L'histoire littéraire des femmes

     yourcenar  sagan    hélène Bessette    

CColette   sarraute  duras           

"Les femmes dans les livres scolaires

Les textes de femmes représentent 6% de l’ensemble. Quelles sont les écrivaines les plus prisées ? Le choix paraît bien figé et traditionnel. Il reflète d’ailleurs les listes officielles ds ministères, listes d’auteurs à lire, dans lesquels figure une extrême minorité de femmes. Mais la couche de poussière est double. Car non seulement les manuels (les anthologies également…) tendent à reprendre les mêmes écrivaines, mais en plus tendent à reprendre les mêmes textes. Paresse ? Conditionnement ? Manque de curiosité vis-à-vis de l’histoire littéraire ?

Voici donc les quatre élues : Colette (elle est nettement la plus présente), Anna de Noailles, Georges Sand, Marie de Sévigné.

[…]

Dans l’histoire littéraire

Quelle est la place qui leur est accordée dans l’histoire littéraire ? Minoritaire bien sûr. Deux phénomènes vont jouer : l’occultation et la réduction. L’occultation, c’est-à-dire le fait de rejeter, gommer, ignorer telle ou telle écrivaine, mais aussi un mouvement ou un genre.

La réduction, c’est-à-dire le fait de réduire exagérément l’importance de telle ou telle écrivaine, mais aussi celle d’un mouvement ou d’un genre."

 Les Femmes dans les livres scolaires de Brigitte Crabbé

                                  

Dimanche 9 octobre 2011 7 09 /10 /Oct /2011 10:48

« Les femmes, toute une histoire », le magazine de France Inter, unique en son genre, consacré aux femmes, à leur histoire, à la question toujours d’actualité de leurs droits, en France et dans le monde…

 

           Les femmes ne parviennent pas toujours selon les pays à faire entendre leur voix, France Inter à travers cette série d'émissions leur donne la parole. De nombreux observateurs s'accordent à penser que la lutte pour l'égalité des droits est une priorité du XXIe siècle. Qu'une société s'arroge le droit de punir de coups de fouet une femme qui a osé conduire une voiture suffit à légitimer ce combat, et je salue l'initiative de France Inter. Car sans l'éducation des femmes, sans leur libre et plein accés  au travail, à la santé, à l'éducation, une société ne peut être vraiment démocratique.

Avec Virginia Woolf se pose encore avec plus d'acuité, de résonance, la question de l'accès des femmes à la littérature et à leur droit d'inventer, de créer et d'écrire des romans que j'ai largement évoqué ici.

 

Une chambre à soi de Virginia Woolf - Les femmes et le roman

 

 « Aux femmes qui cherchent un féminin à « auteur », il y a bas-bleu. C’est joli et ça dit tout. », écrivait Jules Renard en 1905.

 Viviane Forrester, biographe de Virginia Woolf, parle de ce douloureux et nécessaire combat dans cette émission de France Inter que l'on peut écouter jusqu'en 2014.

 

 Virginia Woolf

 

 

La première émission  a évoqué les femmes et la révolution. Si les femmes participent toujours activement aux mouvements révolutionnaires, elles sont souvent écartés des sphères de pouvoir. Olympe de Gouges, qui écrivit ‘Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne finira guillotinée en 1793.

          Et il y a fort à craindre que ce scénario se renouvelle une fois encore en Lybie alors que le Conseil National de Transition parle d’instaurer un régime s’inspirant de la Charia... Trois femmes du XXème siècle, révolutionnaires et féministes, aux personnalités hors du commun, furent victimes de cet ostracisme masculin: l’anarchiste Emma Goldman, juive russe devenue américaine et apatride ; la bolchévique Alexandra Kollontaï, première femme ambassadrice et chantre de l’amour libre ; et enfin, une Française, Jeannette Vermeersch, qui incarne plutôt la militante dévouée, à l'ombre du grand homme, Maurice Thorez qui dirigea pendant plus de trente ans le parti communiste. (à écouter jusqu'au 6 juin 2014)

 

Les femmes et la révolution  

 

A décréter par l'Assemblée nationale dans ses dernières séances ou dans celle de la prochaine législature.

PREAMBULE 

La DéclarationLes mères, les filles, les surs, représentantes de la nation, demandent d'être constituées en Assemblée nationale.

Considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de la femme, sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu d'exposer dans une déclaration solennelle, les droits naturels inaliénables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs, afin que les actes du pouvoir des femmes, et ceux du pouvoir des hommes, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés, afin que les réclamations des citoyennes, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution, des bonnes murs, et au bonheur de tous.

En conséquence, le sexe supérieur, en beauté comme en courage, dans les souffrances maternelles, reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Etre suprême, les Droits suivants de la Femme et de la Citoyenne.

Article premier.
La Femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.Up

Article 2
Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de la Femme et de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et surtout la résistance à l'oppression.

Article 3
Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation, qui n'est que la réunion de la Femme et de l'Homme: nul corps, nul individu, ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.

Article 4
La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à autrui; ainsi l'exercice des droits naturels de la femme n'a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l'homme lui oppose; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison.

Article 5
Les lois de la nature et de la raison défendent toutes actions nuisibles à la société; tout ce qui n'est pas défendu pas ces lois, sages et divines, ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elles n'ordonnent pas.

Article 6
La loi doit être l'expression de la volonté générale; toutes les Citoyennes et Citoyens doivent concourir personnellement ou par leurs représentants, à sa formation; elle doit être la même pour tous : toutes les Citoyennes et tous les Citoyens, étant égaux à ses yeux, doivent être également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités, et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents.

Article 7
Nulle femme n'est exceptée; elle est accusée, arrêtée, et détenue dans les cas déterminés par la loi: les femmes obéissent comme les hommes à cette loi rigoureuse.

Article 8
La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une Loi établie et promulguée antérieurement au délit et légalement appliquée aux femmes.Up

Article 9
Toute femme étant déclarée coupable; toute rigueur est exercée par la Loi.

Article 10
Nul ne doit être inquiété pour ses opinions mêmes fondamentales, la femme a le droit de monter sur l'échafaud; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune; pourvu que ses manifestations ne troublent pas l'ordre public établi par la loi.

Article 11
La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de la femme, puisque cette liberté assure la légitimité des pères envers les enfants. Toute Citoyenne peut donc dire librement, je suis mère d'un enfant qui vous appartient, sans qu'un préjugé barbare la force à dissimuler la vérité ; sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.

Article 12
La garantie des droits de la femme et de la Citoyenne nécessite une utilité majeure; cette garantie doit être instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de celles à qui elle est confiée.

Article 13
Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, les contributions de la femme et de l'homme sont égales ; elle a part à toutes les corvées, à toutes les tâches pénibles; elle doit donc avoir de même part à la distribution des places, des emplois, des charges, des dignités et de l'industrie.

Article 14
Les Citoyennes et Citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique. Les Citoyennes ne peuvent y adhérer que par l'admission d'un partage égal, non seulement dans la fortune, mais encore dans l'administration publique, et de déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée de l'impôt.

Article 15
La masse des femmes, coalisée pour la contribution à celle des hommes, a le droit de demander compte, à tout agent public, de son administration.Up

Article 16
Toute société, dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de constitution; la constitution est nulle, si la majorité des individus qui composent la Nation, n'a pas coopéré à sa rédaction.

Article 17
Les propriétés sont à tous les sexes réunis ou séparés: elles ont pour chacun un droit lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité.

POSTAMBULE 

Femme, réveille-toi; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l'univers; reconnais tes droits. Le puissant empire de la nature n'est plus environné de préjugés, de fanatisme, de superstition et de mensonges. Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de l'usurpation. L'homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux tiennes pour briser ses fers. Devenu libre, il est devenu injuste envers sa compagne. Ô femmes! Femmes, quand cesserez-vous d'être aveugles? Quels sont les avantages que vous recueillis dans la révolution? Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé. Dans les siècles de corruption vous n'avez régné que sur la faiblesse des hommes. Votre empire est détruit; que vous reste t-il donc? La conviction des injustices de l'homme. La réclamation de votre patrimoine, fondée sur les sages décrets de la nature; qu'auriez-vous à redouter pour une si belle entreprise? Le bon mot du Législateur des noces de Cana? Craignez-vous que nos Législateurs français, correcteurs de cette morale, longtemps accrochée aux branches de la politique, mais qui n'est plus de saison, ne vous répètent : femmes, qu'y a-t-il de commun entre vous et nous? Tout, auriez vous à répondre. S'ils s'obstinent, dans leur faiblesse, à mettre cette inconséquence en contradiction avec leurs principes; opposez courageusement la force de la raison aux vaines prétentions de supériorité; réunissez-vous sous les étendards de la philosophie; déployez toute l'énergie de votre caractère, et vous verrez bientôt ces orgueilleux, non serviles adorateurs rampants à vos pieds, mais fiers de partager avec vous les trésors de l'Etre Suprême. Quelles que soient les barrières que l'on vous oppose, il est en votre pouvoir de les affranchir; vous n'avez qu'à le vouloir. Passons maintenant à l'effroyable tableau de ce que vous avez été dans la société; et puisqu'il est question, en ce moment, d'une éducation nationale, voyons si nos sages Législateurs penseront sainement sur l'éducation des femmes.

Les femmes ont fait plus de mal que de bien. La contrainte et la dissimulation ont été leur partage. Ce que la force leur avait ravi, la ruse leur a rendu; elles ont eu recours à toutes les ressources de leurs charmes, et le plus irréprochable ne leur résistait pas. Le poison, le fer, tout leur était soumis; elles commandaient au crime comme à la vertu. Le gouvernement français, surtout, a dépendu, pendant des siècles, de l'administration nocturne des femmes; le cabinet n'avait point de secret pour leur indiscrétion; ambassade, commandement, ministère, présidence, pontificat, cardinalat; enfin tout ce qui caractérise la sottise des hommes, profane et sacré, tout a été soumis à la cupidité et à l'ambition de ce sexe autrefois méprisable et respecté, et depuis la révolution, respectable et méprisé.
Up


Par Anis - Publié dans : Les femmes et leur condition - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 2 traits de plume
Dimanche 9 octobre 2011 7 09 /10 /Oct /2011 10:17
Par Anis - Publié dans : Actualités-expositions-littérature - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 5 traits de plume
Samedi 8 octobre 2011 6 08 /10 /Oct /2011 21:34

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Paula Fox – Pauvre Georges Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Remy Lambrecht, éditions Joëlle Losfeld

 

 

Paula Fox, née en 1923, est américaine. Elle a vécu à Cuba, en Californie et au Québec, et demeure maintenant à New-York. Elle a été redécouverte à la fin des années 1980, grâce, entre autres, à Jonathan Franzen, Frederick Busch et Andrea Barrett qui la considèrent comme l’un des plus importants écrivains de ce siècle.

Née en 1923 d'un père alcoolique, abandonnée dès sa naissance, Paula Fox découvrit la vie rude de l’orphelinat et souffrit beaucoup de son enfance Elle en reproduisit le schéma en abandonnant à son tour - c'est le regret de sa vie - son premier enfant. Recueillie par un pasteur, qui sera son père spirituel et littéraire, elle découvre la littérature. Après avoir exercé toutes sortes de métiers, dont ceux de reporter en Europe et d'enseignante à l'université de Columbia, elle commence à écrire à 40 ans - des livres pour enfants -, puis se lance dans l’écriture à plein temps.

Le dieu des cauchemars, Personnages désespérés et La légende d’une servante sont les titres qui ont eu le plus de succès.

 

Pauvre Georges ! Il n’a guère d’envergure, n’aime pas vraiment sa femme , ne brille pas particulièrement dans son métier, et sa vie, entre un pavillon de banlieue et une école privée de Manhattan lui semble étriquée et sans but. Un jour, il surprend Ernest en train de fouiller dans ses affaires. Au lieu de le conduire au commissariat, il se met en tête de l’aider dans ses études sans tenir compte de ce que veut véritablement le jeune homme. « Pauvre Moi ! » pourrait s’écrier Georges. Car c’est pour lui le commencement de toute une série d’ennuis.

 

Ce qui est le plus difficile dans ce livre, c’est qu’il n’y a aucun personnage sympathique, personne à aimer, mais personne non plus à détester. Ils sont tous ternes, paumés, ennuyeux, et il faut tout le talent de Paula Fox pour les tirer de cette existence pathétique – existence littéraire s’entend !

J’avoue que j’ai souvent soupiré à la lecture de ce livre et que parfois le temps m’a paru long. Quel talent pourtant, chez cette femme, et quelle sobriété dans l’analyse psychologique des personnages ! On tient alors jusqu’au bout, à la force de la plume de cet écrivain !

Pauvre Georges n’est pas le livre qui a eu le plus de succès. Celui qui semble retenir tous les suffrages est « Personnages désespérés » qui est classé au rang de chef-d’œuvre. Je la lirai donc à nouveau, en espérant que le prochain demandera un peu moins d’efforts. Il y a vraiment certains livres qui se méritent !

 

 

Par Anis - Publié dans : Quand une femme écrit dans la peau d'un homme - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 3 traits de plume
Samedi 1 octobre 2011 6 01 /10 /Oct /2011 21:53
Par Anis - Publié dans : Auto blog
Le livre d'or : les 0 traits de plume
Mercredi 28 septembre 2011 3 28 /09 /Sep /2011 16:26

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Stéphanie-Félicité Du Crest, comtesse de Genlis fut beaucoup admirée en son temps et se présente comme la figure emblématique de la grande aristocratie de l’Ancien Régime. Disciple de Rousseau, elle réfléchit sur l’éducation et exposa ses théories pédagogiques dans son roman « Adèle et Théodore ». Mais cette communauté de pensées n’alla pas plus loin car elle se fâcha définitivement avec « les philosophes » quand ceux-ci lui demandèrent de quitter le parti des dévots (dixit Martine Reid). Elle émigra puis revint après la Révolution, défendant le christianisme contre la pensée des philosophes. Sa pensée est ce curieux mélange de conservatisme et d’érudition qui lui permet de penser avec les outils que donne une immense culture mais l’empêche d’aller trop loin et d’adopter des idées nouvelles.

 

La Femme auteur en est le parfait exemple : elle y analyse finement la société de son époque, et les codes du sentiment amoureux, tout en dénonçant les multiples contraintes auxquelles les femmes sont soumises, prisonnières de l’opinion et des conventions sociales.

Elle y brosse également le portrait d’une relation féminine ou l’amitié l’emporte sur la rivalité amoureuse. Voilà pour le côté moderne si l’on peut dire de Mme de Genlis. Mais son conservatisme la pousse du côté d’une vision assez pessimiste du métier d’auteure.  En effet, son héroïne se retrouve puni d’avoir choisi la carrière d’auteure et on a l’impression que son roman pourrait servir essentiellement à dissuader les femmes d’écrire. Il faut dire que Mme de Genlis a elle-même essuyé de vives critiques et attaques virulentes lorsqu’elle a commencé à publier ses ouvrages. Aussi son personnage , Nathalie, est en fait son double en écriture.

Dorothée l’autre personnage féminin, sait, elle, se tenir à sa place : elle préfère le bonheur des vertus domestiques à la vie malheureuse des femmes auteurs, qui sont accusées de négliger leur rôle d’épouse et d’abandonner son rôle de mère. Elles deviennent dès lors des femmes « publiques » et sont déshonorées.

Toutefois, on peut penser également qu’elle tient simplement à montrer le sort que réserve la société aux femmes qui ont quelques velléités d’écrire.

Martine Reid raconte comment ses positions ont évolué à la fin de sa vie et comment elle défendit  les femmes contre l’inégalité de traitement qui leur était réservée , imaginant qu’un jour peut-être les femmes pourront écrire librement, et pourquoi pas être critique littéraire.

Elle rendit également hommage aux femmes écrivains  qui furent ses contemporaines. Elle plaida aussi pour l’éducation des jeunes filles, qui à l’époque était d’une pauvreté affligeante et ne leur permettait guère de rivaliser avec les hommes dans le domaine de la culture et l’esprit.

 

« Si vous devenez auteur, vous perdrez la bienveillance des femmes, l’appui des hommes, vous sortiriez de votre classe sans être admise dans la leur. Ils n’adopteront jamais une femme auteur à mérite égal, ils en seront plus jaloux que d’un homme. Ils ne nous permettront jamais de les égaler, ni dans les sciences, ni dans la littérature ; car, avec l’éducation que nous recevons, ce serait les surpasser. »

 

L’histoire : Natalie est une jeune femme passionnée qui aime l’étude et l’écriture. Mariée très jeune, elle perd son mari à l’âge de 22 ans. Son statut change alors et elle se trouve courtisée plus ouvertement. Germeuil, amoureux de la Comtesse de Nangis depuis cinq ans, va peu à peu se détourner d’elle, captivé par la belle Natalie. Celle-ci parviendra-t-elle à faire taire cet urgent besoin d’écrire afin de préserver son amour ?

 

chal dam de lettres

 

 

Par Anis - Publié dans : Femmes de lettres françaises du XIXe siècle - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 5 traits de plume
Samedi 17 septembre 2011 6 17 /09 /Sep /2011 23:19

 

lire-15.jpg          Mina est une petite fille asthmatique qui, dans le Japon des années 70, se rend à l’école dos de Pochiko, un hippopotame nain, Tomoko, sa cousine, entame sa première année de collège, hébergée par sa tante car sa mère doit se rendre dans une grande ville pour y suivre des cours de couture. Un drame semble couver sous l’apparence anodine des choses, les fréquents séjours de Mina à l’hôpital, l’absence de son père pour de longues périodes sont comme autant de menaces. Les non-dits tissent le récit de pesants silences, et d’une sorte de malaise qui court tout au long su récit. Les personnages semblent étouffer dans cette atmosphère à couper au couteau même si des fils de tendresse tiennent tous les personnages ensemble et l’amitié de Mina et Tomoko, la narratrice, telle une bouffée d’air pur, adoucit le tranchant des larmes intérieures et des souffrances cachées.

 

Il faut aimer Proust pour aimer ‘La marche de Mina », un récit long, pesant parfois, un récit attentif toutefois à la profondeur des êtres, exaspérant de lenteur, mais riche de douceur et de tendresse. Yoko Ogawa, après avoir été fan de base-ball dans « La formule préférée du professeur » explore ici le monde du hand-ball, et installe une sorte de tension dramatique, qui ne se résout qu’avec le dénouement du récit. J’ai eu un peu de mal je l’avoue, surtout qu’ayant moins de temps pour lire, la lecture a subi un étirement supplémentaire qui fut près d’être fatal à la lecture de ce livre.

J’avais beaucoup aimé « La formule préférée du professeur » mais j’avais trouvé là encore des longueurs dans le récit. A suivre toutefois, de belles qualités d’écriture.

 

 

Femmes du mondel ogo

Par Anis - Publié dans : Femmes du monde - parcours - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 10 traits de plume
Lundi 12 septembre 2011 1 12 /09 /Sep /2011 22:29

Aravind-Adiga.jpg 

Aravind Adiga – Le tigre blanc – « The white tiger »traduit de l’anglais par Annick Le Goyat

2008 éditions Buchet Chastel collection 10/18 n°4335

Né à Madras en 1974, Aravind Adiga vit à Bombay. Il a obtenu le Man Booker Prize 2008 pour son premier roman « Le tigre blanc »

Ce livre retrace la vie de Balram Halwai de la caste des « confiseurs », né dans une famille vouée au travail et au malheur. Son père, conducteur de Rickshaw, trime pour quelques sous et ne peut lui payer ses études car il a dû verser la dot d’une de ses filles, tradition encore suivie en Inde, et qui endette parfois lourdement les familles. Contraint d’interrompre ses études pour aider sa famille à payer la dette contractée auprès d’une des familles les plus puissantes de son Bihar natal, Balram travaille dans le tea-shop du village mais aspire à une autre vie.

                Grâce à son intelligence et sa débrouillardise, il réussit à  obtenir une place de chauffeur et ainsi à s’élever dans l’échelle sociale. Il approche un autre monde fait de luxe et de liberté, très éloigné de la misère du petit peuple. Ce roman sans concession dénonce encore une fois une Inde corrompue où le résultat des élections est connu d’avance, où tout s’achète à coups de pots de vin et où la sueur des plus pauvres engraisse les potentats locaux. L’argent public est détourné et l’Inde peine à se développer faute d’investissements  dans les infrastructures du pays. Pour réussir, il ne reste que le crime… « Le tigre blanc » est un roman prenant et l’on suit les aventures de Balram avec intérêt. Même si le dénouement semble inéluctable et sans surprise, la démonstration faite par l’auteur est remarquable. Elle prouve une fois encore si besoin en était de l’importance de la politique dans la vie et le destin des individus.  Et le danger qu’il y a à la laisser aux mains des puissants. Dans ce pays, beaucoup d’Indiens sont ligotés par la misère : comment sortir  de sa condition si on ne peut pas étudier, si les études sont trop chères et inabordables pour les classes populaires ? Ceci en réponse aussi à ceux qui en ce moment pensent qu’augmenter les frais d’inscription en France rendrait les étudiants plus conscients des efforts à accomplir.

L’école a été et restera encore le moyen pour beaucoup d’enfants  l’accès à un autre monde.  A une autre vie. Je fus de ceux-là.

Par Anis - Publié dans : Les hommes écrivent, les femmes les lisent - Communauté : LECTURES PARTAGEES
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 6 traits de plume
Mercredi 7 septembre 2011 3 07 /09 /Sep /2011 21:36
Par Anis - Publié dans : Les femmes et l'art
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 1 traits de plume
Mercredi 7 septembre 2011 3 07 /09 /Sep /2011 15:03

  renee-vivien.png

  

Vous êtes mon palais, mon soir et mon automne,
Et ma voile de soie et mon jardin de lys,
Ma cassollette d’or et ma blanche colonne,
Mon parc et mon étang de roseaux et d’iris.

 

Vous êtes mes parfums d’ambre et de miel, ma palme,
Mes feuillages, mes chants de cigales dans l’air,
Ma neige qui se meurt d’être hautaine et calme,
Et mes algues et mes paysages et mer.

Et vous êtes ma cloche du sanglot monotone,
Mon île fraîche et ma secourable oasis…
Vous êtes mon palais, mon soir et mon automne,
Et ma voile de soie et mon jardin de lys.

Renée Vivien (1877 – 1909)
A l’heure des mains jointes, 1906



Renée Vivien est le pseudonyme de Pauline Mary Tarn, américaine par sa mère  et  britannique par son père.  Elle voyagea beaucoup à travers le monde délivrée des soucis matériels par l'héritage qu'elle reçut de son père..

Elle eut une longue liaison avec la richissime baronne Hélène de Zuylen, pourtant mariée et mère de deux fils.

Alors qu’elle était toujours avec Zuylen, elle entama une liaison clandestine et passionnée avec Kérimé Turkhan Pacha, l’épouse d’un diplomate turc. Cependant ces deux relations aboutirent chacune à une séparation dont Renée Vivien ne se remit pas. Elle sombra dans l'alcool et la drogue et sa santé se détériora progressivement.

 Les critiques ne furent pas tendres avec elle tant il est vrai que l'idéologie de l'époque condamnait l'homosexualité comme une maladie mentale. Elle fut considérée comme perverse et libertine. Son état empira, elle refusa de se nourrir, fit une tentative de suicide et mourut vraisemblablement d'une pneumonie compliquée par l'alcoolisme.

 
Colette dans Le pur et l'impur , paru en 1932 retraça cette fin de vie si difficile.

 

Source : Wikipédia.

Par Anis - Publié dans : Les femmes et la poésie - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 1 traits de plume
Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 07:25

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Le 10ème Prix du Roman Fnac a été attribué à Delphine de Vigan pour "Rien ne s'oppose à la nuit" 

J'aime beaucoup cette auteure dont j'ai chroniqué quelques-uns des livres ici :

 

Les heures souterraines de Delphine de Vigan

Delphine de Vigan - Les jolis garçons

No et moi de Delphine de Vigan

 

 

10 ans de lauréats du Prix du Roman Fnac :
- Dominique Mainard en 2002, pour Leur histoire (Joëlle Losfeld)

- Pierre Charras en 2003, pour Dix-neuf secondes (Mercure de France)

- Jean-Paul Dubois en 2004, pour Une vie française (L'Olivier)

- Pierre Péju en 2005, pour Le rire de l'ogre (Gallimard)

- Laurent Mauvignier en 2006, pour Dans la foule (Editions de Minuit)

- Nathacha Appanah en 2007, pour Le dernier frère (Editions de L'Olivier)

- Jean-Marie Blas de Roblès en 2008, pour Là où les tigres sont chez eux (Editions Zulma)

- Yannick Haenel en 2009, pour Jan Karski (Gallimard)

- Sofi Oksanen en 2010, pour Purge (Stock).

 

Des rencontres avec l'auteur sont organisées à Paris le 7 octobre à 18h à la Fnac Forum, à la Fnac de Rennes le 4 octobre à 17h30 et à la Fnac de Toulouse le 18 octobre à 17h30.
Delphine de Vigan participera également à un forum organisé sur le thème de la filiation, à la Fnac Montparnasse (Paris) le 23 septembre à 17h30.

Par Anis - Publié dans : Prix - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 12 traits de plume
Vendredi 26 août 2011 5 26 /08 /Août /2011 08:28

L-antarctique.jpg

 

 

          Les femmes irlandaises des nouvelles de Claire Keegan semblent souvent courber l’échine, ployant sous le joug de la tradition et des hommes. Leur destin est tout tracé : «  élever correctement leurs fils, nourrir les poulets, couper le persil, tolérer le vacarme du match du dimanche ».

Dans la nouvelle « Les hommes et les femmes », une fillette demande à sa mère : « Pourquoi ils font rien eux ? » La mère répond « Ce sont des hommes », comme si cela expliquait tout.

Les révoltes sont souvent silencieuses, une telle apprend à conduire en douce, telle autre coupe la magnifique chevelure  de sa sœur qui la traite comme sa bonne et les femmes ont assez de force en elles pour renoncer , s’il le faut, à leurs illusions.

            C’est risqué aussi parfois, très, comme dans cette première nouvelle où une femme prend pour amant un homme rencontré dans un bar (Antarctique). Mais la liberté et la passion sont à ce prix si l’on veut un jour lutter contre la peur du vide.

En effet, les personnages de Claire Keegan ne sont pas (seulement ) les victimes d’un patriarcat qui laisse la part belle aux hommes.  Elles ne sont pas seulement alourdies par les grossesses, abîmées par les lessives, ou torturées par le désespoir . Leur lutte est âpre et elles sont terriblement vivantes. Elles ne sont pas seulement des femmes qui attendent l’amour,  mais elles vivent aussi pour elles-mêmes, tant pis si parfois il faut renoncer à l’amour. Car « le jour où on découvre qu’on a gâché dix ans de sa vie n’est pas une partie de plaisir. »

       Je voudrais rajouter après la remarque pertinente de Keisha en commentaire, que Claire Keegan n'est jamais dans un manichéisme simpliste. Des femmes sombrent aussi dans la folie et nombre d'hommes ne sont pas plus à l'aise qu'elles dans le rôle qu'on veut leur faire endosser. Ce qu'elle montre, c'est le fonctionnement d'un système qui peut rendre aussi les femmes perverses dans leur quête éperdue de séduction..

             En tout cas, c’est de cette manière que j’ai lu ces nouvelles, au style toujours ciselé, alerte et très bien rythmé.

 

 

 Femmes du mondel ogo Challenge voisins voisines

Par Anis - Publié dans : Femmes du monde - parcours - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 7 traits de plume
Vendredi 26 août 2011 5 26 /08 /Août /2011 07:55

 

«Je vais jusqu’au bout des crises que vivent mes personnages, pour voir comment ils s’en sortent.»

 

"...’histoire de l’Irlande, [...] la colonisation [...] a contraint au langage codé, souterrain. Il y a toujours plusieurs couches de sens dans la manière de parler, jusque dans les considérations sur le temps qu’il fait. Dire les choses directement est considéré comme déclaratif, perçu comme vaniteux et égocentrique».

 

 

littérature au féminin

Par Anis - Publié dans : Paroles de femmes - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 0 traits de plume
Mercredi 24 août 2011 3 24 /08 /Août /2011 08:06

Haruki Murakami – Le passage de la nuit – Belfond 2007 pour la traduction française- traduit du japonais par Hélène Morita avec la collaboration de Théodore Morita.

 Il s’est expatrié en Grèce, en Italie puis aux Etats-Unis car il ne supportait pas le conformisme de la société japonaise. En 1995,  il a décidé de rentrer au Japon suite au tremblement de terre de Kobe et l’attentat du métro de Tokyo. Il est un auteur culte dans son pays et à l’étranger où il est traduit dans plus de trente pays.

Le passage de la nuit est le récit d’une seule nuit dans la vie de Mari et de sa sœur Eri. L’une veille pendant que l’autre dort.   La nuit devient le moment  de toutes les rencontres, même les plus inattendues. Elle est peuplée de tous les marginaux qui errent ou trafiquent entre le dernier et le premier train. Elle incite aux confidences, crée le silence et l’atmosphère propices à la création d’une intimité voulue ou forcée. Elle fait naître la magie et le mystère en même temps qu’elle éveille le désir. L’obscurité cependant cèle de multiples dangers et révèle les angoisses, les failles et les échecs des différents protagonistes. Elle porte en son sein l’aube qui pointe déjà…

Un œil géant survole la ville, une sorte de big brother, une caméra dans la technopole remplie des gadgets de la société japonaise. Où est la frontière entre le rêve et la réalité ? Qui est derrière l’écran, serions-nous derrière  comme dans un aquarium ?

J’ai lu sans déplaisir ce roman mais je n’ai été touchée ni par la grâce ni par l’onirisme tant loués de Murakami. Le style un peu plat m’a beaucoup gênée, mais quelle est la part de la traduction, je n’en sais rien. J’ai très envie pourtant de découvrir d’autres œuvres de l’auteur, Kafka sur le rivage notamment.

 

 

Par Anis - Publié dans : Les hommes écrivent, les femmes les lisent - Communauté : LECTURES PARTAGEES
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 7 traits de plume
Vendredi 19 août 2011 5 19 /08 /Août /2011 11:22

Jury Fnac

    Voilà les cinq romans que j'avais reçus :

 

Monte Schulz

Michel-Rio-Le-Vazaha-sans-terre.jpgAnne-Serre-Les-debutants.gif  Pierre de VilnoCharles-Dantzig-Dans-un-avion-pour-Caracas1.png

 

Pierre de Vilno Elvire et Jeremy - parution le 18 août 2011

Charles Dantzig - Un avion pour Caracas - parution le 19 août 2011

Anne Serre - Les débutants - parution le 31 août 2011

Michel Rio - Le Vazaha sans terre - parution le 1er septembre

Monte Schultz - parution le 1er septembre 2011

 

Les trente romans électionnés sont :

 

Retour à Killybegs,

Sorj Chalandon (Grasset

Et rester vivant,

Jean-Philippe Blondel (Buchet-Chastel)

Tableaux noirs,

Alain Jaubert (Gallimard)

Le héron de Guernica,

Antoine Choplin (Le Rouergue

Parties communes,

Camille Bordas (Joëlle Losfeld)

L'art français de la guerre,

Alexis Jenni (Gallimard)

Rien ne s'oppose à la nuit,

Delphine de Vigan (Lattès)

Terezin Plage,

Morten Brask (Presses de la Cité)

L'équation africaine,

Yasmina Khadra (Julliard)

Les souvenirs,

David Foenkinos (Gallimard)

Scintillation,

John Burnside (Métailié)

Les savants,

Joseph Manu (Philippe Rey)

Eux sur la photo,

Hélène Gestern (Arléa)

Limonov,

Emmanuel Carrere (P.O.L)

Le domaine des murmures,

Carole Martinez (Gallimard)

Tout, tout de suite,

Morgan Sportes (Fayard)

The room,

Emma Donoghue (Stock)

La femme du tigre,

Téa Obreth (Calmann Lévy)

Désolations,

David Vann (Gallmeister)

Opium Poppy,

Hubert Haddad (Zulma)

Des vies d'oiseaux,

Véronique Ovalde (L'Olivier)

Le turquetto,

Metin Arditi (Actes Sud)

Des fourmis dans la bouche,

 Khadi Hane (Denoël)

Persécution,

Alessandro Piperno (Liana Lévi)

Des garçons d'avenir,

Nathalie Bauer (Philippe Rey)

L'ampleur du saccage,

Kaoutar Harchi (Actes Sud)

Juste avant,

Fanny Saintenoy (Flammarion)

Avant le silence des forêts,

Lilyane Beauquel (Gallimard

La question Finkler,

Howard Jacobson (Calmann Lévy)

Rue Darwin,

Boualem Sansal (Gallimard)

 

Les sept premiers sont communs aux adhérents et aux libraires.
L'année dernière c'est le roman de Sofi Oksanen "Purge" qui avait été retenu.

Parmi ces trente romans, un seul va être choisi par les professionnels de la FNAC et sera dévoilé au public le soir du 31 octobre.

 

 

Dans les cinq que j'ai lus, seul celui d'Anne Serre avait été un coup de coeur. Mais il n'a pas été retenu parmi les trente romans présélectionnés.

Par Anis - Publié dans : Actualités-expositions-littérature - Communauté : LECTURES PARTAGEES
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 6 traits de plume
Vendredi 19 août 2011 5 19 /08 /Août /2011 09:24

Le-gout-des-pepins-de-pomme.jpg

 

Le goût des pépins de pomme de Katharina Hagena roman traduit de l’allemand par Bernard Kreiss, éditions Anne Carrière, 2010

Der Geschmack von Apfelkernen, 2008

 

A la mort de sa grand mère, Iris, sa petite fille se retrouve avec sa mère et ses tantes dans la maison de famille à Bootshaven, dans le nord de l’Allemagne, pour la lecture du testament. Sa grand-mère lui a légué la maison et elle doit décider en quelques jours si elle accepte cet héritage. Au fil des jours, en déambulant dans la maison les souvenirs affluent au gré des pièces et des trouvailles, en flânant dans le jardin ou en mettant les vieilles robes contenues dans la grande armoire. Elle reconstitue ainsi, à la faveur de ses souvenirs, l’histoire de trois générations de femmes.

 

C’est un magnifique roman sur la mémoire et la filiation. La narration s’articule autour des témoignages des différents acteurs du drame familial, et autour d’un lieu essentiellement : la maison de Bootshaven. Car la maison, dans la mémoire des femmes, a une importance capitale, elle est le lieu jusqu’à la moitié du vingtième siècle, où se déploie leur activité. Dans les familles bourgeoises, les femmes ne travaillent pas à l’extérieur mais s’occupent essentiellement des tâches ménagères. Il en va de même pour Bertha qui en est la seule propriétaire et à laquelle ce bien apporte une certaine indépendance puisqu’elle peut décider qui elle peut accueillir, malgré ou en dépit de la réprobation de son mari.

Ses propres transgressions ont d’ailleurs lieu à l’intérieur même de la maison quand son mari n’est pas là.

Des trois filles, une seule trouvera refuge dans la maison familiale pour son plus grand malheur. Elle la quittera pour choisir désormais des habitats ouverts et communautaires, des ashrams ou des lieux similaires ou l’héritage est plus spirituel.

La maison c’est l’origine, là où tout a commencé : les femmes accouchaient à la maison et les trois filles y sont nées . Elle est le lieu où s’opère la continuité.

Autant que celui ou s’opère toute discontinuité. La maladie et la mort instaurent la rupture. La mémoire de Bertha s’effiloche, se « comble » de trous et elle est obligée de partir.

            Du drame, on ne sait rien avant les dernières pages, à peine si l’on recueille quelques indices. Chacun veut l’oublier car il réveille de vieilles blessures.  « L’oubli partagé est un lien aussi fort que les souvenirs communs », dit la narratrice.

            Les silences et les oublis se transmettent aussi bien que ce qui est dit ou écrit, mieux même, car l’oubli s’ancre dans les profondeurs de l’inconscient.

L’oubli est seulement un souvenir inconscient.

            D’ailleurs la mémoire est sélective, car je me souviens d’autant mieux que j’oublie tout un tas de choses. Je ne peux pas me souvenir de tout.  L’hypermnésie est un trouble qui gêne terriblement la vie quotidienne de ceux qui en souffre. Pour me souvenir, je dois oublier.

Et la narratrice de conclure : «  J’en déduisais que l’oubli n’est pas seulement une forme de souvenir, mais que le souvenir est aussi une forme de l’oubli. »

            Quel a été le rôle du grand-père pendant la guerre ? Les seuls souvenirs qu’il laisse n’en disent rien et son journal a été brûlé.

 

            La narratrice est enfin revenue à la maison. Elle renoue avec le passé et exorcise les vieux fantômes, panse les blessures afin de pouvoir construire à son tour. Elle déterre et exhume. Elle aère et met à jour.

Le personnage littéraire renoue avec la vieille tradition d’une femme faible et forte à la fois. A chaque fois qu’elle voit son amoureux, elle se trouve en fâcheuse posture et lui laisse ainsi jouer tranquillement son rôle de sauveur.

La boucle est ainsi bouclée.

  Challenge voisins voisines 

Femmes du mondel ogo 

Par Anis - Publié dans : Femmes du monde - parcours - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 9 traits de plume

Livres du challenge

Femmes du mondel ogo 

 

 

Challenge "Femmes du Monde

 

 

 

Nouveau challenge qui vise à faire connaître les femmes du Monde entier. Sur chaque continent des femmes écrivent, combattent et témoignent. A vous de relayer leurs voix ! 

  

                            Le blog créé pour ce challenge

 

Les articles resteront la propriété de leur auteur et devront d'abord être publiés sur un blog personnel puis envoyés à l'adresse qui vous sera communiquée lors de l'inscription pour être publiés en copie sur le blog commun. 

 

  Dépôt des candidatures et des billets ici !

 

Afrique 

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Océanie 

Présentation

Articles sur la toile ; femmes

Et ils sont passés où mes livres ?

 Littérama 

 

A

 

Abad(Héctor) -L'oubli que nous serons

Abouet (Marguerite)/Oubrerie(Clément) -Aya de Yopougon(BD) - Aya de Yopougon t2

Adam (Olivier) Passer l'hiver

Al-Joundi (Darina) /Kacimi (Mohamed) - Le jour où Nina Simone a arrêté de chanter

 

Agus (Milena) Battement d'elles  Mal de pierres  Mon voisin - Quand le requin dort

Aubenas (Florence) - Le quai de Ouistreham

Audeguy(Stéphane) Fils unique  La théorie des nuages - Nous autres

Austen(Jane) Emma  Mansfield Park  Northanger Abbey  Orgueil et préjugés  Persuasion)  Raison et sentiments

   

B

Badinter (Elizabeth) le conflit, la femme et la mère, essai - Fausse route

Bageu (Pénélope) - Cadavre exquis

Baldursdottir(Kristin Marja) - Chaos sur la toile - Karitas, sans titre

Barbery(Muriel) L'élégance du hérisson

Beauvoir (Simone de ) -Mémoires d'une jeune fille rangée

Bégaudeau(François) Entre les murs

Beinhart (Larry) Le bibliothécaire– Etats-Unis

Bourdouxhe (Madeleine) - Les jours de la femme Louise

C

 

Campbell Webster (Emma) - Jane Austen et moi

Camus (Albert)La chute  –La mort heureuse  –La peste  –L’étranger  –L’exil et le royaume  –Les justes

Capucine - Corps de rêve

Carrière (Jean-Claude) La controverse de Valladolid.

Catel - Quatuor

Cestac (Florence) - Le démon de midi

Chandra (Vikram) Le seigneur de Bombay

  Charles(Maryse et Jean-François) - War and dreams(BD)

Colette -  Le pur et l'impur

Collectif - En chemin, elle rencontre ...

Conroy(Frank) - Corps et âme

Constantine (Barbara) - Allumer le chat

Cossé (Laurence) - Au bon roman

Chevalier (Tracy) - Prodigieuses créatures

Claudel (Philippe) Au revoir, Monsieur Friant J’abandonne - La petite fille de Monsieur Linh  - Le bruit des trousseaux

                                Le café de l’Excelsior - Le rapport de BrodeckLes âmes grises Meuse l’oubli

Coe (Jonathan) - La pluie avant qu'elle tombe -Testament à l'anglaise - La femme de hasard

Cunningham (Mickaël)Les heures

Cusk (Rachel) Arlington Park

Cusset (Catherine) - Un brillant avenir

D

 

Davrichewy (Kéthévane) - La mer noire

Deghelt (Frédérique) - La vie d'une autre

Despentes (Virginie) - Apocalypse bébé -King Kong théorie

Devi (Ananda) -Le sari vert

Dryansky(Joanne et Gerry) - L'extraordinaire histoire de Fatima Monsour

Duong (Thu Huong) -Itinéraire d'enfance - Terre des oublis

Duras (Maguerite) L’amant. L’amante anglaise - L’après-midi de Monsieur Andesmas - Un barrage contre le Pacifique- Le vice-consul.

.E

El Saadawi(Nawal) -   Ferdaous, une voix en enfer

Esquivel (Laura) Chocolat amer

F

Ferney (Alice) Dans la guerre  – Grâce et dénuement  – la conversation amoureuse  L'élégance des veuves  – Les autres  – Paradis  conjugal 

Foenkinos(David) La délicatesse

Follet (Ken) -Les piliers de la terre  – Un monde sans fin

Fforde(Jasper) - L'affaire Jane Eyre

G

Gallay (Claudie) - Les déferlantes

Gavalda (Anna) Ensemble, c’est tout  – Je l’aimais  – Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part  – La consolante  L'échappée belle

Gaudé (Laurent) Eldorado  – Sous le soleil des Scorta -

Dans la nuit Mozambique

Germain (Sylvie) Jours de colère  – La chanson des mal-aimants  – Le livre des nuits Magnus  – Nuit-d’Ambre - Opéra muet -Hors champ

Giordano (Paolo) - La solitude des nombres premiers

H

Harper Lee - Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Harris (Joanne) Chocolat

Herbjørg Wassmo –La septième rencontre – Norvège – 2001

Hua (yu)Brothers- Chine

Hustache (Pascale) - Destins de femmes dans la littérature populaire du XIXe siècle

Huston (Nancy) - Infrarouge

I

Ibsen (Henrik) - La maison de poupée

Indridason (Araldur) – La voix (grand prix de littérature policière 2007)  Islande – 2007 – La cité des jarres 

Ishiguro (Kazuo)Auprès de moi toujours  Les vestiges du jour Nocturnes

 

J

Jullien(François) Le pont des singes - essai

K

Kawakami(Hiromi) - Les années douces

Kingsolver (Barbara) - Les yeux dans les arbres

Kosztolányi (Dezsö)Alouette -1991

Krauss(Nicole) - La grande maison

Kristeva (Julia) -  Colette, un génie féminin

Kumari(Bharti) -Mon école sous un manguier

L

 

Lafayette (Madame de) - Histoire de la princesse de Montpensier et autres nouvelles

Larsson (Stieg)Millénium 1 – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes  – Millénium 2– La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette – Millénium 3 – La reine dans le palais des courants d’air

Le Callet (Blandine) - La ballade de Lila K

Lévine(James.A) Le cahier bleu

M

MacDonald (Ann-Mary) – Le vol du corbeau  

MacCann(Colum) - Et que le vaste monde poursuive sa course folle...

Mainard (Dominique) - Pour vous - Je voudrais tant que tu te souviennes

Maïtena - Les déjantées (2)

Makine (Andreï) La musique d’une vie  La vie d'un homme inconnu

Mander (Jane) - Histoire d'un fleuve en Nouvelle-Zélande

Mardon Grégory -Sarah Cole (BD 

Martinez(Carole) - Coeur cousu - Le domaine des murmures

Miyabe (Miyuki) La librairie Tanabe  

Montero(Rosa) - Le territoire des barbares

Morrison (Toni) Beloved - Un don -

Munro (Alice) -Les fugitives

Minoui (Delphine)Moi Nojoud, 10 ans, divorcée

 

  N

 

 

Nair (Anita) - Compartiment pour dames

Nothomb(Amélie) Cosmétique de l’ennemi  La métaphysique des tubes  Les catilinairesl  Les combustibles - Stupeurs et tremblements -Le fait du prince - Acide sulfurique - Journal d'Hirondelle

O

 

 

Oates (Joyce Carol) Eux  – Le goût de l’Amérique – Les Chutes  – Sexy - La fille tatouée -

Ogawa (Yoko) - La formule préférée du professeur

 O’Connor (Joseph)L'étoile des mers - Desesperados - Inishowen

Orstavik(Hanne) - Amour

O'Farrell(Maggie) - Quand tu es parti

Oksannen(Sofi) -Purge

O'Riordan (Kate) - Le garçon dans la lune - Pierres de mémoire

 

Oumhani(Cécile) - Le café d'Illka

Ovaldé Véronique - Et mon coeur transparent  

Oulitskaïa (Ludmila) - Sonietchka

 

 

P

 

Pancol(Katherine) Et monter lentement dans un immense amour  J’étais là avant  La valse lente des tortues  Les yeux jaunes des crocodiles

Percin (Anne) - Le premier été

Phillips (Jayne Anne) - Lark et Termite

Q

R

 

Reid (Martine) - Des femmes en littérature (1)

 

Ridgway(Keith)Mauvaise pente

Rosnay (de) (Tatiana) - Boomerang

Roth(Philip)Le complot contre l'Amérique

Ruiz ZafÔn (Carlos)L’ombre du vent

S

 

Saabye Christensen (Lars)Le Demi-frère

Så Moreira (Régis de) – Le libraire

Sarraute(Nathalie) - Les fruits d'or

Schlink (Bernard) - Le liseur

Sévigné (Madame de) - Je vous écris tous les jours...

Shaffer(Mary Ann) & Barrows(Annie) -Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

Shalev(Zeruya) -Mari et femme

Shimazaki(Aki) -Le poids des secrets

Sigurdardottir(Steinunn) -Le cheval soleil

Sizun (Marie) - La femme de l'Allemand

Stockett (Kathryn) - La couleur des sentiments

Strasser (Todd) La vague – Etats-Unis

 

T

 

 

Thuy (Kim) - Ru

Trevor (William)En lisant Tourgueniev

Tunström(Goran) -L'oratorio de Noël

U

Undset (Sigrid) Printemps

V

 

 

Vafi (Fariba) - Un secret de rue

Vallejo (François) - Le voyage des grands hommes

Vigan(De) (Delphine)No et moi - Les jolis garçons

 

 

W

 

Wong (Alison) - Les amants papillons

Woolf (Virginia)La promenade au phare -Une chambre à soi

Wright (Alexis) - Les plaines de l'espoir

 

 

X

Y

Yelin(Barbara) - L'empoisonneuse (BD)  

Yourcenar (marguerite) - L'oeuvre au noir - Les mémoires d'Hadrien

Z

  Zola (Emile) - Au bonheur des dames

 

Zusak (Markus) - La voleuse de livres

 

 

 

 

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"Les mots d'un livre ne forment pas davantage un bloc que les jours d'une vie humaine, aussi abondants soient ces mots et ces jours; ils dessinent juste un archipel de phrases, de suggestions, de possibilités inégalées sur un vaste fond de silence."
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