amour ouvre des failles, conduit au désespoir parfois, il permet aussi l’aventure, même si celle-ci ne se produit qu’au coin de la rue. Marguerite Duras parlait du gai désespoir : il y a de cela chez les personnages de Milena Agus. Elles sont fantasques, écorchées vives mais terriblement attachantes. Elles ne peuvent prendre au sérieux ce qui ne l’est pas : la famille bourgeoise, les honneurs, l’arrivisme. Elles seront spirituelles ou ne seront pas, amoureuses et désespérées, condamnées à l’inconfort.

Si Milena Agus avoue une part autobiographique dans ses livres, elle permet de comprendre chez elle l’origine de l’écriture. L’art ne naît que dans une certaine insatisfaction, un décalage, la solitude, une quête insatiable au cœur des hommes et des femmes pour lesquels il n’y a pas de véritable repos.

C’est pourquoi les livres de Milena Agus parlent au plus profond de moi-même, s’y ramifient dans une émotion continue. Cette femme a le don de me bouleverser, sans éclats, sans tambour, ni trompette, mais de manière toujours durable et profonde. Il y a ainsi des affinités entre un auteur et ses lecteurs. Une forme d’amour…

 

coup de coeur

 

 

 Battement d'elles   Mal de pierres   Mon voisin Quand le requin dort

Par Anis - Publié dans : Femmes du monde - parcours - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 10 traits de plume
Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 22:20

 

Sur le stand des auteurs du Salon du livre 2012 à Paris a eu lieu une belle rencontre et un intéressant dialogue entre Milena Agus, dont je viens juste de terminer le dernier livre et Nicole Garcia dont j’aime également beaucoup les films, « Un balcon sur la mer » est l’un des derniers que j’ai préférés. Je me suis donc armée de mon calepin et de mon stylo et j’ai pris quelques notes.

salon 5

« La princesse de Ricotta » de Milena est-il un livre sur les perdants ? demande la journaliste qui doit animer le débat. Des trois comtesses qui habitent trois appartements dans l’ancien palais familial aujourd’hui en décrépitude à Cagliari en Sardaigne, l’une, Maddalena, n’arrive pas à avoir d’enfants, l’autre, Noemi, souhaiterait rétablir la splendeur ancienne du palais mais n’y parvient pas, la troisième, la comtesse de Ricotta, qui ne sait rien faire, a un fils qui louche et ne réussit pas à rencontrer l’amour. On la nomme princesse de Ricotta car avoir des mains de Ricotta veut dire être maladroit. En effet la ricotta est un fromage mou sans grande consistance. Ce sont des gens qui ne réussissent pas mais qui essaient désespérément.

 

salon 7

Milena Agus explique que c’est sans doute un peu autobiographique car elle ne se sent pas elle-même faire partie des gagnants, aussi éprouve-t-elle une certaine sympathie pour les perdants. Il s’agit peut-être à travers l’écriture de donner une revanche possible pour les perdants. Et le public a aimé une histoire qui est à rebours de l’air du temps qui glorifie plutôt la réussite et l’argent.

 

L’amour est la chose la plus difficile à saisir et pourtant la plus importante. Si on n’est aimé par personne, alors on n’est rien. C’est le sentiment de l’écrivain.

 

Nicole Garcia va adapter le livre « Mal de pierres » au cinéma.  Elle l’a perçu comme l’histoire d’une femme qui est contrainte à une grande construction fantasmatique pour pouvoir vivre sa vie conjugale avec son mari. Il lui faut ce détour nécessaire pour aimer son mari si tant est qu’elle parvient à l’aimer. Elle joue tout au long du roman avec les ellipses , c’est un roman ambitieux et qui a séduit Nicole Garcia. Elle raconte qu’elle avait lu ce livre d’une traite, dans le train, en allant de Paris à Marseille. C’est alors qu’elle s’est dit « Il faut absolument que j’adapte ce livre ». La transmission du secret saute une génération et cela doit devenir l’axe de narration du film. Au cinéma, il est nécessaire de suivre un espace-temps. C’est donc la grand-mère qui va raconter son histoire à la petite fille. Selon Nicole Garcia, c’est un hymne à la conjugalité et à l’amour durable. Et si elle s’est reconnue dans le livre de Milena Agus, c’est parce qu’elle aussi parle de perdants dans ces films au début de l’histoire, mais le film leur fait toujours gagner quelque chose. Il y a dans ces histoires, un rêve d’amour qui porte très haut les femmes, une sorte d’ubris. L’héroïne de Mal de pierres va inventer cette histoire pour arriver à vivre.

 

Milena Agus raconte que c’est seulement à la fin de l’histoire qu’elle a soudain décidé qu’elle n’avait pas eu lieu. Dans la première version, l’histoire s’arrêtait au moment où le grand-père perdait une jambe à la guerre. Elle s’est rendue compte que le plus beau était de se trouver face à quelque chose qu’on n’attendait pas. Donc elle a construit la psychologie de son personnage de cette manière : une femme qui ne peut vivre qu’un amour imaginaire, qui est incapable de vivre un amour réel, avec lequel elle est obligée de composer. D’où le pouvoir singulier de l’écriture…

 Pour Nicole Garcia, le véritable amour, c’est son mari qui le lui a donné en étant tout simplement .

 

Milena Agus a vu certains films de Nicole Garcia et les a beaucoup aimés. Elle estime que la cinéaste peut faire ce qu’elle veut de cette histoire car le cinéma est une autre forme d’art qui a son propre langage.

A partir des détails on arrive au général, c’est ce qui l’a frappée dans ses films.

 

Nicole Garcia nous informe que le film sortira dans les deux prochaines années mais que les acteurs ne sont pas encore choisis. Elle n’a encore qu’une vague idée.

 

Le journaliste revient sur « la comtesse de Ricotta » et dit que la presse italienne a comparé le livre aux trois sœurs de Tchékov. Milena Agus avoue que c’est en fait un hommage à Grazia Deledda (Sarde qui fut prix Nobel en 1926).

Elle ajoute qu’elle est fille unique et qu’elle a des sœurs amies qui sont toutes également filles uniques. Ce sont des personnages féminins qui bâtissent son œuvre, c’est naturellement que ça surgit car c’est ce qu’elle connaît le mieux. ». Pendant longtemps la Sardaigne a été une société matriarcale, c’étaient les femmes qui avaient les clefs attachées à leur ceinture. Le mari avait la place de l’ombre.

Toutefois dans ses romans, il y a toujours de très belles figures masculines, comme la figure du grand-père qui passe toute sa vie à faire semblant de ne pas comprendre.

 

La rencontre s’achève plus tard avec un autographe de celle qui est vraiment un de mes écrivains préférés et dont je ne raterai jamais aucun livre.

 

Bibliographie

 

 Battement d'elles   Mal de pierres   Mon voisin Quand le requin dort - La comtesse de Ricotta


Par Anis - Publié dans : Interview - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 3 traits de plume
Jeudi 5 avril 2012 4 05 /04 /Avr /2012 23:35
                                                    
Par Anis - Publié dans : Interview - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 4 traits de plume
Mercredi 4 avril 2012 3 04 /04 /Avr /2012 21:36

 

                                            Déposer vos liens ici si vous connaissez des romancières de ces deux nationalités, si vous avez écrit un article que vous avez envie de faire partager.

 

Par Anis - Publié dans : Femmes du Moyen-Orient
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 7 traits de plume

Mai 2012 romancières palestiniennes et israéliennes

      Mai 2012

Littérama - l'histoire littéraire des femmes

Les romancières israeliennes et palestiniennes


Le 15 mai 1948 avait lieu la création d'Israel , considérée comme la nakba (la catastrophe) par les Palestiniens

Rencontres entre 

Alona Kimhi - Suzanne la pleureuse (Israël) / Susan  AbulhawaLes matins de Jenine (Pocket) (Palestine)

Chochana Boukholza - Le troisième jour - Folio GallimardRula Jebreal - La promise d'Assouan  Albal éditions (Palestine)

Shifra Horn - Ode à la joie Fayard (Israel)   / Sahar Khalifa - Un printemps chaud - seuil (Palestine)

 

 

 

 

Déposez vos liens ou vos propositions de bibliographie ici !

 

Femmes du mondel ogo

  

Nouveau challenge afin de faire connaître les femmes écrivains du monde entier et leur condition (ouvrages publiés entre 1970 et aujourd'hui). De l'Iran à L'Italie du sud en passant par l'Afrique et l'Océanie, sur chaque continent, des femmes témoignent. A vous de relayer leur voix. Nous constituerons tous ensemble une sorte de bibliothèque mondiale !

 

Pour participer, inscrivez-vous puis envoyez vos textes par le formulaire Contact de ce blog, ils seont publiés dans sur le blog Femmes Ecrivains du monde :

 

Le blog créé pour ce challenge 

 

Dépôt des candidatures et des billets ici !

Présentation

Mémorial Femmes de lettres

Femmes Mémorial

classées chronologiquement et par ordre alphabétique

Aimés, adorés, dévorés, parcourus, piétinés, déchirés...

 En tête

 

A

 

Abad(Héctor) -L'oubli que nous serons

Abouet (Marguerite)/Oubrerie(Clément) -Aya de Yopougon(BD) - Aya de Yopougon t2

Abulhawa (Susan) - Les matins de Jenine

 Adam (Olivier)  Passer l'hiver

Adiga (Aravind) - Le tigre blanc

Al-Joundi (Darina) /Kacimi (Mohamed) - Le jour où Nina Simone a arrêté de chanter

 

Agus (Milena)  Battement d'elles   Mal de pierres   Mon voisin - Quand le requin dort

La comtesse de Ricotta

 

Aubenas (Forence) - Le quai de Ouistreham

Audeguy(Stéphane) Fils unique   La théorie des nuages - Nous autres

Austen(Jane)  Emma   Mansfield Park  Northanger Abbey   Orgueil et préjugés   Persuasion)   Raison et sentiments

   

B

Badinter (Elizabeth) le conflit, la femme et la mère, essai - Fausse route

Bageu (Pénélope) - Cadavre exquis

Baldursdόttir (Kristin Maria) - Chaos sur la toile

Barbery(Muriel)  L'élégance du hérisson

Bauerdick (Rolf) - Le jour où la vierge a marché sur la lune

Bharti (Kumari)-Mon école sous le manguier

Beauvoir (Simone de ) -Mémoires d'une jeune fille rangée

Bégaudeau(François)  Entre les murs

Beinhart (Larry) Le bibliothécaire– Etats-Unis

Bourdouxhe (Madeleine) - Les jours de la femme Louise

 

C

 

Campbell Webster (Emma) - Jane Austen et moi

Camus (Albert) La chute  La mort heureuse  –La peste  –L’étranger  –L’exil et le royaume  –Les justes

Capucine - Corps de rêve

Carrière (Jean-Claude)  La controverse de Valladolid.

Catel - Quatuor

Cauwelaert (Van) Didier-  Les témoins de la mariée

Cestac (Florence) - Le démon de midi

Choël(Raphaëlle) et Rovéro-Carrez (Julie) - Dans l'intimité des femmes japonaises

Chandra (Vikram)  Le seigneur de Bombay

Charles(Maryse et Jean-François) - War and dreams(BD)

Colette - Le pur et l'impur

Collectif - En chemin, elle rencontre ...

Coe (Joe) - La femme de hasard - La maison du sommeil

Conroy(Frank) - Corps et âme

Constantine (Barabara) - Allumer le chat

Cossé (Laurence) - Au bon roman

 

Chevalier (Tracy) - Prodigieuses créatures

Chi Li - Trouée dans les nuages

Claudel (Philippe)  Au revoir, Monsieur Friant  J’abandonne - La petite fille de Monsieur Linh  - Le bruit des trousseaux

                                 Le café de l’Excelsior - Le rapport de Brodeck  Les âmes grises  –Meuse l’oubli

Coe (Jonathan)  La pluie avant qu'elle tombe - La femme de hasard - La maison du sommeil  - Testament à l'anglaise

 

Cunningham (Mickaël) Les heures

Cusk (Rachel) - Arlington Park

 

Cusset (Catherine) - Un brillant avenir

D

 

Davrichewy (Kétévane)- La mer noire

Deghelt (Frédérique) - La vie d'une autre

Despentes (Virginie) - Apocalypse bébé

Devi (Ananda) - Le sari vert

 

Dryansky(Joanne et Gerry) - L'extraordinaire histoire de Fatima Monsour

Duong (Thu Huong) -Itinéraire d'enfance - Terre des oublis

Duras (Maguerite)  L’amant.  L’amante anglaise - L’après-midi de Monsieur Andesmas - Un barrage contre le Pacifique-Le vice-consul.

.E

Esquivel (Laura)  Chocolat amer

F

Ferney (Alice) – Dans la guerre  – Grâce et dénuement  – la conversation amoureuse   L'élégance des veuves  – Les autres  – Paradis  conjugal 

Foenkinos (David) La délicatesse

 

Follet (Ken) -Les piliers de la terre  – Un monde sans fin

Fox (Paula) - Pauvre Georges

Fforde(Jasper) - L'affaire Jane Eyre

G

Gallay (Claudie) - Les déferlantes  -  Dans l'or du temps

Gavalda (Anna) – Ensemble, c’est tout  – Je l’aimais  – Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part  – La consolante  L'échappée belle

Gaudé (Laurent) – Eldorado  – Sous le soleil des Scorta- Dans la nuit Mozambique - La porte des enfers

Genlis (Mme de) - La femme auteur

Germain (Sylvie)  Jours de colère  – La chanson des mal-aimants  – Le livre des nuits  Magnus  – Nuit-d’Ambre - Opéra muet -

Hors champ

Giordano (Paolo) - La solitude des nombres premiers

Guenassia (Jean-Michel) - Les incorrigibles optimistes

 

H

Hagena (Katharina) - Le goût des pépins de pomme

Harper Lee - Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Harris (Joanne)  Chocolat

Herbjørg Wassmo La septième rencontre – Norvège – 2001

Hua (yu) Brothers- Chine

Hustache (Pascale) - Destins de femmes dans la littérature populaire du XIXe siècle

Huston (Nancy) - Infrarouge

I

Ibsen (Henrik) - La maison de poupée

Indridason (Araldur) – La voix (grand prix de littérature policière 2007)  Islande – 2007 – La cité des jarres 

Ishiguro (Kazuo)  Auprès de moi toujours   Les vestiges du jour  Nocturnes

Itoyama (Akiko)- Le Jour de la Gratitude au Travail 

J

Jorge (Lidia) - La nuit des femmes qui chantent

Jullien(François) Le pont des singes - essai

K

Kawakami(Hiromi) - Les années douces - Les trois lumières

Keegan (Claire)-Antarctique--

 

Kimhi (Alona) - Suzanne la pleureuse

Kingsolver (Barbara) - Les yeux dans les arbres

Kosztolányi (Dezsö)– Alouette –1991

Krauss (Nicole)La grande maison

 

Kristeva (Julia) - Colette, un génie féminin

L

Larsson (Stieg)  Millénium 1 – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes  – Millénium 2– La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette – Millénium 3 – La reine dans le palais des courants d’air

Le Callet (Blandine) - La ballade de Lila K

Lecomte de Nouy (Hermine) - - Amitié amoureuse

 

Lévine(James.A)  Le cahier bleu

M

McCann (Colum) Et que le vaste monde poursuive sa course folle

MacDonald (Ann-Mary) Le vol du corbeau  

Mainard (Dominique) - Pour vous - Je voudrais tant que tu te souviennes

Maïtena - Les déjantées (2)

Makine (Andreï)  La musique d’une vie   La vie d'un homme inconnu

Mander (Jane) - Histoire d'un fleuve en Nouvelle-Zélande

Mardon Grégory -Sarah Cole (BD)  

Martinez(Carole) - Coeur cousu - Le domaine des murmures

 

Miyabe (Miyuki)  La librairie Tanabe  

Montero (Rosa) - Le territoire des barbares

Morrison (Toni)  Beloved - Un don -

Minoui (Delphine) Moi Nojoud, 10 ans, divorcée

Munro(Alice) - Fugitives

Murakami (Haruki) -Le passage de la nuit

 

  N

 

 

Nair (Anita) - Compartiment pour dames

 

Nakamura (Eriko) - Les tribulations d'une japonaise à Paris

NDiaye (Marie) - Trois femmes puissantes

Nothomb(Amélie)  Cosmétique de l’ennemi   La métaphysique des tubes   Les catilinairesl   Les combustibles - Stupeurs et tremblements -Le fait du prince - Acide sulfurique - Journal d'Hirondelle

O

 

 

Oates (Joyce Carol) – Eux  – Le goût de l’Amérique – Les Chutes  – Sexy - La fille tatouée -

Ogawa (Yoko) - La formule préférée du professeur- La marche de Mina

O’Connor (Joseph)L'étoile des mers - Desesperados - Inishowen

O'Farrell(Maggie) - Quand tu es parti

Olafsdóttir (Audur Ava) Rosa Candida

O'Riordan (Kate) - Le garçon dans la lune - Pierres de mémoire

Oumhani(Cécile) - Le café d'Illka

Ovaldé Véronique - Et mon coeur transparent  

Oulitskaïa (Ludmila) - Sonietchka

 

 

P

Percin (Anne) - Le premier été

Pancol(Katherine)  Et monter lentement dans un immense amour   J’étais là avant  La valse lente des tortues  Les yeux jaunes des crocodiles

Phillips (Jayne Anne) - Lark et Termite

Provost (Martin) - Bifteck

Q

R

 Raoul (Fanny) -  Opinion d'une femme sur les femmes

Reid (Martine) - Des femmes en littérature (1)

Riccoboni (Mme de) - Histoire de M. le marquis de Cressy

Ridgway(Keith) Mauvaise pente

Rosnay (de) (Tatiana) - Boomerang

Roth(Philip) Le complot contre l'Amérique

Ruiz ZafÔn (Carlos) – L’ombre du vent

S

Saadawi (Nawal el) - ferdaous, une voix en enfer

Saabye Christensen (Lars) –Le Demi-frère

Sarraute (Nathalie) -Les fruits d'or

Så Moreira (Régis de) – Le libraire

 

Sauvageot (Marcelle) - Laissez-moi

Schlink (Bernard) - Le liseur

Shaffer (Mary Ann) & Barrows (Annie) - Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates

Shalev (Zeruya) - Mari et femme

Shimazaki(Aki) -Le poids des secrets

Sigurdardottir(Steinunn) -Le cheval soleil

Sizun (Marie) - La femme de l'Allemand

Sôseki ((Natsume) - Petits contes de printemps

Stockett(Kathryn) - La couleur des sentiments

Suárez (karla) - Tropique des silences

Strasser (Todd) – La vague – Etats-Unis

Strout (Elizabeth) - Olive Kitteridge

T

Tawada (Yoko) - L'oeil nu

 

Thuy (Kim) - Ru

Trevor (William) – En lisant Tourgueniev

Tunström (Göran) - L'oratorio de Noël

U

 

Undset(Sigrid) - Printemps

 

V

Vargas Llosa (Mario) - La tante Julia et le scribouillard

Varifa ( Fariba) - Un secret de rue

Vallejo (François) - Le voyage des grands hommes

Vigan(De) (Delphine)  No et moi - Les jolis garçons - Les heures souterraines

 

 

W

 

Wataya (Risa) - Appel du pied

 

Wong (Alison) - Les amants papillons

Woolf (Virginia) –La promenade au phare - -- Une chambre à soiSuis-je snob ? - Mrs Dalloway

Wright (Alexis) - Les plaines de l'espoir

 

 

X

Y

Yamata (Kikou) - La dame de beauté

Yelin(Barbara) - L'empoisonneuse (BD)  

Yourcenar (marguerite) - L'oeuvre au noir - Les mémoires d'Hadrien

Z

  Zola (Emile) - Au bonheur des dames

Zusak ( Markus) - La voleuse de livres

 

 


Recherche

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés