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  Femmes du mondel ogo

Nouveau challenge afin de faire connaître les femmes écrivains du monde entier et leur condition (ouvrages publiés entre 1970 et aujourd'hui). De l'Iran à L'Italie du sud en passant par l'Afrique et l'Océanie, sur chaque continent, des femmes témoignent. A vous de relayer leur voix. Ce challenge se déroule jusqu'en  décembre 2012, renouvelable chaque année pour ceux qui voudraient le continuer. Peu à peu sera constituée une liste des femmes de lettres du monde entier sur la colonne de droite.

 

  Dépôt des candidatures et des billets ici !

 

Forum pour déposer des noms d'auteures, ou des titres qui vous ont marqué !

 

Auteures d'Amérique latne       Auteures d'Amérique centrale   Auteures de Nouvelle-Zélande    Auteures d'Australie

 

Les femmes et la littérature

Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 17:33

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Sylvia Plath est née le 27 octobre 1932 dans le Massachussets, d’une famille d’origine allemande et autrichienne, et elle s’est donnée la mort le 11 février 1963 à Londres à l’âge de 31 ans. Ecrivaine américaine, elle a produit des poèmes pour l’essentiel, un roman autobiographique (The Bell Jar – en français, la cloche de détresse), dans lequel elle décrit sa première dépression, des nouvelles, des livres pour enfants et des essais.

Elle a fait des études brillantes à Smith  College et à Cambridge, en Angleterre. En 1940, son père meurt, événement dramatique qui marquera toute son œuvre.

En 1953, elle tente de se suicider et fait plusieurs séjours en établissements psychiatriques. Elle épouse Ted Hughes en 1956, poète à la réputation sulfureuse, admiré par les uns, honni par les autres. Elle sera mère de deux enfants.

 

Elle est devenue pour beaucoup de lecteurs dans le monde, une figure culte. Les féministes américaines ont vu dans son œuvre, « l’archétype du génie féminin écrasé par une société dominée par les hommes » (Wikipédia). Mais avant tout, ce qui fascine dans son œuvre, est peut-être cette empreinte de la mort, dont l’écriture est le témoin, à travers des métaphores sombres et puissantes, un chant mêlé de douleur et de désespoir, qui s’avérait peut-être prémonitoire.

Ses journaux de 1950 à 1962 ont été traduits et publiés chez Gallimard en 1 999.

En 1982, elle a été le premier poète de l’histoire à recevoir le Prix Pulitzer à titre posthume  pour une anthologie de ses œuvres (The collected poems).

 

Site sylviaplath.info

 

Oeuvres traduites en français

 

Aux éditions Gallimard :

La cloche de détresse

ca-ne-fait-rien !

Arbres d'hiver précédé de La traversée

Journaux (1950-1962)

Ariel

 

Le jour où Mr Prescott est mort, La Table Ronde

Carnets intimes, La Table Ronde

L'Histoire qu'on lit au bord du lit, Editions du Rocher

Lettres aux siens, volume 1 (1950-1956), Editions des Femmes

Trois femmes, Poème à trois voix, Editions des femmes

 

 

Par Anis - Publié dans : Les femmes et la littérature - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 7 traits de plume
Samedi 12 novembre 2011 6 12 /11 /Nov /2011 17:10

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Julia Kristeva « Colette un génie féminin éditions de l’aube 2O11 »

 

 

 femmes de lettresElle est née en Bulgarie, travaille et vit en France depuis 1966. Linguiste, sémiologue, psychanalyste, écrivain, elle est professeur à l'Institut universitaire de France (classe exceptionnelle, 1999), professeur émérite à l'Université Paris 7 - Denis Diderot, et enseigne dans l'UFR de Lettres, en se consacrant tout particulièrement à la littérature du XXe siècle. Elle est, par ailleurs, membre titulaire de la Société Psychanalytique de Paris, et membre du groupe des personnalités qualifiées de la section des relations extérieures du Conseil économique et social.
Elle enseigne régulièrement à l'Université de Columbia et à la Newschool à New York, à l'Université de Toronto, ainsi que dans d'autres universités aux Etats-Unis et en Europe. Ses livres sont tous traduits en anglais par Columbia University Press. (source : France Culture)

 

Julia Kristeva achève avec Colette (1873-1954) son triptyque consacré au “génie féminin”,  après Hannah Arendt (1906-1975) et  la psychanalyste Melanie Klein (1882-1960).

 

Pourquoi ce terme de“Génie féminin” ? Le génie dispenserait-il de la somme d’efforts et de travail que nécessite une œuvre ? Serait-il un destin pour certains au détriments d’autres ? Le génie s’attrape-t-il ? Julia Kristeva explique qu’il ne s’agit pas de sous-évaluer les déterminismes de l’Histoire , de la condition féminine ou des conditions sociales propres à une époque-mais de montrer comment ces femmes ont dépassé leur statut, et fait fi de leur condition pour réaliser leur liberté. Leurs destinées, malgré les soubresauts de l’histoire sont d’abord individuelles et singulières, accomplies dans l’urgence et la nécessité de la création.

C’est le postulat de départ avec lequel on peut être en désaccord, estimant que Colette, comme d’autres, fut d’abord l’enfant de son siècle. Julia Kristeva ne le conteste pas , elle entend le génie comme étant celui de chacun : "Chacun a son génie, car chacun a sa singularité."

 Julia Kristeva est écrivain, psychanalyste, professeur à l’institut universitaire de France et auteur de nombreux ouvrages traduits dans plusieurs pays.

Colette souffre encore aujourd’hui de l’image d’un écrivain un peu désuet, symbole d’une France surannée.  Cela est peut-être dû en partie à ses positions antiféministes puisqu’elle déclarait à Paris-Théâtre , le 22 janvier 1910  : « Moi féministe ? Ah !non ! Les suffragettes me dégoûtent. Et si quelques femmes en France s’avisent de les imiter,  j’espère qu’on leur fera comprendre que ces mœurs-là n’ont pas cours en France. Savez-vous ce qu’elles méritent les suffragettes ? Le fouet et le harem ! » A côté d’une Simone de Beauvoir, qui fut très engagée dans la modernité et dans le combat féministe, Colette apparaît en retrait, comme déconnectée des débats de son temps, elle qui fut et vécut en femme libre. Cet aspect se trouve renforcé également  par son « indifférence » politique et son comportement pendant la seconde guerre mondiale, puisque qu’elle collabora à des journaux tels que le Petit Parisien, pétainiste et collaborationniste et également à Gringoire qui se situait également à l’extrême droite de l’échiquier politique(pages 64,65). Ce qu’on lui reprocha amplement.

Julia Kristeva l’explique par son rapport à l’art et à l’écriture autant que son rapport à la mère, l’un étant indissociable de l’autre.

Car dit Julia Kristeva, Colette n’est pas une intellectuelle, qui tient son objet suffisamment à distance pour le connaître, mais elle est plutôt sur le mode de la « sublimation », s’appropriant l’objet maternel, dans un détachement de la pensée, une « immersion dans la sensorialité de la langue » p 59.

«  Je sais bien que je perds maman, dit-elle, mais je ne suis pas pressée de la quitter. Je veux éprouver le fonds de fusion/destruction qui nous lie, je veux sentir ses charmes et ses brûlures ; et si m’en détacher un jour, ce ne sera jamais qu’en saturant de saveurs, de parfums  et de sons ce souvenir qui nous contient et qui passe par notre langage commun, devenu ainsi seulement une parole sensible ».

Cette fusion ne permet pas la distance de l’intellect mais une autre voie par l’art et le style. Une réappropriation de ce qui est ou semble perdu. Enfin ceci est mon interprétation personnelle.

Ainsi dans ses expériences homosexuelles, Colette  inclura la rencontre avec la figure maternelle, en faisant une « jouissance féminine secrète, à objets interchangeables, éperdue d’innocence et de solitude qui la fascine. P 41 » La jouissance de l’écriture est une jouissance autre, qui s’organise et se ramifie à partir de la jouissance sexuelle elle-même ou de la libido, mais qui est au cœur de toute création, où la personne est « tous les sexes » et sujet de  toutes les sensations qui la traversent.

Si Colette n’est pas sensible à la géopolitique, elle est sensible aux destins individuels à travers l’histoire politique, aux drames humains. Et si elle se détourne du féminisme à l’époque, c’est peut-être qu’elle a conscience de la possibilité d’une surcharge  pour la femme émancipée ou la femme politique, qui  conduit beaucoup de femmes aujourd’hui à vivre exténuées et dépressives, assumant et voulant tout mais sans être déchargée pour autant des tâches que la société leur a attribuées depuis des siècles. Une femme toujours belle et disponible, enceinte et sexy ( ! entre le fourneau et la table à repasser). Ce que dit Colette peut-être, c’est qu’avant de changer de statut, il faut affranchir le sujet « femme », à travers sa créativité et son imagination, et l’inscrire dans une pluralité de liens. Le couple n’est peut-être pas sa destinée, ni l’amour…

Le plaisir de vivre est pour Colette un plaisir des sens et un plaisir des mots ; il ouvre aux femmes de larges horizons, ne les cantonne en aucun lieu, et ne les destine à personne… Colette est écrivain et femme et  appartient aussi à la culture du paraître de son temps. Sa carrière de mime et de comédienne, lui a donné à mon avis, cette première expérience du texte qui prend corps, qui est le corps et invente notre modernité.

Critique par Eva Domeneghini

 

Julia Kristeva est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages, romans et essais parmi lesquels : Étrangers à nous-mêmes (Fayard, 1988), Les Samouraïs (Gallimard, 1992), Les Nouvelles Maladies de l'âme (Fayard, 1993), Possession (Fayard, 1996), Sens et non-sens de la révolte (Fayard, 1996), La Révolte intime (Fayard, 1997), Le Génie féminin : Hannah Arendt, tome 1 (Fayard, 1999), Melanie Klein, tome 2 (Gallimard, 2003), Colette, tome 3 (Fayard, 2002), La Haine et le Pardon (Fayard, 2005), Meurtre à Byzance (Fayard, 2004), Pouvoirs et limites de la psychanalyse, tomes I, II, III (Fayard, 1996/1997/2005), Seule, une femme (éditions de l'Aube, 2007), Colette : un génie féminin (éditions de l'Aube, 2007), Cet incroyable besoin de croire (Bayard, 2007).

 

Challenge Colette

 

Par Anis - Publié dans : Les femmes et la littérature - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 2 traits de plume
Samedi 28 mai 2011 6 28 /05 /Mai /2011 10:26

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Virginia Woolf – Une chambre à soi -10/18 – Denoël, 1977

 

En 1928, chargée de faire l’ouverture d’une conférence sur le féminisme en traitant du thème « Les femmes et le roman », Virginia Woolf évoque dans ce court pamphlet, comment les femmes, placées sous la dépendance spirituelle et économique des hommes, ont été empêchées d’écrire.

Dans ce livre, on entend véritablement la voix de Virginia Woolf. Peut-être parce qu’il a été écrit pour être dit et possède de ce fait une oralité propre. Une voix vibrante, exaspérée parfois, ironique. Une voix bouleversante et quelquefois prophétique. Un texte qui redonne sa mémoire aux femmes, qui les lie à cette lignée d’ancêtres, à cette longue lignée de femmes épouses, ménagères, filles, mères,  et qui ne furent  rien d’autre que cela.

Elle imagine parcourir les rayons d’une bibliothèque à d’Oxbridge, lieu imaginaire, où seuls les étudiants et les professeurs ont le droit de marcher sur la pelouse, les femmes devant se contenter du gravier. Et elle témoigne de sa propre colère devant les déclarations de ce professeur qui encore en son temps stipulent que les femmes sont intellectuellement, moralement et physiquement inférieures aux hommes. Elle s’interroge : pourquoi cet homme est-il ainsi en colère contre les femmes ? S’il insiste ainsi sur leur infériorité, n’est-ce pas pour prouver sa propre supériorité et ainsi établir son autorité ? Et la femme n’est-elle pas ce miroir indispensable dans lequel il peut contempler son incontestable supériorité ?

Accéder à l’égalité des droits et des statuts est se libérer de cette tutelle qui vous assigne à la seule fonction de miroir pour devenir soi-même maître de sa vie et de ses choix. Pour cela, les femmes doivent accéder à l’indépendance économique et financière qui permet de décider des orientations de sa propre existence. Une femme qui veut écrire doit posséder les moyens d’assurer sa subsistance pendant qu’elle écrit et qu’elle n’est pas encore publiée. Elle doit aussi posséder une chambre à elle, un lieu où elle peut se réfugier pour travailler sans être interrompue. D’ailleurs, elle explique que c’est une des causes de la prédilection des femmes pour le roman : on peut l’écrire dans une pièce commune, où l’on vous interrompt fréquemment car son écriture nécessite moins de concentration que la rédaction d’un essai.

Elle remarque que si les personnages féminins envahissent la littérature écrite par les hommes, les femmes, elles, sont étrangement absentes de l’Histoire. On n’a pratiquement aucun témoignage des femmes avant le XVIIIe siècle car elles n’écrivaient ni poèmes, ni mémoires, à peine quelques lettres. Il n’existe pas non plus, regrette-t-elle, d’Histoire des femmes qui pourrait nous renseigner sur les conditions d’existence de ces dernières mais ce qui est sûr c’est qu’elles étaient et mariées  et assujetties très tôt à tous les travaux domestiques.

Les quelques femmes qui auraient voulu se révolter et assumer une vie libre, n’auraient pas résisté à la pression psychologique, au déchirement, à la solitude, à la réprobation sociale et à l’exclusion qui en découle. Les femmes devaient se battre contre l’image qu’on leur renvoyait d’elles-mêmes car dès leur berceau, on leur assenait qu’elles étaient inférieures, qu’elles ne pouvaient faire ni ceci, ni cela. Comment être assuré de soi-même et de ses capacités dans ces conditions ?

Les femmes ont pu commencer à devenir des écrivains à part entière quand elles ont pu gagner de l’argent en étant publiées. C’est ainsi que Jane Austen et Emily Brontë purent écrire. Elles le firent à leur manière, comme écrivent les femmes,  dit Virginia Woolf et non comme des hommes. Elles furent sourdes aux conseils qui disaient aux femmes ce qu’il fallait écrire et comment. Virginia Woolf pense à son époque que l’esprit d’une femme est différent de celui d’un homme, bien qu’ils soient égaux en dignité et en valeur. Elle utilise la métaphore de l’allure et de la démarche. Ce que l’on vit, les épreuves que l’on traversent, travaillent l’esprit différemment, comme l’eau travaille le lit de la rivière. En ce sens,  il  y a bien une écriture féminine. Non qu’elle soit d’une essence différente mais seulement parce qu’elle est travaillée de l’intérieur par des sensations, des expériences intérieures, et des conditions de vie différentes. Elle a une vision parfois différente et élargie parce que ses expériences lui ouvrent des champs de possibles différents.

 Mais il y a fort à parier que lorsque les femmes auront leur liberté de mouvement, elles répartiront différemment leurs ressources et leur énergie, et écriront différemment. Mais en femme de son temps, elle insiste plus sur les différences que sur les ressemblances et en matière d’éducation se révèle très conservatrice.

Les choses changent cependant, et il sûr qu’un jour les femmes pourront bénéficier d’une indépendance intellectuelle parce qu’elles accèderont à l’indépendance matérielle. Et Virginia Woolf prophétise : « Logiquement elles participeront à toutes les activités, à tous les emplois qui leur étaient refusés autrefois. » Elles auront alors une chambre à soi, où elles pourront écrire.

           

  coup de coeur

Par Anis - Publié dans : Les femmes et la littérature - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 6 traits de plume
Dimanche 15 mai 2011 7 15 /05 /Mai /2011 19:17

 

 

 

 

4841303739_0402c54aa7.jpgDans la littérature, majoritairement écrite par des hommes jusqu’au XIXe siècle se déploie un imaginaire autour de deux figures clivées de la religion chrétienne : Eve la pécheresse et Marie la rédemptrice.
Ces deux figures se retrouvent dans la littérature dans deux figures opposées mais complémentaires de la mère, celle de la mère aimante et protectrice et la marâtre des contes, mauvaise mère, indifférente ou cruelle. De même dans le domaine des relations amoureuses, l’épouse chaste et vertueuse qu’on ne désire pas renvoie à l’image de la maîtresse qu’on n’épouse pas et qu’on ne respecte guère mais que l’on désire. L’espace érotique ou fantasmatique quant à lui  s’articule autour de deux figures : la muse qu’on ne possède jamais mais qui guide la plume de l’écrivain et la putain qu’on ne possède que pour de l’argent. Dans la littérature contemporaine écrite par des femmes, le personnage s'inverse. Je pense à Virginie Despentes et à Nawal El Saadawi que je viens de lire récemment, pour lesquelles le personnage de la prostituée incarne la femme qui ne peut être possédée : "Prostituée [...] Je protégeais mon être en soustrayant ma personne profonde et je livrais à l'homme un corps vide et insensible." On retrouve ces deux pôles dans les figures de la méchante sorcière et de la bonne fée.

Chaque niveau interpénètre tous les autres : ainsi l’épouse vertueuse a la beauté et la grâce d’une fée, s’accomplit dans le rôle de mère aimante et douce tandis que la maîtresse joue parfois à la putain, manipule son amant en se servant de l’appétit de ses sens, le mène par le bout du nez, cruelle et parfois machiavélique à l’instar d’une sorcière.

La Femme parfaite est tout cela à la fois ; c’est ce qu’on appelle le mythe de l’éternel féminin. Chaque femme est à la fois maman, putain, sorcière ou fée selon les moments et les désirs des hommes.

En ce qui concerne les femmes réelles, c’est un peu plus compliqué !

 

          Selon Cédric Erard et Garance Kutukdjian, auteurs d’une anthologie regroupant des textes de l’histoire littéraire autour de ces thèmes, le personnage de la mère n’est pas vraiment un motif littéraire, si l’on excepte Fantine, mère exceptionnellement aimante des Misérables qui vendra ses dents et sa chevelure pour procurer quelque argent à sa fille, ou la mère de L’enfant de Jules Vallès qui fouette son fils chaque matin avant d’aller à l’école.

La mère du narrateur d’A la recherche du temps perdu, est une exception en ce qu’elle représente une « figure protectrice, apaisante, un point de repère stable ».

Dans la littérature contemporaine et traduite, la mère de Karitas, sans titre, est une véritable héroïne des temps modernes, figure féministe s’il en est, puisqu’elle se battra pour assurer l’éducation et la scolarité à tous ses enfants et notamment à ses filles dans l’Islande du début du siècle.

            Les relations mères/filles sont par contre largement exploitées dans des registres opposés : celui de l’amour idéal,  doux et fusionnel et celui de la rivalité amoureuse. La correspondance de la Marquise de Sévigné avec sa fille (rééditée dans la collection folio femmes de lettres) est un exemple du premier, comme du second car leur relation ne fut pas sans nuages, et la beauté de Mme Grignan, louée par ses contemporains, ne dut pas manquer de faire ombrage à sa mère.

            Les figures des épouses et maîtresses sont légion dans la littérature, de la Farce du Moyen-Age jusqu’aux romans contemporains où elle prend la figure de l’Autre femme, en passant par la littérature populaire du XIXe siècle où elle est largement exploitée. Entre l’amour pur et la passion physique, il n’y a pas de circulation possible jusqu’au XIXe siècle car l’éducation, ou plutôt le manque d’éducation sexuelle des filles de bonne famille en fait des gourdes dans le domaine des arts de l’amour. Leur rôle de mères aimantes et toute dévouées à leurs enfants s’accommode mal d’un érotisme brûlant. D’ailleurs la religion chrétienne ne tolère le commerce charnel qu’en vue de la reproduction et le plaisir est-il interdit. Cela résout la question. La femme respectable n’a pas d’orgasme. Entre l’amour spirituel ou l’amour charnel, il faut choisir.

            Les auteurs déjà cités évoquant Julie ou La Nouvelle Héloïse de Rousseau, remarquent que l’héroïne, si elle est amante et épouse ne l’est pas avec le même homme et elle n’accède à sa fonction maternelle qu’en renonçant à l’amour.

Barbey d’Aurevilly, exaspère encore cette opposition et dans Une vieille maîtresse montre un personnage déchiré entre son amour platonique pour Hermangarde de Polastron (remarquez, avec un nom pareil), et la passion charnelle qu’il éprouve pour sa vieille maîtresse depuis plus de dix ans. La première est blonde et éthérée, la seconde brune et volcanique. Comme l’on sait, ces clichés seront reconduits à satiété.

            Comme on l’a vu, la femme idéale est hors d’atteinte, pour la bonne raison qu’elle n’existe pas, elle est sur un piédestal, prend la figure de la muse pour le poète, femme éternelle et passive. Elle est la réplique de Marie, restée chaste dans son immaculée conception. Elle consacre la domination masculine car les hommes sont nécessairement dans le domaine de l’action, dans un monde sur lequel ils ont prise, hors du foyer, qui est le domaine de la mère et de l’épouse.

            Les putains sont nombreuses en littérature, Nana est l’une des plus célèbres. Femme vénale comme Nana, ou femme perdue comme Fantine des Misérables, elle possède une ambivalence que l’on retrouve chez Baudelaire, dans ce poème magnifique, A une mendiante rousse, mais aussi dans le personnage de Boule de Suif de Maupassant. Elle représente la part bestiale de l’homme, sa part mauvaise et inavouable, son commerce avec le diable car dans l’amour tarifé, seuls comptent le plaisir et la jouissance. 

            La fée a un lien avec la divinité par les pouvoirs qui lui sont donnés, figure païenne par excellence, elle est la femme perçue comme être magique, dans son pouvoir d’enfanter et de donner la vie. Délivrée des vertus guerrières qui sont seules réservées aux hommes, elle est toute douceur et bienveillance, apaise et guérit. La sorcière, elle,  est du côté du diable et des mauvais esprits. Ces deux personnages n’ont pas toujours été aussi tranchés dans l’histoire. « L’être faé » est un terme neutre et peut s’incarner dans une gente dame comme dans un preux chevalier au Moyen Age.

Dans l’antiquité, Circé dans l’Odyssée d’Homère est une magicienne qui change les compagnons d’Ulysse en pourceaux, Cassandre, princesse troyenne a reçu d’Apollon le don de prophétie et Médée, est la magicienne qui aida Jason à enlever la Toison d’Or. Elles peuvent être de précieuses auxiliaires si l’on prend garde à ne pas les courroucer.

            La sorcière de Jules Michelet est un texte très intéressant à cet égard, car il évoque ces figures, ainsi que celle de Sibylle qui dans l’antiquité était une devineresse, une femme inspirée qui prédisait l’avenir. Elle a la figure de la belle vierge. Michelet rappelle également que pendant longtemps la figure de la sorcière fut la seule guérisseuse car elle connaissait le remède des plantes, et donc les secrets de la nature, plus proche de la nature par sa puissance d’enfanter.

 

 

La littérature contemporaine, dans les romans écrits par des femmes repense cette figure de la sorcière dans ses aspects les plus dynamiques et les plus positifs. Je pense notamment à Cœur cousu  de Carole Martinez mais aussi à des romans latino-américains, influencés par le réalisme magique, comme Chocolat de Laura Esquivel.

La sorcière est un être double, dont la puissance peut être contrôlée et mise au service de la vie, mixte particulièrement réussi de ces deux figures antagonistes de la sorcière et la fée, pour un temps réconciliée.

 

 

Des femmes

 

 

Virginie Despentes - King Kong Théorie 

Mme de Sévigné : une mère passionnée 

 Des femmes en littérature (1/5)

Par Anis - Publié dans : Les femmes et la littérature - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 3 traits de plume
Samedi 30 avril 2011 6 30 /04 /Avr /2011 11:28

Dans sa préface à ce recueil de textes édités sour le titre "Femmes de l'être", Serge Guérin, président du MOTif écrit :

 

"L'histoire de la littérature et de l'écrit ne relève pas seulement de l'art : c'est aussi un mode majeur de transmission des valeurs, donc un enjeu de pouvoir. D'ailleurs longtemps l'écrit fut réservé aux hommes. Du moins à certains. Aujourd'hui encore, la visibilité des écrivaines reste minoritaire et leur reconnaissance minorée. L'écriture est-elle vaine ? L'écrit est-il vain ? Non. le féminisme lui doit beaucoup."

 

 

Le MOTif est l'observatoire du livre et de l'écrit, organisme associé de la Région Ile-de-France. (www.lemotif.fr)

 

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Par Anis - Publié dans : Les femmes et la littérature
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 1 traits de plume
Vendredi 25 mars 2011 5 25 /03 /Mars /2011 18:39

Misogynie 2            Laure Limongi  lors de la conférence « Le milieu de l’édition est-il misogyne » a présenté son travail d’éditrice pour faire redécouvrir l’œuvre d’ Hélène Bessette, romancière française née le 31 août 1918, injustement oubliée après une brève période de gloire. Raymond Queneau la considérait comme un auteur majeur du XXe siècle !  Pendant de nombreuses années, ses romans figureront sur les listes du prix Goncourt. Elle fut admirée par des écrivains comme Marguerite Duras, Nathalie Sarraute, ou  Simone de Beauvoir. Laure Limongi s’est particulièrement investie pour faire sortir son œuvre de l’oubli , en publiant un inédit, Le Bonheur de la nuit, ainsi qu'une série de rééditions : maternA, Ida ou le délire, Suite suisse, aux éditions Léo Scheer.

Dans la revue de presse qui lui est consacrée, on lit,ces mots de  Marguerite Duras: « la littérature vivante, pour moi, pour le moment, c’est Hélène Bessette, personne d’autre en France. » Elle montra toujours une vive admiration pour l’œuvre de Bessette, et fit de son mieux pour la faire connaître. Cependant le succès ne fut pas au rendez-vous et son oeuvre resta confidentielle peut-être parce qu'elle était difficile, dynamitant les styles académiques et traditionnels sous la forme de "romans poétiques" ou comme l'explique Laure Limongi parce qu'elle était désargentée et sans réseau. Elle dénonçait la place cruelle de la femme dans la société, notamment dans un de ses romans MaternA.

 

           Ainsi toutes les héroïnes  dans cette histoire portent des noms se terminant en A : BrittA, GrittA, DjeminA,  MonA et travaillent dans une école maternelle. Ce métier, féminin par excellence (dans le contexte des années 1950), est pour elles une sorte de prison qui exacerbe leurs rivalités  et fait apparaître leurs fragilités et les stratégies désespérées, parfois cocasses qu’elles mettent en place pour survivre. Du personnage de la directrice passionnée, dévouée à sa mission d’éducatrice,  à la nouvelle collègue, qui parce qu’elle n’entre pas dans le moule devient le bouc émissaire du petit groupe, se dessinent des portraits de femmes, chacune jouant sa partition dans la critique sociale que l'auteure orchestre dans ce roman.

 

Hélène Bessette est morte en 2000, oubliée de tous.

   

Le Bonheur de la nuit, Éditions Léo Scheer, Coll. Laureli dirigée par Laure Limongi, 2006 (postface de Bernard Noël).
maternA, rééd., Éditions Léo Scheer, Coll. Laureli , 2007.
Suite Suisse, rééd., Editions Léo Scheer, Coll. Laureli, 2008 (postface de Florence Giorgetti et Robert Cantarella).
Ida ou le délire suivi de Le Résumé, Éditions Léo Scheer, Coll. Laureli , 2009.
Par Anis - Publié dans : Les femmes et la littérature - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 1 traits de plume
Mardi 22 mars 2011 2 22 /03 /Mars /2011 20:23

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  Laure Limongi (éditrice),  Christine Détrez (sociologue), Nathalie Lacroix (libraire),

 

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  Joy Sorman (auteur), Jean-Marc Roberts (éditeur)

 

Le monde de l’édition est-il misogyne ? C’est la question à laquelle ont tenté de répondre Laure Limongi (éditrice), Joy Sorman (auteur), Nathalie Lacroix (libraire), Jean-Marc Roberts (éditeur), Christine Détrez (sociologue) en partenariat avec Causette.

 

« Le milieu littéraire est-il misogyne ?
En apparence le monde littéraire est un des moins misogynes qui soit, les femmes y sont très présentes, que ce soit dans l'édition ou parmi les auteurs. A y regarder de plus près les choses sont un peu plus compliquées et la répartition des rôles pas toujours égale. Quelles places occupent les uns et les autres? Quel prestige, quelle reconnaissance, quelle image? Les femmes ont-elles vraiment une place privilégiée dans le monde littéraire, ou au contraire un rôle assigné, délimité, contraignant? Autant de questions que ce débat vise à soulever. »

Les femmes sont très présentes dans le monde de l’édition et représente la majorité des salariés. Pourtant quel rôle jouent-elles, est-il délimité à certaines taches ou à certains postes, quelle place occupent-elles dans la hiérarchie ?

 

A vrai dire, la misogynie est plutôt moins présente dans le milieu de l’édition que dans d’autres milieux mais il faut envisager plusieurs niveaux de différenciation. Si il y a plus de femmes que d’hommes qui écrivent, ce quotient s’inverse au sommet de la pyramide. Les postes à responsabilité qui déterminent les choix en matière de publication ou de ligne éditoriale sont détenus par des hommes. Ainsi, les auteurs masculins obtiennent davantage de prix littéraires, observe Christine Détrez.

 

Joy Sorman ajoute qu’il y a un processus de non-prise de parole des femmes qui s’autocensurent. D’une part, on peut remarquer qu’il y a une partition de genre et que l’autofiction est davantage « fabriqué » par les femmes, la sphère du privé étant le domaine qui leur est plus particulièrement réservé. D’autre part, il y aurait des sujets plus spécifiquement féminins, ainsi peu de femme écrivent sur le rap.

            L’écriture est aussi conditionnée par le public auquel elle s’adresse. La Chick-litt est destinée aux filles mais relève davantage selon Joy Sorman d’un phantasme d’éditeur masculin et de représentations commerciales. Les lecteurs et les lectrices s’amusent aussi à brouiller les pistes, et la littérature manga  dans sa catégorie destinée plus spécifiquement aux garçons est aussi beaucoup lue par les filles. La réception des œuvres, en fait, n’est pas aussi séparée que cela.

 

Jean-Marc Roberts (éditeur) raconte qu’ Annie Ernaux et Christine Angot sont appelées par leur prénom alors qu’il ne viendrait à l’idée de personne de faire la même chose pour un auteur masculin.

 

Des tentatives ont été faites de recruter à parité hommes et femmes sur des postes à responsabilité mais on s’est aperçu au fur et à mesure que seuls les hommes restaient. Les femmes n’étaient pas là au moment des promotions parce qu’elles avaient des enfants et ne trouvaient pas de relais dans leur vie familiale ou sociale (manque de crèches ?)

 

Christine Détrez (sociologue) indique également qu’il est très difficile pour des étudiantes de mener une thèse sur le genre car les professeurs habilités, en majorité des hommes ne sont pas intéressés par ce genre de sujet. Il y a eu également la crainte chez les chercheurs qu’à investir des travaux sur le genre, on ne laisse de côté les inégalités sociales. Ce n’est pas la même chose d’être une femme de milieu aisé ou de milieu populaire.

 

Nathalie Lacroix (libraire) du comptoir des mots souligne qu’il a fallu attendre 5 ans pour que le livre de Judith Butler, Trouble gender soit traduit en français. Et aujourd’hui le genre est un sujet plutôt travaillé par des femmes. Dans le domaine de la librairie, si les employées sont surtout des femmes, les patrons sont des hommes et les éditeurs sont des hommes dans la grande majorité des cas.

 

Peut-être alors faut-il mettre la pression.

 

Laure Limongi (éditrice) pense que malgré tout les choses avancent, qu’un changement se fait et que nous sommes sur la bonne voie.

Les femmes ne doivent pas se cantonner à un domaine, elles doivent investir tous les domaines où sont les hommes. C’est pourquoi une démarche comme celle du Chèvrefeuille étoilé qui n’édite que des femmes est plutôt une ghettoïsation.

 

Jean-marc Roberts avoue qu’il ne fait pas attention au genre quand il publie un livre. Ce qui compte c’est le contenu. Il est contre l’idée de quotas

 

Joy Sorman souligne que  l’histoire du féminisme est récente , 40 ans à peu près et qu’eu égard à cette très courte histoire, on a beaucoup avancé depuis Virginia Woolf et « Une chambre à soi ».

 

Le journaliste de Causette conclue  en disant que leur équipe est pour un féminisme joyeux qui favorise un retour des uns avec les autres et je suis d’accord avec lui.

Par Anis - Publié dans : Les femmes et la littérature - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 1 traits de plume
Dimanche 20 mars 2011 7 20 /03 /Mars /2011 21:30

En quête d’un refuge animée par Xavier Houssin, écrivain, éditeur et chroniqueur pour Le Monde et France Culture

 

Dimanche 20 Mars 2011 De 11:00 à 13:00

Thème(s)

Axe Lettres Nordiques

En présence de Helle Helle, Hanne Orstavik et Anne Sward animée par Xavier Houssin, écrivain, éditeur et chroniqueur pour Le Monde et France Culture

 

Voici quelques dialogues croisés entre ces trois merveilleuses écrivaines, résumés et donc forcément quelque peu trahis, mais l’essentiel je pense est là.

J’ai été très touchée par ce qu’a dit Hanne Orstavik qui m’a vraiment fascinée.

 

 

helle-Helle.jpg     Hanne-Orstavik.jpgAnne-Sward-copie-1.jpg

 

Helle Helle « Chienne de vie », Hanne Ǿrstavik « Amour », Anne Sward «  Incendie » à paraître en septembre dans la traduction française.

 

Anne Sward  parle du climat et du rôle qu’il joue dans ses romans. Le froid joue le rôle d’un étau qui oblige les gens à se frotter les uns aux autres. Le feu s’oppose à la glace, comme le sud s’oppose au nord. Les sensations et les sentiments sont importants, ils s’accordent au temps qu’il fait mais aussi aux paysages.

 

Hanne explique qu’elle ne sait pas ce que ressent son personnage principal et les autres plus secondaires. Mais ce qui est important n’est pas ce qu’ils font, ni ce qu’ils disent, mais ce qu’il y a en-dessous. Il faut explorer à côté des mots, entre les mots, sous les mots. Une des deux autres écrivaines espère que le lecteur va lire la même histoire que celle qu’elle a imaginée.

 

Peut-être qu’au fond il n’y a pas d’inspiration, mais qu’écrire c’est comme être confiné dans une pièce et ne pouvoir faire autrement que regarder les gens, alors parce qu’on ne peut rien faire d’autre, on imagine ce qu’ils vivent ou ce qu’ils sentent, ce qui leur est arrivé.

 

Le roman c’est aussi l’art de la mémoire, on écrit avec ses sentiments, ses blessures (Anne Sward).

 

Et puis de toute façon, quand on écrit, on n’a pas beaucoup le choix. Le livre que j’écris va m’apporter quelque chose et j’écris pour apprendre cette chose. Donc il est important d’écouter.

 

Le langage parfois est impuissant ou alors il montre les limites de la communication, voire son absence.

A travers la littérature on expérimente quelque chose, c’est comme entrer dans une image ou un espace. On y entre et on y est avec tout son être. On se risque en lisant. On peut être ouvert aux blessures, se permettre d’être vulnérable, car on n’a pas besoin de se protéger. On peut entrer dans des espaces ou normalement il est difficile d’entrer. (Hanne Orstavik).

 

Quand on écrit ou quand on lit , on se transforme en quelqu’un d’autre. On peut devenir quelqu’un d’autre, sortir de soi, devenir quelqu’un d’autre, plus vivant. Il y a une réelle maîtrise des mots, ils prennent d’ailleurs le pas sur l’histoire. Ils en prennent le contrôle. La langue elle-même a la maîtrise des événements.(Helle Helle)

 

Mais rien, c’est vrai n’est aussi difficile que la communication. Un personnage a beaucoup de langage, et l’autre très peu par exemple. Alors la communication devient impossible, il faut être sur un même niveau.(Anne Sward).

 

Un personnage (Chienne de vie) peut s’oublier et devenir les autres. Il s’habille avec les vêtements des autres. Ces personnages-là ne sont pas très solides à l’intérieur d’eux-mêmes.

Ce sont des personnages de la débrouille, et de la marge assez loin du modèle scandinave. Elle dit que c’est ceux qu’elle connaît avec lesquels elle a grandi. Pour ces personnages, cela ne peut pas aller mieux. Ils font partie de ces gens à qui ils arrivent ce qui arrive parce qu’ils ne font pas ce qu’il faut. Mais finalement, ils ne s’en tirent pas si mal.

 

            Les livres se passent autre part. Il faut aller là où ils sont. Elle essaye de dire quelque chose sur le langage qui n’est pas dans ce qui se passe mais dans le silence, le vide, le froid ((Hanne Orstavik). C’est dangereux le livre, il faut se risquer, car le personnage pourrait être toi ou moi.

Par Anis - Publié dans : Les femmes et la littérature - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 4 traits de plume
Dimanche 27 février 2011 7 27 /02 /Fév /2011 21:55

Des-femmes-en-litterature.jpg

Je me rends compte aujourd’hui que je ne me suis jamais demandé pourquoi j’étudiais uniquement les œuvres d’auteurs masculins à l’école et que pratiquement aucun nom d’auteur féminin ne me venait à l’esprit quand je considérais les siècles passés. Je pensais certainement comme beaucoup que les femmes avaient très peu écrit à cause de leur condition qui le leur interdisait et du manque d’éducation. Il fallait attendre la libération des femmes et Simone de Beauvoir  pour que les femmes aient pleinement accès à l’écriture.

            Je comprends aujourd’hui que l’effacement progressif des femmes dans l’histoire littéraire a été un acte politique au sein de sociétés où des rapports de domination s’exerçaient au détriment des femmes.

            Simone de Beauvoir elle-même méconnaît cette histoire, considérant que l’exercice de la littérature est essentiellement masculin et que les femmes avant de prétendre être les égales des hommes dans ce domaine doivent se libérer de leurs servitudes (les tâches domestiques, la maternité, etc). Sa position universaliste lui interdit l’exploration et la réflexion sur le genre comme condition d’accès à la littérature. Elle ne cherche pas à déconstruire les concepts, à envisager leur phallocentrisme.

            Ce n’est que dans les années 70 avec Hélène Cixous et Luce Irigaray que l’écriture sera interrogée dans son rapport au corps féminin, non pour l’y circonscrire mais pour en transcender les limites. Grâce aux études anglo-saxonnes, l’histoire des femmes sera réévaluée dans tous les domaines de la création. Il ne s’agit pas de chercher une écriture propre aux femmes mais de comprendre comment leur histoire et leur condition a influé non seulement sur leur création mais aussi sur la réception de leurs œuvres et comment ces œuvres ont été marginalisées.

Mais pour cela fallait-il encore que les femmes écrivissent, ce qui n’était pas évident tant on les en décourageait. D'ailleurs les rares femmes qui écrivaient étaient au XVIIe des nobles puisque seules celles-ci avaient reçu une éducation qui même si elle était relativement pauvre dans les couvents de l'époque ne leur en donnait pas moins les rudiments de la lecture et de l'écriture. Celles qui avaient cette prétention subissaient la pression symbolique de toute une société patriarcale qui considérait que non seulement les femmes n’avaient ni suffisamment d’esprit ni assez d’éducation pour le faire mais qu’elles risquaient à cause de leur activité littéraire abandonner leurs tâches domestiques et négliger leur foyer et leurs enfants. Elles devenaient ainsi des putains et des monstres.

            Mme de Staël le remarque déjà, les femmes risquent « se distraire de leurs devoirs naturels et entrer en rivalité avec les hommes. »

            Une femme doit savoir rester à sa place et être digne des qualités propres à son sexe : pudeur, réserve et discrétion et ne pas devenir une sorte de prostituée par la publicité qui est offerte à son nom lorsqu’elle devient auteure.

            Il s’agit de maintenir les femmes dans le domaine étroit de la vie domestique. Certains proposeront même au lendemain de la Révolution de les empêcher d’apprendre à lire. L’espace littéraire se définit ainsi comme un champ de forces dans lequel jouent à plein des rapports de domination et de sujétion.

            Mais lorsque les femmes malgré toutes les pressions qu’elles subissent s’obstinent à écrire, une autre stratégie consiste à les cantonner dans des styles et des genres qui les empêchent de rivaliser vraiment avec les hommes.

            Des tentatives sont ainsi faites de définir une écriture féminine ou des genres dans lesquels la femme auteure excellerait du fait de sa nature. Les femmes auteures elles-même vont dans ce sens comme Germaine de Staël qui remarque que les femmes excellent dans les œuvres d’imagination et la peinture des sentiments.

            Ainsi c’est entendu depuis le milieu du XVIIe siècle, les caractéristiques naturelles de la femme, sa vivacité, sa mobilité, sa sentimentalité et son goût du détail impriment à son écriture les caractères indélébiles de son sexe !

 

 

Par Anis - Publié dans : Les femmes et la littérature - Communauté : La littérature au féminin
Quelques mots de vous... - Le livre d'or : les 3 traits de plume
Samedi 5 février 2011 6 05 /02 /Fév /2011 18:26

Destins de femme

Destins de femmes dans le roman populaire en France et en Angleterre au XIXe siècle de Pascole Hustache Editions Dittmar – Essai Littérature -2009

 

 

          Ce livre est passionnant à bien des égards et j’en recommande particulièrement la lecture pour l’intelligence et la finesse du propos mais aussi pour la profondeur des analyses que mène Pascale Hustache en prenant pour objet d’étude les romans populaires en France et en Angleterre au XIXe siècle et l’image de la femme qu’il véhicule.

        Le roman populaire par le biais de feuilletons diffusés dans les journaux visent à toucher un vaste public de bourgeois et d’ouvriers qui se passionnent pour ces histoires à épisodes pleines d’aventures et de rebondissements. Les impératifs commerciaux incitent le feuilletoniste à satisfaire aux goûts de ses lecteurs et à bâtir ses intrigues à partir de schémas répétitifs et facilement compréhensibles pour la majorité de ses lecteurs.  De ce fait, ce genre de romans ne vise pas à contester l’ordre établi qui est l’ordre bourgeois et la morale essentiellement chrétienne qui préside au destin des femmes et des hommes des sociétés françaises et anglaises qu’il examine. Même s’il dénonce parfois, chez Eugène Sue et Wilkie Collins, certaines injustices, il ne prône aucun remède.

L’ auteure montre comment il va véhiculer les représentations mentales et symboliques de son époque, se posant en moraliste , stigmatisant les écarts de conduite des jeunes filles ou des femmes de la noblesse et de la bourgeoisie, et précipitant leurs héroïnes dans la déchéance ou le malheur.

S la jeune fille ne doit pas transgresser les tabous sexuels, la femme mariée se trouve le plus souvent réduite à son rôle d’épouse, dépendante de ses relations avec les hommes et du statut social qu’ils lui offrent. Dans son statut de mineure, elle est dépossédée du droit de disposer sinon de sa fortune, du moins de son corps et de ses sentiments. Sa grandeur est dans le sacrifice qu’elle consent au bonheur et à la stabilité de sa famille, hors de ce rôle point de salut ! Quand à sa vie sexuelle, destinée à la reproduction et à la conservation de l’espèce, elle en est dépourvue.

D’autres s’en chargent pour elles, car le moralisme hypocrite du roman populaire ne nie pas le rôle d’exutoire que jouent les prostituées et les courtisanes, dans cette société rigide et hiérarchisée. Quant aux filles du peuple, si elles doivent suivre le modèle de la bourgeoise et essayer de rester « pures », c’est-à-dire de préserver leur virginité, une partie d’entre elles, acculée par la misère ou l’exploitation de leurs patrons, sera destinée à jouer le rôle de simples objets sexuels. Ce qui démontre le statut extrêmement fragile de la femme bourgeoise ou noble à cette époque, réduite à être possédée et « vendue » dans des mariages d’intérêt, privée d’autonomie et de liberté. Quant aux autres, elles sont soumises, par leur condition sociale, à la violence et parfois à la misère faisant d’elles des prostituées ou des meurtrières (voir la veuve Martial dans les Mystères de Paris). Parce que le genre dissocie le sexe et le sentiment, toute union est vouée à l’échec. La sexualité est une donnée de la nature que nul interdit ne peut totalement juguler, en tout cas chez l’homme, la femme « honnête » étant priée tout simplement de s’en passer.

Le roman populaire, non seulement reproduit ces schémas mais les enracine en les reproduisant et en les martelant dans les productions en série de cette époque. Pascale Hustache le démontre par de nombreux exemples chez Ponson du Terrail et sa série des Rocambole, Wilkie Collins et bien d’autres.

 

Son talent est de montrer comment ce genre réussit « à rassembler le plus grand nombres de gens autour de schémas simples »[1] qui deviendront la règle du divertissement populaire, et à présenter la femme comme l’autre, l’ennemie, celle qui par sa malice et sa ruse, met en péril l’ordre établi et qui par conséquent doit être « contrôlée ». Le petit écran aujourd’hui reproduit à satiété des modèles comportementaux féminins stéréotypées offerts comme modèles aux jeunes filles …

 

Dans le roman populaire et à travers ses personnages de criminelles, il dévoile les artifices de la malice et de la perversité féminine inhérente à la nature de la femme, puisqu’il est admis depuis Pandore et sa malencontreuse boîte, relayée par Eve et sa pomme tentatrice, que la femme fait le mal car tel est son penchant. Et si elle n’est pas surveillée étroitement par son mari, son chaperon, ou par Dieu, elle commet délibérément des actes cruels et interdits.

Aussi les seules femmes qui ont quelques libertés de déplacement ou d’actions sont les aventurières qui transgressent les codes sociaux en vigueur, en révélant des traits de caractère réservés habituellement aux hommes, en adoptant des vêtements pratiques qui n’entravent plus leur démarche et en agissant en dehors du cercle familial. Mais ces héroïnes sont vites ramenées à la raison et dans le droit chemin par un mari providentiel, ou le couvent !

Ainsi le roman populaire s’érige en censeur et moraliste, véhicule et renforce les préjugés de son temps, définit les rôles et se sert des codes en vigueur dans la société dans laquelle évolue ses personnages. Il se révèle relativement conformiste, désireux de plaire et de vendre. Il dit ce qui se fait et ce qui ne se fait pas, donnant à voir ce qui arrive à celles qui oseraient s’aventurer hors des chemins balisés par la société en jouant sur la corde sensible des émotions. Parce qu’il permet de s’identifier aux personnages, les femmes ont tout le loisir de frissonner et de trembler devant le sort réservé à ces malheureuses ou ces imprudentes qui ont osé défier la morale et braver les interdits !

 

  Destins de femmes dans les romans populaires du XIXe siècle(1)

 



[1] Page 263

Par Anis - Publié dans : Les femmes et la littérature - Communauté : La littérature au féminin
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Jeudi 6 janvier 2011 4 06 /01 /Jan /2011 20:21

 

femmes

 

 

Le roman populaire du XIXe siècle,  parce qu’il cherche à plaire à un large public et aussi parce qu’il dépend de la presse dans laquelle il paraît sous forme de feuilleton, bouscule rarement les conventions établies par la mentalité bourgeoise dominante. Et si le mariage, l’adultère et le divorce sont les thèmes récurrents dans ces romans ; ils ne servent la plupart du temps qu’à illustrer le code moral que les femmes doivent suivre et le prix à payer pour celles qui auraient quelques velléités à en sortir.

Des liens étroits d’ailleurs existent entre le portrait physique et la caractérisation psychologique des personnages féminins selon leur statut (jeune fille, épouse, fille perdu et criminelle.)

 

         Balzac, Victor Hugo, Paul Féval, , Wilkie Collins se font « le miroir d’une société en pleine mutation, et reflètent la place et le rôle qu’y tiennent les femmes. »

 

Les romans français ont la réputation d’axer leurs intrigues sur la légèreté des meurs alors que le roman anglais dépeint surtout des marâtres et des criminelles. 

Les grands romanciers tels Balzac et Dickens utilisent eux aussi quelques ficelles du roman populaire dans leurs romans.

 

Le roman de mœurs met en scène des bourgeois et des nobles débauchés, tandis que leurs femmes, livrées à elles-mêmes, seules et mal aimées succombent à leur tour à la tentation. Il n’est alors question que de femmes adultères, de jeunes filles à l’honneur perdu ou de mères coupables.

Hommes et femmes s’affrontent dans un univers où la femme est la proie et l’homme le chasseur. Le schéma en est la femme chrétienne, modèle de courage et de soumission, délaissée ou trahie par un homme soumis aux appétits de la chair et jouet de femmes perverses aux mœurs douteuses.

 

         Dans le roman d’aventures, règne le crime. Et les personnages louches, prostituées ou meurtrières, héroïnes cherchant à se venger ou à réparer des injustices du sort sont légion. Mais la femme n’y tient pas le rôle principal, elle est juste une auxiliaire, précieuse certes, et un outil de vengeance.

 

         Le roman social cherche à dénoncer les maux  d’une société capitaliste injuste où les riches exploitent les pauvres. Par un mécanisme de compensation, le méchant est puni et le juste toujours récompensé.

 

         Le roman populaire à sensation fait la part belle aux femmes qui font « naître le mystère, l’épaississent puis contribuent à le dévoiler". Elles sont souvent courageuses et ont du caractère . Elles ne sont pas dénuées d’une certaine perversité parfois pour parvenir à leurs fins.

 

Le roman populaire est non seulement le miroir de la société mais un outil de propagande, mettant à jour pour le lecteur attentif les schémas conducteurs de la société. Il avertit des dangers de la vie réelle ou qu’ils présentent comme tels et devient pédagogique puisqu’il tente d’apprendre aus lecteurs et surtout aux lectrices l’ordre naturel et social des choses.

 

Destins de femmes dans les romans populaires du XIXe xiècle (2)

 

 

Les œuvres d'Alexandre Dumas, d'Eugène Sue  entre autres, sont classées parmi les plus grandes réussites du roman populaire.

 Les femmes dans la littérature française de Marie Rabut.
Les marginaux : femmes, juifs et homosexuels dans la littérature européenne d'Hans Mayer.
Destins de femmes dans le roman populaire en France et en Angleterre au XIXe siècle de Pascale Hustache.
La femme victorienne, roman et société de Françoise Basch.
Rêves d'amour perdus : les femmes dans le roman du XIXe siècle d'Annie Goldmann.

Par Anis - Publié dans : Les femmes et la littérature - Communauté : La littérature au féminin
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Et dans la catégorie "Premiers livres" 

Diane Peylin - Noa, de l'autre côté,  Balivernes éditions

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La règle : lire au moins cinq de ces ouvrages de juin 2010 à juin 2011 et

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En rose, des livres que j’ai lus mais des résumés que je n’ai pas le temps de faire, en violet, ceux que j’ai écrit moi-même, surlignées en gris, les BD.

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D

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Duong (Thu Huong) -Itinéraire d'enfance - Terre des oublis

Duras (Maguerite) L’amant. L’amante anglaise - L’après-midi de Monsieur Andesmas - Un barrage contre le Pacifique

                                     Le vice-consul.

.E

Esquivel (Laura) Chocolat amer

F

Ferney (Alice) – Dans la guerre  – Grâce et dénuement  – la conversation amoureuse  L'élégance des veuves  – Les autres  – Paradis  conjugal 

Follet (Ken) -Les piliers de la terre  – Un monde sans fin

Fforde(Jasper) - L'affaire Jane Eyre

G

Gallay (Claudie) - Les déferlantes

Gavalda (Anna) – Ensemble, c’est tout  – Je l’aimais  – Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part  – La consolante  L'échappée belle

Gaudé (Laurent) – Eldorado  – Sous le soleil des Scorta

Germain (Sylvie) – Jours de colère  – La chanson des mal-aimants  – Le livre des nuits Magnus  – Nuit-d’Ambre - Opéra muet -

Hors champ

Giordano (Paolo) - La solitude des nombres premiers

H

Harper Lee - Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Harris (Joanne) Chocolat

Herbjørg Wassmo –La septième rencontre – Norvège – 2001

Hua (yu)Brothers- Chine

Hustache (Pascale) - Destins de femmes dans la littérature populaire du XIXe siècle

Huston (Nancy) - Infrarouge

I

Indridason (Araldur) – La voix (grand prix de littérature policière 2007)  Islande – 2007 – La cité des jarres 

Ishiguro (Kazuo)Auprès de moi toujours  Les vestiges du jour Nocturnes

 

J

Jullien(François)Le pont des singes - essai

K

Kawakami(Hiromi) - Les années douces

Kingsolver (Barbara) - Les yeux dans les arbres

Kosztolányi (Dezsö)– Alouette -1991

L

Larsson (Stieg) – Millénium 1 – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes  – Millénium 2– La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette – Millénium 3 – La reine dans le palais des courants d’air

Lévine(James.A)Le cahier bleu

M

MacDonald (Ann-Mary) – Le vol du corbeau  

Mainard (Dominique) - Pour vous - Je voudrais tant que tu te souviennes

Maïtena - Les déjantées (2)

Makine (Andreï) – La musique d’une vie  La vie d'un homme inconnu

Mardon Grégory -Sarah Cole (BD)  

Martinez(Carole) - Coeur cousu 

Miyabe (Miyuki) La librairie Tanabe  

Morrison (Toni) Beloved - Un don -

Minoui (Delphine) Moi Nojoud, 10 ans, divorcée

 

  N

 

 

Nair (Anita) - Compartiment pour dames

Nothomb(Amélie) Cosmétique de l’ennemi  La métaphysique des tubes  Les catilinairesl  Les combustibles - Stupeurs et tremblements -Le fait du prince - Acide sulfurique - Journal d'Hirondelle

O

 

 

Oates (Joyce Carol) – Eux  – Le goût de l’Amérique – Les Chutes  – Sexy - La fille tatouée -

Ogawa (Yoko) - La formule préférée du professeur

 O’Connor (Joseph)L'étoile des mers - Desesperados - Inishowen

O'Farrell(Maggie) - Quand tu es parti

O'Riordan (Kate) - Le garçon dans la lune - Pierres de mémoire

Oumhani(Cécile) - Le café d'Illka

Ovaldé Véronique - Et mon coeur transparent  

Oulitskaïa (Ludmila) - Sonietchka

 

 

P

 

Pancol(Katherine) Et monter lentement dans un immense amour  J’étais là avant  La valse lente des tortues  Les yeux jaunes des crocodiles

Q

R

 

Reid (Martine) - Des femmes en littérature (1)

 

Ridgway(Keith) Mauvaise pente

Rosnay (de) (Tatiana) - Boomerang

Roth(Philip) Le complot contre l'Amérique

Ruiz ZafÔn (Carlos) – L’ombre du vent

S

 

Saabye Christensen (Lars) –Le Demi-frère

Så Moreira (Régis de) – Le libraire

Schlink (Bernard) - Le liseur

Shimazaki(Aki) -Le poids des secrets

Sigurdardottir(Steinunn) -Le cheval soleil

Sizun (Marie) - La femme de l'Allemand

Strasser (Todd) – La vague – Etats-Unis

T

 

 

Thuy (Kim) - Ru

Trevor (William) – En lisant Tourgueniev

U

V

Vallejo (François) - Le voyage des grands hommes

Vigan(De) (Delphine) – No et moi - Les jolis garçons

 

 

W

Woolf (Virginia) La promenade au phare

 

 

X

Y

Yelin(Barbara) - L'empoisonneuse (BD)  

Yourcenar (marguerite) - L'oeuvre au noir - Les mémoires d'Hadrien

Z

  Zola (Emile) - Au bonheur des dames

 

 

 

Les prix littéraires (femmes)

Défis et challenges

 

 

Challenge voisins voisines

Challenge voisins-voisines chez Kahel

Des idées de lecture


"Les mots d'un livre ne forment pas davantage un bloc que les jours d'une vie humaine, aussi abondants soient ces mots et ces jours; ils dessinent juste un archipel de phrases, de suggestions, de possibilités inégalées sur un vaste fond de silence."
Sylvie Germain - Magnus

 

Défi de Pimpi

 

Challenge "In the mood for Japan"

 

  54059971 p

Auteurs : François Vallejo (Ouest)

 

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Le challenge BD de M Zombi

 

  Challenge au bon roman

Challenge au bon roman

 

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